Pas très joyeux comme sujet mais je voulais savoir comment se gérais le deuil en Chine? Le comportement, la tenue adéquate,les choses a faire ou ne pas faire selon les liens de patentées etc...
2 réponses
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Meiling_P Bonjour Steph,
Le sujet n'est pas gai mais il est utile, surtout pour ceux qui ont de la famille chinoise.
La couleur du deuil est le blanc. Pas le noir. C'est le premier renversement à comprendre : le blanc est la couleur du deuil, du chanvre, des bandeaux ; le rouge est celle de la joie et il disparaît totalement. Aujourd'hui en ville on porte souvent du noir aussi, par contact avec l'usage occidental, mais les brassards, les fleurs de tissu à la boutonnière et les bandeaux restent blancs.
Les degrés comptent. Le rite classique prévoyait cinq degrés de deuil, les 五服, selon la proximité avec le défunt : la matière du vêtement, la durée, ce qu'on avait le droit de manger, tout en dépendait. Ce système a disparu comme règle, mais son principe est resté : ce qu'on attend d'un fils n'a rien à voir avec ce qu'on attend d'un neveu, et personne ne vous le dira, tout le monde le sait. Le fils aîné porte le portrait et marche en tête.
La durée. Traditionnellement, un fils portait le deuil de ses parents pendant trois ans (vingt-sept mois en pratique) et un fonctionnaire quittait sa charge pour cela. Il en reste ceci : pendant l'année qui suit, on ne se marie pas, on ne fait pas de grande fête, et au Nouvel An on ne colle pas de sentences rouges sur la porte. Certaines familles en collent des bleues ou des vertes pendant trois ans ; d'autres ne mettent rien. Si vous êtes invité chez des Chinois et que la porte est nue au Nouvel An, ne posez pas de question.
Ce qui se passe concrètement
- La crémation est obligatoire dans les villes ; l'urne est déposée dans un columbarium ou un cimetière, souvent très cher.
- On brûle de la monnaie de papier, et aussi des objets en papier : une maison, une voiture, un téléphone. Ce n'est pas ridicule, c'est un envoi.
- 头七, le septième jour : on dit que le défunt revient une dernière fois chez lui. Puis les sept fois sept, quarante-neuf jours, puis les cent jours, puis l'anniversaire.
- Ensuite, chaque année, la tombe est nettoyée au Qingming.
Si vous y assistez comme étranger : habillez-vous sobrement, apportez une enveloppe blanche avec une somme impaire, inclinez-vous trois fois devant le portrait, restez discret, ne photographiez rien, et n'essayez pas de consoler avec des mots. Votre présence est le message. C'est vrai partout, mais c'est encore plus vrai ici.
- La crémation est obligatoire dans les villes ; l'urne est déposée dans un columbarium ou un cimetière, souvent très cher.
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Zhou Jianguo Un point à ajouter, si vous permettez : ce qui a le plus changé de mon vivant, ce n'est pas le rite, c'est le lieu.
Quand j'étais enfant, la veillée se tenait à la maison, la cour était tendue de blanc, les voisins venaient trois jours durant. Aujourd'hui à Pékin tout se passe au funérarium, la cérémonie dure quarante minutes et l'on repart. Les gestes sont les mêmes (les trois saluts, l'enveloppe blanche, le repas de tofu) mais on n'a plus le temps de veiller quelqu'un.
Les vieux s'en plaignent. Les jeunes disent qu'on ne peut pas faire autrement dans un appartement du sixième étage. Ils n'ont pas tort tous les deux.
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