Bonjour FREDI,
Oui, bien sûr, 重阳节 est une de nos vieilles fêtes. Permettez-moi de compléter, car chez nous au Nord elle ne se passe pas comme vous le décrivez.
Le nom : dans le Livre des mutations, neuf est le nombre yang par excellence. Le neuvième jour du neuvième mois, il est doublé : 重阳, « double yang ». D'où aussi le mot 重九, « double neuf ».
Ce qu'on y fait traditionnellement :
- 登高, monter en hauteur : une colline, une pagode, aujourd'hui n'importe quelle éminence des environs. C'est le geste central de la fête.
- boire du vin de chrysanthème 菊花酒 et regarder les chrysanthèmes, qui fleurissent à ce moment.
- porter sur soi un rameau de 茱萸, une plante odorante, dans un petit sachet, pour écarter le mauvais air.
- manger le gâteau 重阳糕, dont le nom 糕 sonne comme 高, « haut » : quand on ne peut pas monter, on mange la montée.
La légende est celle de Huan Jing, averti par son maître qu'un fléau frapperait son village ce jour-là : il fit monter tout le monde sur la hauteur avec du vin de chrysanthème et des sachets de zhuyu, et au retour les bêtes étaient mortes à leur place.
Le poème que tous les écoliers chinois savent par coeur, de Wang Wei, écrit un neuf-neuf loin de chez lui :
独在异乡为异客,每逢佳节倍思亲。
« Seul en terre étrangère, étranger je demeure ; à chaque fête, je pense aux miens deux fois plus. »
Aujourd'hui, depuis 1989, le neuvième jour du neuvième mois est aussi la journée des personnes âgées, 老人节 : car 九九 se prononce comme 久久, « longtemps, longtemps ». Les écoles vont visiter les maisons de retraite, les entreprises offrent quelque chose à leurs anciens.
Une remarque enfin, avec tout mon respect : la visite aux tombes que vous décrivez n'est pas la règle partout. Au Nord, on nettoie les tombes au Qingming, au printemps, et le Chongyang est une fête de plein air, presque joyeuse. C'est au Guangdong, à Hong Kong et chez les Chinois d'outre-mer que l'on fait les deux : 春秋二祭, le sacrifice du printemps et celui de l'automne. Le lien que vous donnez vient précisément de Hong Kong, ce qui explique tout.