Le Panthéon chinois?
La mythologie chinoise est assez complexe, avec une bureaucratie céleste et des dieux bouddhistes entre autre, j'ouvre ce sujet pour essayer d'établir une hiérarchie des dieux chinois, du plus important au moins important.
Le Panthéon chinois?
La mythologie chinoise est assez complexe, avec une bureaucratie céleste et des dieux bouddhistes entre autre, j'ouvre ce sujet pour essayer d'établir une hiérarchie des dieux chinois, du plus important au moins important.
Je vais essayer, mais je préviens tout de suite que toute hiérarchie qu'on donnera ici sera discutable : il n'y en a pas d'officielle. Avant la liste, donc, le principe, sans quoi elle paraîtra arbitraire : le panthéon chinois est une administration. Il est calqué sur la bureaucratie impériale, et cela va très loin. Les dieux ont un titre et une juridiction ; ils sont nommés, promus, mutés, et peuvent être destitués : l'empereur canonisait ou dégradait des divinités par décret. On leur adresse des placets écrits (疏) qu'on brûle pour qu'ils montent, exactement comme une requête à un préfet. Et l'on s'adresse d'abord au fonctionnaire local compétent, pas au sommet.
C'est pourquoi il n'existe pas une hiérarchie unique : elle varie selon les régions, les temples et les corporations. Voici la charpente la plus courante.
Le sommet théologique : les Trois Purs 三清
Yuanshi Tianzun, Lingbao Tianzun et Daode Tianzun (Laozi divinisé). Ce sont des principes plus que des personnes ; on ne leur demande rien. Ils occupent le haut des peintures de temple et le bas des préoccupations quotidiennes.
Le sommet effectif : l'Empereur de Jade 玉皇大帝
C'est lui qui gouverne réellement le ciel, tient les registres et reçoit les rapports. La tradition populaire lui donne pour épouse la Reine-Mère d'Occident 王母娘娘, la Xiwangmu : appariement tardif, venu des romans et du théâtre, car elle est une divinité bien plus ancienne que lui et qu'elle a sa place propre dans la liturgie taoïste.
L'administration territoriale
Les spécialistes, que l'on consulte selon le besoin
Le bouddhisme, entré dans le même immeuble
Guanyin 观音, de loin la plus priée de toutes les figures en Chine ; Milefo 弥勒, le « bouddha rieur » à l'entrée des temples, qui est en réalité le moine Budai ; Dizang 地藏, qui descend aux enfers ; Amitābha, pour la renaissance en Terre Pure.
Les enfers
Yanwang 阎王 et les dix rois des dix tribunaux. On y est jugé, condamné à un temps de peine, puis renvoyé dans le cycle. Là encore : greffe, registres, sentences, corruption possible.
Et les Huit Immortels 八仙, qui appartiennent moins au culte qu'au répertoire des images, du théâtre et de la porcelaine.
Un mot pour finir sur ce qui déroute souvent : un même temple abrite fréquemment des divinités taoïstes, des bouddhas et des sages confucéens, et personne n'y voit de contradiction. C'est ce qu'on appelle 三教合一, l'unité des trois enseignements. La question « à quelle religion appartient ce dieu ? » est une question d'Européen ; la question chinoise est « de quoi s'occupe-t-il ? ».
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