Je viens de lire "Dalai-lama, pas si zen" du journaliste Maxime Vivas

Enfin une enquête de qualité sur ce que je pense être la vérité: avec la fuite de Chine du Dalai-lama en 1959, la théocratie dictatoriale des bouddhistes thibétains laissa la place à la modernité et à l'abolition de l'esclavage grâce au pouvoir central...
Avant la parution de ce livre des amis chinois avait évoqué les conditions de servage dans lequel étaient les thibétains. J'avais écouté d'une oreille distraite mais cela m'avait quand même interpellé.
Après la lecture de ce livre, je comprends mieux ce qui m'avait été présenté.
J'ai néammoins un très grand respect pour le boudhisme.
L'occident a tout mélangé en donnant raison au représentant d'une philosophie, et en condamnant injustement la Chine.
Je recommande vivement de lire "Dalai-lama, pas si zen" de Maxime Vivas aux éditions Max Milo.Pour rétablir autour de vous la vérité.

28 réponses

  1. Brunus

    Bonjour,

    Merci pour le retour de lecture !

    J'avais très envie de le lire mais ayant déjà lu pas quelques autres livres contradictoires sur le Tibet, qui confortent dans l'idée d'une manipulation des opinions, à des fins politique[1]. j'ai laissé de coté cette envie de lecture par manque de temps, votre message me rappelle de le faire !

    Vous parlez de Bouddhisme mais il faut justement faire une distinction très nette entre le Bouddhisme tantrique tibétain et les autres formes de Bouddhisme.
    On en a déjà parlé dans plusieurs fils de discussion sur ce forum.

    Cordialement.

    [1]"Histoire du Bouddhisme tibétain" de Elizabeth Martens, "Tibet Tibet" de Patrick French

  2. teddy06

    Bonjour Brunus,
    Je sais que c'est un sujet sensible, et qu'en bon occidental nous essayons de mettre chaque chose dans une case; ce livre n'attaque pas le bouddhisme bien au contraire mais le système féodal en vigueur jusqu'à la fuite du Dalai lama.
    Le journaliste a essayé de faire un travail plutôt objectif, et cite souvent des faits provenant...d'ouvrages écrits par le Dalai lama lui-même.
    Respectueux de toute forme de pensée je dis qu'il est bien d'avoir d'autres sons de cloche...

  3. Brunus

    Bonjour,

    Je suis bien d'accord avec vous Teddy.
    Mais comme vous écriviez : "J'ai néammoins un très grand respect pour le boudhisme.", j'ai été tenté de préciser qu'il ne fallait pas englober le Lamaïsme dans le Bouddhisme tel qu'on le conçoit généralement.
    Le Bouddhisme tantrique tibétain est une religion extrême qui a peu de chose à voir avec la philosophie du Bouddha.

    Et justement, c'est ce qui est très intéressant dans le livre "Histoire du Bouddhisme tibétain, la compassion des puissants" de Elizabeth Martens, c'est qu'elle montre que la population tibétaine a souffert d'un féodalisme, d'un servage, mis en place grâce à la religion, par des moyens de pression ésotériques, par des pratiques religieuses intégrées et développées par le Bouddhisme tantrique tibétain tout autant que par la violence physique et sociale.

    Si Maxime Vivas ne s'attaque pas au Bouddhisme tibétain, ce n'est, à mon humble avis que parce que ce n'était pas le sujet de son livre.

  4. ckdeux

    Je n'ai pas lu le livre "Dalai-lama, pas si zen" de Maxime Vivas.

    J'ai seulement vu la vidéo de "Envoyé-special, France 2 (2008)" :
    Portrait du Dalaï Lama
    C’est l’apôtre de la non-violence, le pape du bouddhisme. Prix Nobel de la Paix, il est connu dans le monde entier ; mais qui est vraiment le Dalaï Lama ?
    Un reportage de Gilles Jacquier, Patrick Desmulie et Franck Nosal

    http://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/sur-les-traces-du-dalai-lama-jeudi-9-octobre-2008-944.html

    A la Bibliothèque de Washington, on peut consulter certains archives déclassifiés sur le Tibet de la CIA, ça ne coûte que 1 dollar pour les consulter.

    Article :
    Une brève étude des relations Tibet-États-Unis / A. Tom Grunfeld

    http://lecatablog.wordpress.com/2011/04/13/une-breve-etude-des-relations-tibet-etats-unis-a-tom-grunfeld/

  5. Brunus

    @ckdeux : Très intéressants liens merci !

  6. teddy06

    Oui, comme Brunus je dis merci, cela complète bien mon post !

  7. Brunus

    Bonjour,

    Je suis finalement en train de le lire, commencé hier soir, le livre n'est pas épais, j'en suis à la moitié.
    Je pense que je peux déjà livrer mon sentiment : Ce livre doit être lu par toute personne soit passionnée par la Chine et l’Asie, soit passionnée par l'histoire et la culture tibétaine.

    Comme je le suspectais il y a parfois confusion entre Bouddhisme et Lamaïsme (ou Bouddhisme tantrique tibétain).
    Ce n'est pas très gênant, l'ouvrage reste clair, bien que cela puisse malheureusement contribuer à donner une mauvaise image du Bouddhisme en général.

    J'ai lu déjà quelques ouvrages sur le Tibet, celui ci, bien que peu épais, compile des informations que j'ai trouvé éparpillées dans d'autres et ainsi l'auteur décrypte effectivement une personnalité très proche de la réalité, une situation géopolitique, et une histoire qui est souvent brouillée par les différents messages médiatiques ou partisans.

    Mais je pense tout de même que faire abstraction de l'idée que le Dalaï Lama se fait de lui même est dommage. D'après sa religion, cet homme est une créature à la fois divine et démoniaque, il peut inviter les dieux à venir habiter son corps. Il est en mesure de déclencher un apocalypse divin. Le Dalaï Lama est aussi une autre personne, une réincarnation.
    Je trouve que cet aspect n'est pas traité avec assez d'insistance, mais ce n'est pas gênant pour autant étant donné la richesse informative de l'ouvrage.

    Toujours est il que ma vision du Dalaï Lama, forgée à travers mes lectures, s'en trouve renforcée et clarifiée définitivement par le livre de Maxime Vivas.

    Merci Mr Vivas !

  8. teddy06

    Bonjour Brunus,
    Votre analyse de cet ouvrage est très fine, c'est une bonne chose. L'auteur ne s'attaque pas au bouddhisme, c'est un journaliste, il a compilé des faits, et ne prends pas de chemins détournés.
    A la réflexion cet ouvrage devrait être largement diffusé auprès de tous les "bobos" qui, à l'aide des médias, ont fait un amalgame regrettable entre philosophie, spiritualité et géopolitique !

  9. Emmanuel

    Je me permets de réagir après la lecture de ce livre, qui m'a incité à m'inscrire sur votre forum pour donner une autre point de vue (issu de mes lectures d'ouvrages de tibétologues pour la plupart, ce qui ne les rend pas forcément exacts, mais leur donnent me semble-t-il une légèrement plus grande légitimité que celle d'un auteur de pamphlets).

    Il convient d’abord, pour lire avec le recul nécessaire cet ouvrage, savoir que Monsieur Vivas est un militant de gauche, très à gauche, soutien de Fidel Castro et de Jean-Luc Mélanchon (lequel cogne sur tout ce qui porte soutane et fait les yeux doux à la Chine).

    Il suffit d’un unique voyage au Tibet en 2010 (région où l’on ne peut voir que ce que les autorités acceptent de vous en montrer) pour faire de Monsieur VIVAS un spécialiste immédiat de la question tibétaine.

    Il apparaît pourtant qu’il ne connaît rien de son sujet, qu’il n’analyse qu’au travers d’une lecture singulièrement partisane.

    Ainsi, il reproche au Dalaï Lama d’avoir accepté de l’argent du diable américain (la CIA semblant être une obsession de M. Vinas, qu’il voit infiltrée partout). Rappelons qu’alors que la Chine avait envahi le Tibet, et était en train de détruire nombre de monastères et d’exécuter les opposants, aucune nation n’entendait intervenir militairement. Peut-on dès lors en vouloir à ce qui était alors un jeune homme d’avoir accepté une aide, d’où qu’elle vienne, pour aider son peuple et espérer que les exactions chinoises prennent fin ? Il est à noter que cette histoire, qui date pour l'essentiel des années 50, est régulièrement reprises par les ennemis du Dalaï Lama, qui ne semblent pas avoir tant d’arguments à son encontre pour revenir sans cesse que cette question.

    Il met en avant le fait que la résistance des tibétains, en particulier des guerriers Khampas, a été farouche. Aurait-il fallu que les tibétains se laissent massacrer sans réagir ? On dirait que les chinois pouvaient envahir, détruire, déporter et exécuter selon un droit naturel du plus fort, et que les tibétains devaient accepter les bienfaits de la révolution culturelle, quitte à disparaître, eux et leur culture.

    Il lui reproche de varier dans ses positions, entre ses demandes d’indépendance du Tibet et celle d’autonomie. Il faut souligner que le Dalaï Lama doit à la fois tenir compte des souhaits de son peuple, les plus jeunes militant nettement pour une utopique autonomie complète du Tibet, et les positions des autorités chinoises, qui font preuve d’une inflexibilité totale. Et d’une manière générale, c’est un statut de région autonome que réclame le Dalaï Lama, sans d’ailleurs y croire encore beaucoup aujourd’hui.

    Il lui reproche d’être un dictateur assoiffé de pouvoir : il faut se rappeler que le Dalaï Lama est le chef d’un peuple en exil, et qu’il se retrouvait devant une tache quasi impossible, celle de préserver la culture tibétaine hors de ses frontières, et de maintenir l’unité de son peuple. Il y est parvenu au delà de toute espérance, par un charisme évident, ce qui impliquait qu’il demeure le référent de son peuple, outre que ce rôle lui était culturellement dévolu par la structure de la société tibétaine. On ne peut juger la place du Dalaï Lama que par référence à l’histoire du pays, à savoir que la légitimité du chef provient de sa désignation par des lamas. On peut bien sûr trouver à y redire, mais si on ne prend pas en compte cette particularité, on tombe dans le panneau, comme le fait M. Vivas, de juger le rôle de Dalaï Lama avec une lecture occidentale.

    En outre, il s’agit d’un drôle de dictateur, qui a récemment volontairement remis l’ensemble de ses pouvoirs politiques à un premier ministre élu. La Chine qui n’a jamais connu d’élections se trouve singulièrement en porte à faux de ce point de vue.

    Le Dalaï Lama serait l’idole des bobos et à ce titre intouchable : on voit là que M. Vivas ne s’est jamais rendu à une conférence de sa bête noire. Il aurait pourtant pu constater que la majorité des personnes qui viennent le voir sont plutôt des électeurs potentiels de Mélanchon (que soutient Vivas). Et intouchable, il ne l’est pas, il constitue même une proie facile à laquelle on peut s’attaquer sans risquer grand chose.

    Il lui reproche aussi d’avoir interdit la pratique dite de Dordjé Shougden. Notons que Monsieur Vivas reprend à ce propos, intégralement et avec grande complaisance les arguments d’un mouvement de bouddhistes intégristes, la Nouvelle Tradition Kadampa (qui sont justement les pratiquants de Shougden en France et nombre de pays occidentaux). On peut constater que M. Vivas ne connaît rien à cette problématique et reprend sans sourciller les propos des adversaires du Dalaï Lama.

    Il faut pourtant savoir que la pratique de Shougden est apparue au 17ème siècle dans des circonstances troubles, qu’elle fut adoptée par l’aristocratie Guélougpa (une des 4 écoles du bouddhisme tibétain) pour marquer sa prééminence sur les autres écoles (et s’en démarquer). Elle fut donc un facteur de division dans les conditions même de sa création. Les Dalaï Lama qui ont vécu assez longtemps (le 5ème et le 13ème) ont tenté d’y mettre fin, sans succès tant était fort le pouvoir des dignitaires Guélougpas (outre qu’une partie de l’aristocratie laïc du Tibet avait aussi adopté cette pratique).

    Le Dalaï Lama actuel fut évidemment dans sa jeunesse éduqué par les membres de l’aristocratie Guélougpa (à laquelle appartiennent tous les Dalaï lamas) et il fut donc encouragé à pratiquer Shougden. Ce n’est que lorsque les conditions furent réunies, notamment lorsque l’actuel Dalaï Lama a estimé qu’existaient de nouveaux risques de divisions dans la communauté tibétaines, qu’il a demandé que cette pratique soit abandonnée par ceux qui lui faisaient confiance.

    On peut donc dire qu’il avait une double légitimité à adopter cette position : d’une part il connaît cette pratique et peut donc donner un avis circonstancié sur le sujet, d’autre part, il est le garant de l’unité du peuple tibétain et est en droit à ce titre de vouloir mettre fin à une pratique qui dès l’origine constituait un facteur de division.

    Il importe de souligner que les autorités chinoises, promptes à utiliser les armes de son ennemi, encouragent la pratique de Shougden, puisque tout ce qui peut diviser les tibétains leur profitent.
    Le Dalaï Lama méconnaîtrait la séparation inscrite dans la constitution française entre l’Etat et la religion : oui à l’évidence si on analyse la structure de la société tibétaine au travers de la structure de la société française. Il faut pourtant nécessairement prendre en compte l’histoire des deux pays, si différents culturellement, pour comprendre que la société tibétaine s’est constituée autour du bouddhisme, et que séparer le peuple tibétain de sa religion est un non sens. Il n’est que de se rappeler que la langue tibétaine elle-même fut inventée pour permettre de traduire au plus près les textes bouddhistes indiens pour s’en convaincre. Mais tout ceci est inconnu pour M. Vivas, que cela n’intéresse pas, tout occupé qu’il est dans son oeuvre de destruction de celui qui représente pour lui l’idole des bourgeois.

    M. Vivas affirme que les Dalaï Lama ont maintenu le Tibet en tant que société inégalitaire de type féodal : d’abord, le pouvoir de Lhassa et des Dalaï lamas a toujours été très réduit sur le pays, et la plupart des provinces s’administraient elles-mêmes, sans se soucier de ce qui pouvait bien se passer dans la capitale, qui n’était même pas considérée comme telle. On voit déjà que les Dalaï Lama n’étaient pour rien dans les inégalités du pays. Ensuite, la situation décrite était commune à nombre de pays à la même époque, sans que cela ne constitue une spécificité du Tibet. Enfin, pourquoi reprocher à l’actuel Dalaï Lama ce qui fut l’état d’une société avant même sa naissance ? La jeunesse tibétaine actuelle, du moins celle qui vit en exil a adopté un mode de vie très proche de celui des jeunes occidentaux, et la société féodale tant vantée n’est plus qu’un souvenir (ce qu’aurait vu M. Vivas s’il était allé ailleurs que dans le parc d’attraction bouddhiste pour touriste du Tibet chinois et s’était un peu renseigné sur la question).

    Enfin, mais il reste beaucoup à dire, M. Vivas reproche au Dalaï Lama d’être opposé à l’homosexualité : c’est oublier que Tenzin Gyatso est bouddhiste tibétain, et que les textes traditionnels des quatre écoles tibétaines désignent l’homosexualité comme une pratique sexuelle négative. On peut bien sûr s’élever contre cette vision archaïque des choses, qui en pratique est appréciée de façon bien plus moderne par les jeunes maîtres. On ne peut en tout cas en vouloir au seul Dalaï Lama d’exprimer la même chose que les autres maîtres de sa génération, qui reprennent les textes anciens.

  10. Anonyme

    Cher Emmanuel, quelle culture, quelles connaissances..et pourtant que d'oublis et d'omissions.La femme dans les religions..quelle qu'elles soient, la femme dans la société tibétaine, la femme vue par les boudhistes...est toujours un être inférieur, impur dont il faut se méfier, à qui on ne confie jamais de responsabilités et qu'il faut absolument écraser.Le contrôle des naissances, le choix d'avoir ou pas d'enfants , ne plus laisser l'homme seul décider... Et bien toute cela a changé en Chine, et combien de femmes dans le monde doivent souhaiter avoir une telle situation.
    Quant à votre théocrate, demandez lui pourquoi il ne serre jamais la main d'une femme tibétaine...elle aussi la moitié du ciel.

  11. Emmanuel

    J'ai parfaitement conscience que la place de la femme dans le bouddhisme est malheureusement considérée comme inférieure à celle de l'homme. Il serait vain de le nier, puisque les textes du bouddhisme ancien l'évoquent, notamment dans le statut de la nonne, qui dépend toujours du moine.

    Il s'agit donc là d'une très grande faiblesse du bouddhisme, qu'on ne peut encore une fois faire supporter au seul Dalaï Lama, sauf à en faire un le bouc-émissaire de cette religion. Je sais qu'il en est le symbole et le porte-parole le plus connu, je sais aussi qu'il s'est exprimé plusieurs fois pour demander que les femmes aient une meilleure place au sein des monastères.

    Il faudrait aussi poser la question d'une façon plus générale, à savoir celle de la place de la femme dans toutes les grandes religions, où sauf exceptions que l'on cite toujours pour faire bien, ce sont les hommes qui sont aux commandes.

    Il faudrait aussi tenir compte, toujours pour être objectif, des qualités du Dalaï Lama, les mettre en parallèle avec celles que l'on peut trouver chez d'autres chefs spirituels, et se demander, sans céder à la passion, si quand même ce type ne sort pas du lot, notamment dans ce qui aura été son dialogue permanent avec les autres religions. J'en connais peu, à son niveau de notoriété et de responsabilités au sein d'une religion, qui aura consacré plusieurs jours à lire et commenter la bible, texte sacré et révélé d'une toute autre religion.

    J'ai eu un peu l'impression que plutôt que de tenter de se faire une idée globale du personnage qu'est le Dalaï Lama, ce qui est possible au travers d'une multitude de livres (dont les siens qu'il faut avoir lu, au moins quelques uns pour pouvoir se dire objectif), certaines personnes qui de toute façon ne l'aiment pas se sont précipités sur ce livre de Vivas parce qu'ils savaient, vu le titre, qu'ils allaient lire du mal sur cet homme.

    Et donc, ceux qui pensent du mal de lui vont se trouver confortés, sans chercher plus loin, et les autres feront mieux de passer leur chemin. Surtout que ce livre se lit en une demi-heure maximum, étant donné le peu de pages qu'il contient et la taille de la police, et pour 16 euros, cela fait cher de la demi-heure.

    Enfin je me désole un peu de constater que les ouvrages qui ont pour but de détruire plutôt que de construire trouvent toujours un tel écho. Vivas a d'abord démoli Reporters sans Frontières (qui sont aux mains de la CIA, ah bon, encore eux, décidément l'obsession de Vivas). C'est au tour du Dalaï Lama (qui est aux mains de la CIA, vous l'aurez compris : l'avantage de Vivas, c'est qu'il est prévisible et de fait simple à comprendre).

    Je ne sais pas qui sera la victime de son prochain opuscule, une seule certitude, il y sera question de la CIA.

  12. Anonyme

    J'ai oublié de mentionner les sommes considérables récoltées par cet océan de sagesse lors de conférences payantes, stages rémunérés, ventes obligatoires lors de séminaires et autres rencontres...Les adeptes paient, acceptent des montants élevés..sans rechigner , persuadés d'être sur la bonne voie...Il est vrai que sa sainteté !! a tellement besoin d'argent pour payer ses vassaux. Le gag serait de trouver des comptes en banque bien remplis..en Suisse ou dans des paradis fiscaux.

  13. Emmanuel

    Le véritable gag ne serait-il pas que l'on parle du Dalaï Lama et de l'histoire du Tibet à partir des études scientifiques qui furent réalisées à ce sujet et non pas à partir d'ouvrages écrits à la va-vite sur un coin de table sans la moindre bibliographie digne de ce nom ? (celle de Vivas est d'une telle indigence que d'une part elle n'en mérite pas le nom, d'autre part révèle son immense paresse intellectuelle qui le détermine pourtant, non sans une malhonnèteté évidente, à écrire un "livre" sur un sujet qu'il ne connaît pas).

    Je précise ici que je ne vis pas dans un monde de bizounours, et que ma passion pour le Tibet et pour l'Asie en général ne me fait pas voir cette région comme un pays merveilleux où les habitants auraient vécu dans un bonheur permanent, un lotus apparaissant derrière chacun de leurs pas. Je sais très bien que ce pays était dur, sujet comme tous ses voisins à de permanentes querelles de pouvoirs, et que les inégalités sociales y étaient fortes, là encore à l'image de ses voisins. Le Tibet n'était pas une exception mais n'était pas non plus un cas particulier. Il est ainsi bien évident, où du moins cela devrait l'être, que mettre ainsi sans cesse l'accent sur la situation d'inégalité du Tibet avant l'annexion chinoise fait partie d'un argument traditionnel de propagande pour justifier a postériori l'usage de la force et la négation de la culture locale. Et d'ailleurs, le Tibet n'est sur ce point toujours pas une exception, puisque les minorités, quelles qu'elles soient, ont toutes souffert et souffrent encore de cette idéologie. Seulement, celles-ci ne bénéficient pas de la visibilité due au charisme du Dalaï Lama, expliquant par là même le traitement particulier dont il fait l'objet de la part des autorités chinoises.

    J'ai omis de parler d'un des points du livre de Vivas, qui une nouvelle fois s'est contenté de piocher sur internet une propagande classique, sans la moindre connaissance historique du sujet, ce qui est de toute façon le cas de l'opuscule tout entier, je veux parler du lien prétendu entre Dalaï Lama et nazisme.

    Le développement est un peu long, c'est le souci de la réponse à des arguments simplistes (spécialités des extrêmes) : ceux-ci donnent l'impression de faire mouche alors qu'ils ne font que flatter les préjugés pupulistes sur le sujet concerné. La réponse est toujours plus longue, puisque la réalité est toujours complexe et demande un effort d'attention, au contraire des anathèmes.

    Je fais ici référence à une réponse à un article de L. Dispot, que Vivas semble avoir repris intégralement puisque cela allait dans le sens de son ouvrage (et lui évitait de trop travailer, double gain).

    Le mythe de la connexion entre le Tibet et les Nazis est une création tardive d’auteurs français : le premier, Terry Legrand, publia en effet en 1933 un roman intitulé "Les Sept têtes du dragon vert" dont un passage fut repris et développé par Louis Pauwels et Jacques Bergier dans leur célèbre "Le Matin des magiciens" (1960). Cela a été démontré très clairement par Isrun Engelhardt (Université de Bonn), reconnue dans le milieu scientifique pour la qualité de ses travaux sur le Tibet et les Nazis.

    Dès les années trente, toutefois, Himmler, dont les idées mystiques et ésotériques étaient très fortement décriées par Hitler, voulait utiliser des chercheurs allemands pour la propagande nazie et pour prouver ses idées : il pensait en effet que des descendants de l’Atlantide avaient migré pour fonder une grande civilisation en Asie centrale. Il proposa son aide à Ernst Schäfer (1910-1992), chercheur allemand qui désirait monter une expédition scientifique au Tibet. Ce brillant zoologue avait déjà participé à deux expéditions organisées en 1930-32 puis en 1934-36 en Chine et au Tibet par l’Américain Brooke Dolan, avec des résultats scientifiques particulièrement remarquables. Schäfer refusa les pseudo-chercheurs que Himmler voulut lui imposer et l’expédition ne fut finalement pas financée par les SS. Toutefois, il conserva le soutien de Himmler.

    Après plusieurs refus du gouvernement tibétain, l’expédition de Schäfer au Tibet (1938-1939) fut autorisée à pénétrer au Tibet, atteignit Lhassa le 19 janvier 1939 et y resta deux mois. Schäfer ne put pas rencontrer le XIVème Dalaï Lama, alors âgé de quatre ans : en effet, ce dernier n’avait même pas commencé le long voyage qui, de sa région d’origine (Amdo), l’amena à Lhasa seulement le 8 octobre 1939. En revanche, il rencontra le Régent, Reting Rinpoche. Sur l’insistance du scientifique allemand qui voulait une preuve de son succès, le Régent adressa une simple lettre de courtoisie et quelques présents à Hitler. Malgré cela, il n’y eut jamais de contact officiel entre le gouvernement tibétain et les Nazis. Le fait que Schäfer ne put faire parvenir la lettre du Régent à Hitler que trois ans après son retour suffit à montrer le manque d’intérêt du gouvernement allemand pour le Tibet.
    Il semble que L.Dispot ait confondu deux personnages : E. Schäfer, le scientifique d’un côté, et H. Harrer, l’alpiniste de l’autre. Ce dernier quitta l’Allemagne en avril 1939 pour une expédition d’alpinisme au Nanga Parbat (aujourd’hui au Pakistan). Il fut capturé à Karachi, ainsi que tous ses compagnons, par les Britanniques trois jours avant le début de la guerre. Avec un compagnon de captivité, Peter Aufschnaiter, il s’échappa et atteignit Lhassa en janvier 1946. La première entrevue entre H. Harrer et le Dalaï Lama n’eut lieu qu’en 1949. Ils se rencontrèrent ensuite durant un an avec l’autorisation du gouvernement tibétain qui encourageait ainsi l’ouverture du jeune hiérarque sur le monde extérieur, et ses dispositions pour les connaissances techniques. Néanmoins, aucune source n’a jamais fait apparaître H. Harrer chargé d’une mission par Hitler. H. Harrer quitta le Tibet en 1951, à la suite de l’invasion chinoise.

    Quoi qu’en dise L. Dispot, l’expédition Schäfer fut scientifique et celle de Harrer, une expédition d’alpinisme. Peut-être l’auteur s’inspire-t-il de mythes propagés depuis les années quatre-vingt-dix par certains groupuscules néo-nazis, mythes que le gouvernement chinois aime à relayer (cf. Beijng Review mars 1998, "Nazi authors Seven Years in Tibet") ?
    Le texte de L. Dispot, comme tous les autres textes de cette sorte, relève de la théorie du complot. Il n’est pas étonnant qu’au moment des événements tibétains ces idées ressurgissent. Cependant, elles sont infondées scientifiquement.

  14. teddy06

    Chers Emmanuel et Yves,
    Je suis ravi d'avoir posté il y a quelques semaines ce message. Je ne m'attendais pas à un "retour" d'une telle qualité !
    Vous avez tous les deux raisons. N'étant pas un spécialiste du Tibet et encore moins du Dalai-Lama, j'aurais beaucoup de mal à argumenter; néammoins je persiste à penser qu'aucun dogme n'est parfait, et que je suis plus enclin à accepter les pensées de Lao Tseu que de ce bouddhisme là.

    Le Dalai-Lama est malheureusement arrivé à une époque où la communication s'est professionnalisée, mais aussi diabolisée. Et que quelque part il a beaucoup de courage de faire face à une puissance comme la Chine.
    Mais qu'il soit instrumentalisé par les USA via la CIA n'est pas étonnant.

    Laissons les journalistes comme m. Vivas écrire de tels ouvrages. Même s'ils ne sont pas parfaits, ils ont le mérite d'initier des débats !

    Et puis, je ne sais plus quel sage chinois disait : ceux qui parlent ne savent pas, ceux qui savent ne parlent pas...

  15. laoshi

    Bravo et merci pour ce débat et pour les analyses très fouillées d'Emmanuel.

  16. FREDI

    Je suis moi aussi très heureux de la qualité de ce débat. :)
    Merci Emmanuel, de nous faire partager vos connaissances sur ce sujet.
    Au moins, le livre de M. Vivas aura eu le mérite de lancer cette intéressante discussion.... et, en un sens, de soulever des questions que beaucoup se posent.
    Comment faire la part des choses, en effet, entre les différents discours stéréotypés que l'on entend habituellement ?

    Comme le disait Brunus dans un post précédent, il convient bien de faire la différence (et non pas l' amalgame, si souvent fait...) entre les différentes sortes de Bouddhisme, le bouddhisme tibétain étant une forme très particulière.
    le Bouddhisme tibétain est tout de même très spécial, pour ce que j' en ai étudié.
    le Dalaï lama lui-même, a souvent dit qu' il n' était pas aisé aux occidentaux de le comprendre, et il déconseillait aux occidentaux d' y adhérer ! (encore que je ne me rappelle pas dans quel contexte il a dit cela...)
    d' ailleurs, Emmanuel, comme vous semblez bien connaitre cette question, si vous vouliez bien nous éclairer sur les spécificités du bouddhisme tibétain (par rapport au bouddhisme chinois, par exemple), je pense que cela serait très intéressant !! c' est un sujet complexe , difficile à cerner en quelques phrases....

    vous indiquez aussi, concernant la pratique de Dordjé Shougden, des motifs qui sont peu évoqués..... en effet, ce mouvement, qui a des adeptes en France, se plaint du "mauvais traitement " fait par la Dalaï Lama, et se pose en victime sur différents sites internet.....
    difficile de faire la part des choses !

    très intéressant aussi, ce que vous nous apprenez au sujet de l' expédition Schäfer.....:)
    vous évoquez aussi le cas de l' alpiniste Harrer, dont l' histoire est contée dans le film "7 ans au Tibet" ; pensez vous que le film reflète la réalité ? sur quelle histoire se base le film ?
    il ne me semble pas qu' il lie Harrer aux nazis, au contraire....qu' en pensez vous ?

  17. teddy06

    Visiblement, les critiques visant le système théocratique féodal décrié par m. Vivas a été largement évoqué dans cet ouvrage, et ce il y a une dizaine d'année. Lisez le compte-rendu ci-dessous :

    Victor et Victoria Trimondi
    L’ombre du Dalaï-lama
    sexualité, magie et politique dans le bouddhisme tibétain

    En mars 1999, « L’ombre du Dalaï-lama : sexualité, magie et politique dans le bouddhisme tibétain » par Victor et Victoria Trimondi a été publié en Allemagne. Le livre examine en détails l’arrière-plan cultique du bouddhisme tibétain et de son leader clérical, le Dalaï-lama. Dans ce travail original d’analyse, d’interprétation et de critique, les auteurs fournissent des informations factuelles surprenantes, auparavant largement ignorées ; ils entreprennent aussi une interprétation philosophiquement bien fondée du lamaïsme, rendant la vision du monde tibétaine-boudhiste compréhensible pour les lecteurs occidentaux par une comparaison avec les traditions religieuses européennes. V. et V. Trimondi ont réussi à combiner l’histoire, la politique, la religion et la psychologie dans une impressionnante présentation historico-culturelle.

    L’édition allemande du livre a été publiée par le groupe Patmos (Düsseldorf et Zurich) au printemps de 1999. Le groupe Patmos est composé de quatre des plus honorables éditeurs en langue allemande (Walter; Benzinger; Artemis and Winkler; Patmos) et est spécialisé dans les domaines de la psychologie, de la mythologie, des religions comparées, de l’antiquité classique, de la littérature mondiale, de l’analyse culturelle et de l’histoire contemporaine. Walter a publié les œuvres complètes de C.G. Jung. L’OMBRE DU DALAÏ-LAMA a donc paru en compagnie de classiques internationaux. Les auteurs possèdent tous les droits étrangers.

    Bien qu’il s’agisse d’un travail bien fondé et érudit, le langage du texte est fluide et vivant. Les auteurs ont porté une attention particulière à rendre la culture tibétaine compréhensible pour les « profanes » qui n’ont jamais eu affaire à elle. Cette étude de V. et V. Trimondi répond à tous les critères d’un texte de référence et pourrait bien être considéré comme un travail séminal sur ce sujet.

    Concernant la réception du livre, le Berner Zeitung (un journal suisse) a rapporté que L’OMBRE DU DALAÏ-LAMA avait « éclaté comme un coup de tonnerre ». Jusqu’à cette date (octobre 2000) l’ouvrage a été présenté dans plus de 200 médias. Les opinions ont varié entre le pour et le contre, mais presque aucune présentation n’est restée indifférente. Malgré de nombreux appels initiaux à un boycott de la part du milieu pro-lamaïste, le livre a conduit à une discussion acharnée, toujours en expansion, et est en même temps devenu un ouvrage standard pour l’examen critique du lamaïsme et de la métapolitique du Dalaï-lama. Les principaux organes de presse (AZ; Focus; NZZ; Zeit; Facts; SZ; Presse; Standard; Badische Zeitung; Die Woche; Berner Zeitung; WOZ, etc.), de nombreuses stations de radio et de télévision (ORF; 3SAT; BR; HR; SFB; WDR; SW; DRS2, etc.), et de nombreux magazines « scène » (Tattva Viveka; Women World Wide; Idea; Factum; Topic; Ab 40; Hier & Jetzt; Spuren; Novalis) ont tous sorti des comptes-rendus sur le livre. En très peu de temps, L’OMBRE DU DALAÏ-LAMA est devenu un sujet de discussion dans quatre autres livres.

    Dans le monde germanophone, le livre de Victor et Victoria Trimondi a paru au milieu d’un début de reconsidération du Dalaï-lama et de son système religieux. En 1998 a paru le livre de l’auteur écossais June Campbell (Traveller in Space: In Search of Female Identity in Tibetan Buddhism [Voyageur dans l’espace : à la recherche de l’identité féminine dans le bouddhisme tibétain], Athlone Press), dans lequel elle rapporte les pratiques sexuelles secrètes du système et l’abus sexuel des femmes, avec deux reportages filmés explosifs à la télévision allemande (ARD, Panorama) et suisse (SFR, 10 vor 10) sur les violations des droits de l’homme associés à la suppression de la communauté religieuse tibétaine Shugden par le XIVe Dalaï-lama.
    Tout cela a provoqué une discussion intense et a ouvert la porte à un débat critique. Cependant, L’OMBRE DU DALAÏ-LAMA a causé une véritable fureur à sa sortie, et n’est pas resté sans successeurs. En quelques mois, plusieurs autres livres avec un contenu critique ont paru sur le marché. Il y eut Dalai Lama. Fall eines Gottkönigs [Dalaï-lama : la chute d’un Roi-dieu] (Allibri Verlag) de Colin Goldner, également un titre critique, qui confirma le matériel factuel. Le professeur de théologie Michael von Brück a repris les faits essentiels cités par les Trimondi et a lui-même écrit un livre critique sur le sujet (Religion und Politik im tibetischen Buddhismus [Religion et politique dans le bouddhisme tibétain], Kösel Verlag). Ensuite l’ancien bouddhiste, Martin Kamphuis, a parlé de ses expériences décevantes avec le système lamaïste (Ich war Buddhist [J’étais un bouddhiste], Pattloch Verlag).

    L’OMBRE DU DALAÏ-LAMA n’est pas non plus resté sans influence directe sur l’opinion publique concernant le bouddhisme tibétain et son « roi-dieu ». Lorsqu’à l’invitation du ministre allemand de l’Intérieur Schily et du SPD (le parti gouvernant) le XIVe Dalaï-lama a assisté à une discussion publique à Munich en mai 2000, un groupe critique s’était déjà formé. Non seulement la presse parla pour la première fois d’une manière critique et avec réserves du vainqueur du Prix Nobel de la Paix, mais il y eut aussi des protestations devant la salle où il apparaissait et les affiches pour l’événement furent recouvertes de notes de protestation. Les principales critiques vinrent du Comité Etudiant de l’Université de Munich, du Forum pour la Psychologie Critique, et de membres du SPD. Les accusations contre le Dalaï-lama dans les médias ne purent plus être ignorées. Voici quelques exemples de titres de la presse (des traductions de telles opinions critiques sont fournies dans un dossier d’information séparé).

    « Un système qui méprise les femmes ! » (AZ) – « Aimé, honoré et évité ! » (AZ) – « Libérez le Tibet des lamas » (ASTA) – « Agitation autour d’une figure culte » (Deutscher Freidenker Verband [Association des Libres-penseurs allemands]) – « Le Dalaï-lama n’est pas un saint ! » (Idea – Informationsdienst) – « Joli ratage : le Dalaï-lama et le SPD de Munich » (AZ) – « Chahut dans le SPD concernant la visite du Dalaï-lama ! » (SZ) – « Le Dalaï-lama – bienvenue à Munich ? » (AZ) – « Un invité controversé » (SZ) – « Le Dalaï-lama chahuté » (SZ) – « L’artiste ! » (FAZ).

    Politiciens, journalistes, artistes, théologiens – quiconque ayant affaire au Dalaï-lama et à sa religion ne pourra plus ignorer les faits et les arguments contenus dans cette étude sensationnelle mais sérieuse. C’est une critique standard du bouddhisme tibétain. Les domaines abordés par le livre de V. et V. Trimondi, qui révèle aussi des auditoires potentiels, incluent l’histoire de la culture et de la religion, la comparaison interculturelle, des études de religion comparée, la philosophie, la théorie politique, la politique internationale, la théorie de l’Etat, le dialogue interreligieux, la sociologie de la religion, le bouddhisme, le fascisme, l’anarchisme, les études écologiques, le féminisme, les études des genres, le postmodernisme, l’éthique, l’occultisme, l’ésotérisme, le mysticisme, le ritualisme, la mythologie, la magie, les études orientales, l’histoire, l’anthropologie, la psychologie, la théorie sexuelle, et les études de la conscience.

    Traduction: Franz Destrebecq

    Voici le lien vers le site : http://www.trimondi.de/francais/presentation.htm
    Hélas, je ne trouve ce livre en français chez aucun éditeur. Si quelqu'un a une information elle est la bienvenue...

  18. teddy06

    FREDI,
    A la suite de mon post il y a quelques minutes sur l'ouvrage "L’ombre du Dalaï-lama" j'ai cliqué sur ce lien http://www.trimondi.de/francais/articles.fr..htm
    Je crois que vous allez trouver votre bonheur...

  19. Anonyme

    Excellent votre lien , très riche .

  20. teddy06

    Je suis impressionné par la richesse des articles et ouvrages écrits par les allemands sur ce sujet...
    Malheureusement peu d'éditeurs français, voire aucun, ont traduits ces ouvrages dans notre langue. C'est dommage.

    Néammoins quelques extraits ont été traduits. On retrouve certains liens ici :
    http://www.trimondi.de/francais/articles.fr..htm

    Pour ceux qui maîtrise l'anglais, l'ouvrage "l'ombre du Dalai Lama" est en version complète ici :
    http://www.trimondi.de/francais/articles.fr..htm

    J'aimerais savoir si Emmanuel, qui a si bien argumenté dans des posts précédents, connaissaient les sources que je présente.

  21. teddy06

    J'ai fait une erreur dans le post précédent.
    Le lien vers l'ouvrage en anglais est ici :
    http://www.trimondi.de/SDLE/Contents.htm

  22. Brunus

    Il est très bon de remettre ces liens vers le site des Trimondi.
    Pour répondre à Emmanuel, c'est presque suffisant ;-)

    J'ajouterai, pour répondre à Fredi, que lire le livre "Histoire du Bouddhisme tibétain, la compassion des puissant" d'Elizabeth Martens, permet d'avoir enfin toutes les clés pour comprendre ce qu'est le Bouddhisme tibétain.
    http://www.amazon.fr/Histoire-Bouddhisme-tib%C3%A9tain-Compassion-Puissants/dp/2296040330

    Et comme je le rappel souvent aussi, le livre de Patrick French.
    http://www.amazon.fr/Tibet-tibet-Patrick-French/dp/2226159649/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1322214131&sr=1-1

    On peut aussi se rendre au Tibet...il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'entrer dans la région autonome pour se convaincre de la violence dont a fait preuve cette religion. Chez les Mosouo, dans le Yunnan, les Lamas ont imposé, avec violence, leur religion dans quelques villages, acceptant à peine d'intégrer les divinités locale au panthéon Bouddhiste pour atténuer les réactions de révoltes des locaux. On trouve donc des temples Bouddhistes en plein pays Dongba.
    Par exemple sur le lac Lugu :
    http://en.wikipedia.org/wiki/Lugu_Lake

    Pour répondre à Emmanuel, je dirai donc simplement, j'ai vu ces temples, ces représentations démoniaques, le dieu tibétain portant des têtes coupées à la ceinture.
    Rien à voir avec la pratique du Bouddhisme Zen ou la parole de Bouddha.

    Le Dalaï Lama est le gardien d'une culture violente et dominatrice, pas de la parole de Bouddha.

  23. Emmanuel

    Effectivement je confirme, le bouddhisme dans sa tradition tibétaine est très différent du bouddhisme zen, lui-même très loin dans sa pratique du bouddhisme des origines de Shakyamuni.

    Et en effet, si on s'en tient à une lecture littérale des représentations des déités du panthéon tibétain (dont une bonne part existaient déjà dans le panthéon bouddhique indien), on n'y verra que des manifestations effrayantes et déconcertantes. Il faut, si l'on s'y intéresse vraiment, faire un effort certain pour comprendre que chaque élément décoratif représente une partie de l'enseignement bouddhique et s'adresse au pratiquant pour lui rappeler le chemin.

    C'est comme si nous nous promenions dans une église sans rien connaître de l'histoire chrétienne : ces statues de saints en contemplation ou en martyrs ou de jésus sanguinolent sur sa croix nous sembleraient l'expression d'un culte masochiste et nous nous arrêterions là.

    Par ailleurs, les articles du duo Victor et Victoria Trimondi, pseudos des auteurs Herbert et Mariana Röttgen ou suffisent à répondre à mes messages ou confortent l'impression d'un dialogue irrémiadiablement sans issue.

    Car s'il faut partir du principe que le Dalaï Lama est un démon, on peut continuer à chercher et publier des liens vers des articles qui le confirment et toute discussion est sans objet, puisqu'elle n'existera pas. Soit on peut admettre des points de vue différents, éventuellement circonstanciés et nuancés, comme l'est toute réalité et là il est possible d'avancer.

    De fait, la page des deux allemands est, selon l'expression connue, insignifiante parce qu'excessive. Robert Röttgen a créé les éditions Trikont, étroitement lié au mouvement de gauche appelé soixante-huitard, et a notamment édité "Che Guevara". A la fin des années 70, il s'est tourné vers l'ésotérisme, a abonné la littérature politique pour se tourner vers le new-age. Lui et sa femme, qui font partie de l'alliance évangélique allemande, ont contribué à la contreverse Shougden, peut-être pas parce qu'ils croient plus à ce culte superstitieux mais parce qu'il alimente leur fond de commerce anti-Dalaï Lama.

    Leurs écrits ont connu un certain succès parce que manichéens, flattant des fibres gaucho-laïcardes-marxisantes, mais aussi celles de toutes les partisans d'autres religions, des catholiques jusqu'aux musulmans. Les ouvrages qui proposent des lectures plus profondes, plus nuancées aussi, et plus référencées aussi, intéressent nettement moins car d'une part elles ne réjouissent pas comme le font les écrits vachards et simplistes, et parce que d'autre part elles demandent nettement plus d'efforts au lecteur.

    Ce duo se présente comme expert (de quoi et à quel titre ?), et se fondent sur des experts jamais nommés et parfois sur des liens internets inexistants.

    Un autre auteur allemand, Mickaël Von Brück, thélogien et professeur en sciences religieuses à l'université de Munich a, suite à la publication des ouvrages des Röttgen, écrit un livre intitulé "Religion et politique dans le bouddhisme tibétain". Il note entre autres que les rituels tantriques ne constituent pas une forme de mysoginie primaire mais sont des métaphores de processus métaphysiques. Et il considère que Shambala n'est pas une histoire visant à être réalisée, mais un simple mythe.

    Son livre a, sans surprise, eu beaucoup moins de succès que celui des deux évangélistes, car il s'adressait à l'intelligence du lecteur et pas à son côté avide de sensationnel et de scandale.

    Victor et Victoria s'arrêtent, par stratégie ou ignorance, je ne sais pas, à une lecture littérale du bouddhisme tibétain, sans chercher à comprendre (ou sans vouloir le faire) le sens de ses symboles et sans nous permettre de nous en enrichir. Mais leur but n'est bien sûr pas celui-ci, ils ne voient que ce qui nourrit leurs convictions et oublient, occultent ou ne sont pas du tout intéressés par le reste.

    En outre, il est bien difficile de prétendre donner des informations fiables sur cet univers sans connaître le sanscrit, le tibétain et le chinois. Mais nous ne sommes pas en présence de spécialistes (ou d'experts !) du sujet. Nous sommes face à des polémistes qui après avoir tenté plusieurs pistes de controverses rentables (leur maison d'édition de livres sur la gauche a fermé en 1986) ont trouvé un nouveau thème porteur et qui leur permet, sans beaucoup d'efforts de faire parler d'eux.

    En résumé, pour trouver un condensé de lieux communs, d'approximations et de contre-vérités orientées sur le bouddhisme tibétain, vous pouvez faire confiance à Victor et Victoria (on ne sait d'ailleurs pas bien pourquoi Herbert et Mariana sont devenus les jumeaux victoriniens).

  24. teddy06

    Emmanuel,
    Merci encore une fois pour cette réponse extrêmement bien documentée. vous avez pris votre temps pour répondre, et ne pas réagir à chaud.
    "on ne se mire pas dans l'eau courante, le calme seul peut tout calmer" est certainement votre adage !
    Pour le profane que je suis, j'ai plus appris par vos analyses que par le livre de m. Vivas tout entier. Cela dit les deux se complétent harmonieusement.
    Pour revenir à notre couple allemand, bien évidemment il est plus facile de vendre en proposant du "sensationnel"; néammoins j'ai quand même beaucoup appris à travers leurs écrits sur les relations d'Hitler et de ses comparses avec l'ésotérisme. A l'heure où fleurissent les documentaires en tout genre sur le Dictateur et la seconde guerre mondiale,il est intéressant de découvrir cet aspect. Peut-être un producteur osera-t-il un jour créer des documentaires sur ce thème...

  25. Emmanuel

    Je voudrais aussi donner quelques éléments pour comprendre que si chinois et tibétains ont beaucoup en commun, ils ont aussi une culture et une approche radicalement différentes du bouddhisme (entre autres différences) qui peut permettre de saisir pourquoi le Tibet demeure une épine dans le pied du géant chinois.

    Lorsque les tibétains ont découvert le bouddhisme indien, ils s'en sont saisi avec enthousiasme, l'intégrant avec une rapidité étonnante à leur culture (et comme je l'ai précisé précédemment en adaptant et créant une nouvelle langue, à ce point précise pour traduire le sanscrit que le tibétain a permis de reconstituer des textes bouddhiques qui avaient disparu en Inde). Il faut aussi tout de suite préciser que le bouddhisme qu'ont découvert les tibétains était déjà très transformé par rapport à celui des origines, puisque l'apparition de pratiques tantriques peut être situées aux environs du 4ème siècle (l'introduction du bouddhisme au Tibet datant approximativement du 7ème siècle). Ce n'est donc pas seulement parce que la culture tibétaine était empreinte de culture magique d'inspiration Bön que l'on y retrouve toutes ces déités impressionnantes, mais simplement parce que tel était déjà l'état du bouddisme en Inde.

    La diffusion du bouddhisme s'était déjà faite en Chine, où il s'est acommodé, comme dans tous les pays où il s'est implanté, avec les croyances locales, et en l'occurence le Tao.

    Au 8ème siècle, deux approches se sont confrontées : celle des tibétains, inspirée des indiens, consistant en une voie progressive vers l'éveil, et celle des chinois, en lien avec leur culture taoïste, de voie subite, d'éveil immédiat.

    Les maîtres des deux courants se sont donc retrouvés à Lhassa au 8ème siècle pour un concile qui devait déterminer quelle voie devait être conservée au Tibet. Après de longues discussions, chacun avançant ses arguments, ce sont les partisants de la voie progressive qui l'ont emporté, puisque cette voie de l'éveil par étapes, impliquant un cheminement spirituel par l'acquisition de connaissances couplée à la méditation correspondait mieux à l'esprit tibétain.

    Le Dalaï Lama à qui on peut manifestement reprocher beaucoup de choses (on ne prête qu'aux riches !), mais pas son ignorance de l'histoire du bouddhisme, a déclaré que les tibétains pratiquaient le bouddhisme indien du 4ème siècle, soit celui du temps de Nagarjuna. Et en effet, celui-ci, au delà de ses traités sur la vacuité, est aussi celui qui est connu pour avoir introduit le premier les enseignements du tantra et la pratique méditative des déités dans le bouddhisme du Bouddha.

    Et c'est exactement ce bouddhisme, basé sur des méthodes de méditation impliquant des visualisations de déités, la compréhension de chacun de leurs symboles et une voie progressive vers l'éveil qui était pratiqué au Tibet et que l'on appelle le bouddhisme tibétain.

    Le Chan (traduction chinoise de dhyana, "méditation", devenu Chen en Corée, puis zen au Japon, correspondait lui, dans son dépouillement et son rituel simplifié (mais très codé) à l'esprit issu du Tao des chinois.

    Ces deux conceptions s'opposent toujours aujourd'hui, suscitant l'incompréhension mutuelle des chinois et de leur minorité tibétaine.

  26. Yushan

    Il faut aussi, à mon avis, distinguer "le pur bouddhisme" et la combinaison "le bouddhisme + la politique".

    Dans quel sens évolue les conditions de vie de la masse tibétaine depuis les années 50 du siècle précédent? J'ai entendu parler de deux versions (comme  ce qui est abordé par vous). Je n'ai pas de parole là-dessus puisque je ne suis jamais allée au Tibet faire une vraie et longue étude du terrain (si on voit quelques sites touristiques on ne voit pas forcément grand-chose).

    J'ai l'impression qu'à l'époque c'était l'esclavagisme; mais aujourd'hui leur culture est peut-être un peu menacée. Donc les deux côtés des choses.

  27. AS
    ...avec la fuite de Chine du Dalai-lama en 1959, la théocratie dictatoriale des bouddhistes thibétains laissa la place à la modernité et à l'abolition de l'esclavage grâce au pouvoir central...
    Ca c'est le discours officiel chinois que j'ai pu entendre en Chine à la télévision, "apporter les bienfaits de la civilisation " est un pretexte falacieux pour annexer des territoires.  C'est ce que nos pays ont fait pour justifier les colonies.  Le Tibet aurait évolué naturellement avec la modernité si il était resté indépendant.
  28. gdDoutes

    Bref le Dai lama ne pense pas par lui mémé et se contente de reprendre les textes anciens ! Et tout ca après des années de méditations !:)) super !:))

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