les jixiangtu 吉祥图

Bon voilà je fais en ce moment un travail sur les jixiangtu.
Bien qu'il ne soit pas encore fini, je vous le poste car j'aimerai être sûre qu'aucune erreur n'y traine.
La lecture est un peu longue, je m'en excuse à l'avance!!

SI vous voyez des erreurs, merci de m'en informer, je veux pas raconter de bêtises!!!

Voilà le "bazar" :)

[align=center]Introduction[/align]

En Chine, on dit que chaque homme fait de la recherche du bonheur et de la chance la quête de toute sa vie. A partir du jour de sa naissance, l’homme se trouve confronté à des problèmes multiples et variés.
La naissance, la sénilité, la maladie, la mort, et les difficultés sont perçues comme des lois inexorables de la vie. Personne n’y échappera.
Dans cette quête de paix, de bonheur, de sécurité et de chance, les chinois s’entourent de mots et symboles porteurs de chance,les “jixiangtu”(吉祥图)
Depuis des milliers d’années, ces jixiangtu furent largement répandus et admirés dans toute la Chine. Un respect profond les entoure.
Cela montre que les symboles liés à la chance ont,encore aujourd’hui,une vitalité forte et un encrage profond dans la culture populaire de masse.
Ils appartiennent à cette culture populaire, d’où ils ont tiré leurs racines.
Considérés comme un art, les jixiangtu continuent de se développer et d’évoluer dans leurs formes et leurs contenus.
La forme du jixiangtu se doit d’être concise et explicite, élégante et de bon goût. Leur contenu peut être très varié et riche de plusieurs sens, parfois avec des “beaux mots”, parfois au travers d’une expression porteuse de plusieurs sens, parfois utilisant les métaphores ou les homophones,ou encore les représentations d’animaux,de plantes,et de divinités.

[align=center]Une autre approche de l’art[/align]

Les termes “art”, “artiste, et “esthétique”n’ont pas le même sens en occident et dans la Chine traditionnelle. Les lettrés cultivaient principalement quatre disciplines artistiques : la poésie, la calligraphie, la peinture, et la musique. En pratiquant ces disciplines, ils avaient pour objet le plein accomplissement de leur humanité et l’établissement d’une harmonie intérieure, accordée aux rythmes de l’univers naturel.
Il s’agit donc là d’une quête morale et mystique, de capter et de transmettre au moyen de l’encre et du pinceau l’influx du “souffle” ( le “qi” ) qui informe monts et fleuves et anime les dix mille créatures. Le peintre se livre à une opération semblable à celle du créateur universel. Il produit un microcosme parallèle au macrocosme, habité d’un même rythme et traversé des mêmes métamorphoses. Il n’imite pas la création, mais l’activité du créateur, et cette communion investit son art d’un caractère véritablement religieux ou sacré.

[align=center]Une certaine écriture[/align]

De par ses fondements, l’écriture chinoise est intimement liée à la pratique artistique, ne serait-ce que dans la calligraphie, art majeur en Chine, mais aussi dans toutes autre forme d’art, part le biais de la symbolique attachée à l’écriture.
Seule la civilisation chinoise a survécu jusqu’à aujourd’hui avec ses caractéristiques principales. Fait unique, elle a gardé une langue en usage depuis plus de six mille ans. Cela est certainement dû au système d’écriture : les caractères, ou idéogrammes, témoins de l’histoire chinoise.
Evolution des caractères chinois
1. Période primitive, de 8000 à 3000 avant J-C. : L’homme s’y exprime d’abord avec des signes conventionnels qui servent d’éléments mnémotechniques, puis avec des dessins qui reproduisent la réalité qui l’entoure, les pictogrammes.
2. Période archaïque, de 3000 à 1600 environ avant J-C. : Elle comprend le moment prédynastique et la dynastie Xia (première dynastie), au cours de laquelle on passe des pictogrammes aux idéogrammes, des symboles directs aux symboles indirects, en comblant le vide que les premiers laissaient devant un concept abstrait.
3. Période historique, de 1600 avant J-C. à 220 (Chute des Han orientaux) : Dix-huit siècle durant lesquels l’écriture définit et complète son évolution : on voit naître les caractères déterminatifs (idéogramme qui précise la catégorie sémantique d’un mot) et phonétiques.
4. Période contemporaine, qui débuta en 1949 avec la fondation de la République populaire de Chine : C’est une période importante pour les interventions effectuées sur la graphie et sur la structure des caractères. Interventions dominées par la préoccupation d’éliminer l’analphabétisme. Les modifications se développèrent conformément à trois directives : la simplification des caractères difficiles mais d’usage courant, l’unification nationale de la prononciation avec le putonghua (langue courante), la transcription des caractères en lettres alphabétiques selon un système appelé pinyin ( = organiser les sons en syllabes).
La version de la mythologie est plus vaste et plus fantaisiste. Dans un commentaire du Livre des mutations (Yijing), un des textes les plus anciens du monde, on lit : “Quand Fu Xi (empereur légendaire) gouvernait tout ce qui existait sous le ciel, il regarda vers le haut et admira les splendides dessins célestes, puis il tourna le regard vers le bas et observa la structure de la terre. Il remarqua l’élégance des formes des oiseaux et des animaux et la variété équilibrée de leurs territoires. Il étudia son propre corps et les réalités lointaines. Après quoi il inventa les huit trigrammes (huit figures de divinations – un mémoire entier pourrait y être consacré!) pour pouvoir dévoiler les transformations de la nature et comprendre l’essence des choses.”Ainsi seraient nés les caractères!
On comprendra assez vite que l’écriture chinoise et intimement liée à une vision à la fois réaliste (le caractère n’est en somme qu’une transcription du visible) mais aussi poétique de par la vision romancée,légendaire de son apparition, et de par la symbolique qui y est associée.
Fu Xi n’est d’ailleurs pas le seul!
Huang Di, qui vécut il y a 4700 ans, est lui aussi considéré comme le père de l’écriture. Le légendaire Empereur Jaune aurait reçu les caractères en don d’un dragon, sorti des eaux du Huang He, le Fleuve Jaune.
Une autre légende attribue l’invention des caractères à Cang Jie, ministre cultivé de l’Empereur Jaune. Celui-ci fut frappé par les traces que laissaient les animaux sur le sol, et tout spécialement les oiseaux. C’est à partir de leurs empreintes qu’il eu l’idée des traits qui composent le caractère.
Enfin, on raconte d’un troisième prétendant qu’il avait reçu le don des caractères en signe de gratitude d’une tortue sauvée de l’inondation. Il s’agit du troisième des Cinq Empereurs légendaires, Yu le Grand.
Dans la Chine actuelle, peu importe la véracité de l’apparition de l’écriture chinoise, celle-ci doit rester une histoire à la hauteur de l’image noble accordée à l’écrit.
Sachant que chaque idéogramme correspond à une seule syllabe et que le chinois est la langue qui compte le plus d’homophones, on sautera vite le pas entre l’écriture, le langage, et le symbole.
Les homophones sont en effet largement utilisés pour transmettre certains sens.
Par exemple, 鹿 (prononcé “lu”,le cerf) signifie 禄 (la richesse); 桃子 (“taozi”, la pêche) évoque 寿 (la longévité); 金鱼 (“jinyu”, le poisson d’or) nous renvoie à 金玉 (l’or et le jade), mais encore 瓶 (“ping”, la bouteille) représente 平 (la paix).
Dans certains cas, un caractère est utilisé pour former une phrase porteuse d’un nouveau sens.
Par exemple, 仙 (“xian”) de 水仙 (narcisse) est utilisé pour former 群仙祝寿, une phrase signifiant les immortels offrant les voeux de bon anniversaire.
De la même façon, 百 (“bai”) de 百合 (le lis) est utilisé pour former la phrase 百年好合, qui signifie un mariage heureux pour cent ans.
Dans d’autres cas, des caractères ou même des phrases peuvent être utilisés et combinées entre eux pour fomer de nouvelles phrases porteuses d’un nouveau sens.
Par exemple, 鹤 (“he”, le crâne),symbole de longvité, et 鹿(“lu”, le cerf, que l’on sait homophone de 禄, la richesse), peuvent être associés pour former la phrase 鹤鹿同春, qui symbolise alors la longévité et la richesse pleines de vigueur comme le printemps.

24 réponses

  1. Cha

    [align=center]La calligraphie, un art à part entière[/align]

    En Chine, écrire est un art. Les origines rituelles de l’écriture expliquent l’importance de l’acte d’écrire et la place essentielle de la calligraphie, véritable discipline du corps tout entier ainsi que de l’esprit, promue au rang d’art majeur par les chinois.
    Peinture, poésie et calligraphie sont inextricablement mêlées. Les plus grands poètes furent toujours d’immenses calligraphes; de même que les peintres. La calligraphie s’affirmera comme un art à part entière, mais qui complètera utilement une peinture et relatera souvent un poème. L’acte de calligraphier s’apparente à une méditation transcendantale. Mao Zedong lui-même n’hésitait pas à faire la démonstration à ses visiteurs de ses talents de calligraphe, de même que les élites chinoises, depuis l’Antiquité, n’ont jamais cessé de pratiquer cette discipline avec constance et acharnement.

    [align=center]福, un caractère particulier[/align]

    Prononcé “fu”, il est le symbole du bonheur par excellence. On le retrouve dans chaque maison, chaque commerce. S’il est pendu à l’envers, sa symbolique est d’autant plus forte car 福倒 (littéralement le bonheur à l’envers), est l’homophone de 福到 (que le bonheur vienne).
    En Chine, le bonheur est composé de “Cinq bonheurs” (la longévité, la richesse, la santé, faire de bonnes actions, et mourir d’une mort naturelle). Le caractère “fu” est donc très précis, et véhicule presque une certaine hygiène de vie.
    Si le caractère “fu” est entouré de dragons, le bonheur viendra rapidement.
    Bien qu’au départ, cette superstition puisse faire sourire, on finit vite par se prendre au jeu, et j’ai moi aussi, adopté un “fu” dans mon salon, espérant que le bonheur envahisse et protège mon foyer.

    [align=center]L’importance des nombres[/align]

    En même temps que l’écriture pictographique faisait son apparition, les chinois inventaient la numérisation décimale. C’est ainsi tout naturellement qu’ils y associèrent également une symbolique forte. Les nombres ont une signification propre, qui va bien au-delà de leur usage arithmétique.
    • Un (一) / Le chiffre un représente mille choses dans le signe du caractère : parfois le ciel, parfois l’horizon. C’est le symbole de l’unité, mais c’est aussi l’origine de tous les êtres, de toutes les choses. Pour le Taoïsme, c’est le signe de l’absolu. Le trait horizontal vient du pictogramme : il représente une main avec l’index tendu pour montrer, pour indiquer. Quand il entre dans la composition d’autres caractères, le trait, en occupant des positions différentes, change aussi de signification. Dans le caractère de la pluie, prononcé“ yu” (雨)il se trouve dans la partie supérieure, et indique le ciel auquel est suspendu le nuage qui laisse tomber l’eau en petites gouttes. Placé dans la partie basse du caractère “dan” (旦),sous le signe du soleil (日), il devient l’horizon, sur lequel apparaît l’astre, et le caractère signifie l’aube. Dans le mot ciel (天),il indique tout ce qui se trouve au-delà de l’homme (人), et il inclut aussi l’idée de protection.
    • Deux (二) / Si un est le symbole du ciel, deux est celui de la terre. Le pictogramme indique deux traits qui peuvent être interprétés comme des signes sur le sable, des encoches sur un morceau de bois, des traits indiquant une numérotation, une liste, une période temporelle. Ce caractère est aussi le symbole du Ying et du Yang, principe dualiste chinois : le masculin et le féminin. Associé au caractère de l’homme, dans sa version réduite, il donne la bienveillance (仁), la vertu fondamentale du confucianisme : l’amitié, la tolérance et la sympathie qui doivent unir les hommes et régler leurs rapports. Alors qu’avec le caractère du coeur (心), le chiffre deux forme le mot “déloyal”(二心) : une personne avec deux volontés.
    • Trois (三) / Pour les chinois, le chiffre trois est le nombre fondamental et parfait à partir duquel, selon le livre du Tao, les êtres vivants furent créés. Aussi parle-t-on des “Trois empereurs fondateurs”les légendaires Fu Xi, Shen Nong et Huang Di), des “Trois Pensées” (le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme), des “Trois Royaumes” (Shu, Wei et Wu) qui se partagèrent la Chine au troisième siècle après J-C., Des “Trois Inventions”(la poudre, la boussole, et l’imprimerie) qui révolutionnèrent les conditions de vie des chinois, du souhait des “Trois beaucoup”(beaucoup de bonheur, beaucoup de longues années, beaucoup de fils), et même des “Trois Principes du peuple”(nationalisme, démocratie et solidarité) du dirigeant moderne Sun Yat-Sen.
    • Quatre (四) / Comme chez nous le chiffre 13, il porte malchance, et bon nombre de constructions continuent à ne pas faire figurer ce chiffre sur les boutons de l’ascenseur. Tout comme le chiffre huit vu dans l’introduction, le chiffre quatre,prononcé “si” et en lien direct avec son homophone 死 signifiant la mort. Ce n’est donc pas un hasard si la fête des morts est célébrée le quatre avril.
    • Cinq (五) / Il fut toujours un chiffre fétiche. Pêle-mêle, on citera les “Cinq Bonheurs” ”(santé, richesse, prospérité, vertu,longévité), les “Cinq Eléments”(bois, feu, terre, métal, eau), les “Cinq directions”(nord, sud, est, ouest, centre) et les “Cinq Relations”(souverain/sujet, père/fils, époux/épouse, aîné/cadet, relations entre amis).
    • Six (六) / Chiffre très apprécié des chinois, il peut être associé, entre autres, aux “Six Saveurs” (amer, doux, acide, âcre, insipide), ou encore aux “Six Arts”(convenance, musique, tir à l’arc, conduite du char, calligraphie, mathématiques).
    • Huit (八)/ Connu comme étant l’un des chiffres préférés des chinois. Ce chiffre, prononcé en putonghua “ba”, est prononcé dans certaines régions “fa”. Mais “fa”(发), de “fa cai”(发财) signifie “faire fortune”. Le chiffre Huit symbolise donc la réussite, la fortune, et le bonheur associé à celle-ci. On comprend par conséquent le choix de la date des Jeux Olympiques de Pékin, qui ont débuté le 08.08.08, à 08h08.
    • Neuf (九)/ Ce chiffre, qui se prononce “jiu” est célèbre grâce à son homophone 久 qui signifie la longévité. Il est donc de bon augure de se marier en septembre, pour augmenter les chances de durée d’un couple. Les salles de réceptions sont certainement déjà complètes pour le 9 septembre 2009, qui s’avère être une très “belle” date!
    • Douze (十二) / Si le calendrier officiellement adopté en Chine est notre calendrier grégorien, on se réfère aussi au calendrier traditionnel lunaire. C’est le seul calendrier à ne pas se préoccuper de l’origine, et donc d’une éventuelle année 1. Il y a un cycle de douze années (à l’intérieur d’un grand cycle de soixante) : l’année du Rat, du Buffle, du Tigre, du Lièvre, du Dragon, du Serpent, du Cheval, du Mouton, du Singe, du Coq, du Chien et du Cochon. La journée traditionnelle comptait également douze heures, la première heure, celle du Rat, se situant entre 11h du soir et 1h du matin, la deuxième heure, celle du Buffle, entre 1h et 3h du matin, etc...
    Ces chiffres ne sont pas les seuls, l’énumération des autres nombres associés à des concepts serait très longue. Il est cependant essentiel de comprendre le rapport des chinois aux nombres, car ce n’est pas une croyance perdue. Ce n’est donc pas par hasard si Mao lança la “Campagne des 100 fleurs”, ce chiffre étant synonyme de profusion et d’abondance.

  2. Cha

    Bon y a plein de smileys débiles qui se foutent partout je sais pas comment les enlever....

    Le travail est pas DU TOUT fini, il me reste à parler des plantes, des divinités, des animaux, etc...

  3. michelem

    C'est très très intéressant !!!!(y)
    Bravo pour ce travail, que je vais mettre en mémoire quelque part, pour le relire et vraiment tout comprendre.

    PS Les smileys se mettent si vous faites ;(un point virgule)suivi de ) (fermer la parenthèse)

    C'est décoratif, mais un peu "gênant" dans un long texte ...:)

    En espaçant ces deux signes, je pense que ce sera bon .Penser à cliquer "éditer" avant !!!

    PS Je n'ai rien vu sur le chiffre 7 ...???

  4. Iki

    A vrai dire, ce smiley : ;), apparait aussi quand l'on fait suivre directement un signe chinois d'une parenthèse que se ferme. Un espace entre les deux devrait régler l'affaire.

  5. lililele

    Bravo Cha, c'est très bien fait :)j'ai épinglée le message (y)

  6. TINTIN 66

    Cha,
    je ne dirais qu'un mot : bravo.
    et je dirais encore, c'est un roc
    que dis je c'est une peninsule de savoirs et d'interessements que vous partagez avec nous .
    c'est concis et bien documente.
    je conserve et je m'en delecterai souvent.
    une belle contribution, que dire de plus ?
    MERCI

    bonne journee et bonne continuation.
    p.s :comme l'a fait remarque Michelem , le chiffre 7 n'a pas ete sage pour avoir ete mis "au coin" ?

  7. Stardust
    michelemPS Je n'ai rien vu sur le chiffre 7 ...???

    Je ne crois pas que le chiffre 7 soit un chiffre de bonne augure pour les chinois. La seule référence que je connais se porte sur les obsèques. :s Traditionnellement, les obsèques duraient 49 jours, c'est-à-dire 7 x 7. Tous les 7 jours, on faisaient venir des moines pour faire des prières (l'équivalent d'une messe), la cérémonie est suivie d'un repas végétarien pour les moines et les proches et amis qui y assistaient. Cette cérémonie est remplacée par de simple encens devant l'autel chez les pauvres, bien sûr. N'empêche que les obsèques duraient quand même 49 jours. Pendant toute cette période, les règles du deuil les plus strictes étaient obersvées dans la famille: on s'habillait en blanc, mangeait végétarien, pas de droit de rigoler ou s'amuser.

  8. michelem

    Merci Stardust de nous avoir indiqué la valeur du chiffre 7 en Chine,plutôt négative.
    Par curiosité, j'ai cherché sa valeur en Occident et ai trouvé ce site .(vous pouvez couper le son, trop lanscinant ...)

    http://pagesperso-orange.fr/lannenec/art/sept.htm

    En le lisant,on se rend compte que l'on est "cerné" par ce chiffre. Curieux ... *-)

  9. Cha

    Merci beaucoup ça m'encourage beaucoup et je vous rappelle, surtout si vous voyez des erreurs, dites le moi!!

    Pour le chiffre 7, ce n'était pas un oubli mais pour ce travail je ne me base que sur des livres pour être a peu près sûre d'avoir des sources correctes et je n'y avais pas trouvé d'explications sur ce chiffre, donc j'ai décidé de ne pas en parler.

  10. Cha

    Voici la suite (et fin si tout va bien) de mon travail.

    [align=center]喜喜, le double bonheur[/align]

    Prononcé “xi”, cet idéogramme, lorsqu’il est double, est censé apporter une double dose de bonheur tout autour de lui. On le voit lors des cérémonies de mariages et est généralement un cadeau typique pour apporter le bonheur à une nouvelle union.
    Son association avec le mariage est liée à une histoire ancienne selon laquelle un étudiant qui se rendait à la capitale pour passer un examen tombe malade et trouve refuge chez un herboriste, père d'une jolie jeune fille. Ils tombent amoureux. Alors qu'il repart pour son examen, elle lui donne un couplet de poésie sur la nature à compléter. Arrivé à la capitale, il obtient le meilleur résultat à l'examen et rencontre l'empereur. L'empereur s'entretient avec le jeune homme et lui demande de l'aider à compléter une poésie. Le couplet de sa petite amie complète parfaitement la poésie de l'empereur. Le jeune homme est récompensé par l'obtention d'une position élevée dans le gouvernement. Heureux, il retourne voir la jeune fille et lui récite le couplet de l'empereur. Ils décident alors de se marier. Pour le mariage, le couple inscrit le caractère chinois bonheur, en double, sur un morceau de papier rouge et l'accroche sur un mur pour exprimer leur bonheur pour les deux événements. Depuis, la tradition perdure et le symbole du double bonheur est devenu une coutume sociale.
    D'autres voient dans cet idéogramme l'image de deux personnes, les fiancés, se tenant main dans la main dans le bonheur conjugal. Ce symbole est très important dans la culture chinoise. Il représente une certaine philosophie de la vie, l'idée que chaque personne a une âme sœur en ce monde.

    [align=center]Des plantes et des animaux porte-bonheurs[/align]

    Les plantes sont fréquemment utilisées comme métaphores ou symboles dans les jixiangtu.
    On y trouve, par exemple, les trois plantes durables de l’hiver.
    L’hiver est une saison pendant laquelle la plupart des plantes fanent, excepté le pin, le bambou, et la fleur de prunier qui grandissent malgré le froid, arborant leurs couleurs chatoyantes, années après années. C’est pourquoi ces trois plantes symbolisent l’amitié éternelle et la force du peuple chinois.
    On pensera également aux quatre plantes de vertu :la fleur de prunier, le pin, le bambou, et le chrysanthème.
    La fleur de prunier est aimée par le peuple chinois depuis les temps anciens. Noble et pure, cette fleur brave la neige et les glaces pour fleurir au milieu de l’hiver, apportant ainsi courage et vigueur au peuple chinois. Les hommes de lettre ont souvent comparé la fleur de prunier à la personnalité humaine. Cette fleur a cinq pétales, qui symbolisent chacune un bonheur.
    Le pin, arbre vert avec une vitalité forte,brave le froid, le vent, la neige et la glace et pousse d’un vert luxuriant au bord des précipices ou hors de la roche. Les chinois ont beaucoup d’estime pour cet arbre qu’ils considèrent comme quelque chose qui promet la longévité, vous maintient jeune sans devenir âgé. “Que ta vie soit longue comme le pin de la montagne du sud”, “rester vert comme le pin”, etc...
    Le bambou, plante longue et délicate aux joints solides, résiste lui aussi à l’hiver. Les chinois le considère comme une plante élégante au caractère noble. De plus, le caractère du bambou (竹), prononcé “zhu”, est un homophone de 祝 (bénédiction ou félicitation).
    Quant au chrysanthème, il fleurit à la fin de l’automne, alors que les autres fleurs fanent. Il est perçu comme une fleur défiant le froid.
    Bien d’autres plantes sont symboliques, mais mon travail de fin d’étude utilisant la fleur de prunier, le pin et le bambou, j’ai choisi de me pencher sur celles-ci.

    Les animaux prennent eux aussi une place de choix dans les images porteuses de chance. Le dragon, le lion, et le phoenix sont trois figures largement utilisées dans ce sens.
    Le dragon est considéré comme la plus importante créature surnaturelle, incarnant la force et symbolisant la puissance. D’après la légende, le dragon serait capable d’être visible ou invisible, fin ou épais, grand ou petit, et il génèrerait les nuages et la pluie pour apporter le bien à toutes les choses de la terre. Il peut apporter beaucoup de bonnes choses au peuple et gagne ainsi naturellement son respect. Cependant, durant le système féodal, les chefs féodales s’approprièrent le symbole du dragon pour en faire le signe des vertus des empereurs et des autorités célestes. Bon nombre de ces chefs féodaux se considéraient eux-mêmes comme l’incarnation des descendants du dragon. Pour prouver ce qu’ils avançaient, ils ont peint des dragons partout, sur les colonnes, le mobilier, les escaliers, et objets usuels en tout genre, ou encore sur la couronne de l’empereur, ses robes et ses ceintures. Le peuple ordinaire avait l’interdiction d’utiliser la représentation du dragon, sous peine d’être puni sévèrement. Avec la chute du système féodal, le dragon revint au peuple. Durant les festivals et les grandes célébrations, on voit alors les danses de dragons, les courses de bateaux dragons, des papiers découpés à son effigie, etc..Dans la Chine actuelle, les bâtiments de standing sont souvent décorés de dragons, montrant ainsi la magnificence et la fierté de la nation chinoise.
    Le lion est le roi des animaux, un symbole de pouvoir et de dignité. Cet animal est particulièrement estimé dans le bouddhisme, qui le désigne comme une bête puissante avançant bravement. C’est un animal divin qui symbolise le sacré et le bonheur. Il est considéré par le peuple comme leur saint patron ayant la capacité de supprimer les autres animaux et d’exorciser les esprits maléfiques. Souvent, dans l’ancienne Chine tout comme la Chine moderne, deux statues représentant un couple de lions garde l’entrée des bâtiments. Le mâle tient une balle sous sa patte avant et la femelle joue avec un lionceaux. La plupart de ces lions ont les cheveux bouclés, de grands yeux, la bouche ouverte, et des pattes allongées. Ils sont effrayants mais charmants. Il n’est pas rare de voir des représentations de deux lions jouant avec une balle, signifiant alors la joie ou le souhait d’accomplir une belle carrière.
    Le phoenix est un animal légendaire, roi des oiseaux. On raconte qu’il aurait été formé à partir d’essence des cinq éléments (le métal, le bois, l’eau, le feu, et la terre). Sa tête est comme le ciel; ses yeux, comme le soleil; son dos, comme la lune; ses ailes, comme le vent; ses griffes, comme la terre; et sa queue représente la latitude. C’est un oiseau divin, bienveillant et vertueux. Lorsqu’il apparaît, il apporte la paix. Si on le voit tourné face au soleil rayonnant, il symbolise une vie heureuse et un avenir radieux.
    [align=center]
    Des dieux qui accompagnent[/align]

    Il me serait bien difficile d’aborder la question de la religion en Chine tant elle est éloignée de nos conceptions occidentales.
    Il existe cependant des dieux, que l’on pourrait comparer aux dieux de la mythologie grecque, dans ce sens qu’ils ont une forme humaine, qu’ils sont donc accessibles, et tiennent chacun un rôle spécifique.
    J’aborderai ici trois de ces dieux que l’on retrouve fréquemment dans les jixiangtu : le dieu du bonheur, le dieu de la santé, et le dieu de la longévité.
    Le dieu du bonheur. Les chinois lui rendent hommage pour obtenir le bonheur et un destin favorable. Ce dieu apparaît généralement avec cinq longues touffes de barbe et une mine bienveillante. Il porte une robe rouge et une ceinture de jade brodée avec la représentation d’un dragon. Parfois, ce dieu peut être accompagné d’un petit garçon. Dans d’autres cas encore, il tient un rouleau sur lequel on peut lire quatre caractères signifiant “les fonctionnaires officiels célestes accordent la bénédiction”.
    Le dieu de la richesse. Adoré par le peuple chinois, le dieu de la richesse a une grande influence. La tradition veut que l’on salue ce dieu lors de la veillée du nouvel an chinois. A cette occasion, de l’encens est brûlé et l’on fait des offrandes. La représentation du dieu de la richesse est accrochée à chaque foyer, dans l’espoir d’obtenir une meilleure récolte et des bons revenus pour la nouvelle année. Parfois, il tient dans ses bras un petit enfant qui symbolise les souhaits de bonne santé, la prospérité, et la source d'espoir du présent et du futur.
    Le dieu de la longévité. Ce dieu n’est pas grand mais vigoureux. Son visage est apaisé, son front très étendu, et il tient dans sa main un bâton de bois, sur lequel il s’appuie pour se déplacer. Un serviteur céleste l’accompagne et porte une pêche qui représente l’immortalité. Le dieu de la longévité, de par son comportement affable inspire le respect. On raconte que la représentation du dieu de la longévité vient de Lao Zi (fondateur du taoïsme). Il aurait vécu plus de 300 ans et serait né avec des cheveux blancs, un large front, des longs sourcils, des grandes oreilles, une large bouche et des lèvres épaisses. Son front était ridé. Son esprit était calme, dépourvu de désirs égoïstes, et il préconisait de gouverner en ne faisant rien qui soit contre-nature. Une autre légende raconte que l’image du dieu de la longévité aurait été inspirée par Peng Zu, un immortel. On dit de lui qu’à l’âge de 767 ans, il ne montrait encore aucun signe de vieillesse. Il aurait vécu plus de 800 ans et 54 de ses fils seraient morts avant lui.
    Ces trois dieux sont parfois réunis, sous formes de statuettes disposées dans le salon ou la sale à manger. On les place alors sur un meuble ou à un endroit élevé au-dessus du niveau des yeux, en signe du respect qu’on lui porte.

  11. Iki

    Le fin est encore plus interessante !

  12. Cha

    Merci!
    Maintenant des illustrations!!!

    -> Application moderne des jixiangtu / Les huits nouveaux trésors

    -> Evolution d'un caractère chinois / Exemple de l'homme.

    -> Le calendrier chinois

    -> Le caractère "fu"

    -> Le double bonheur

    -> Les trois plantes durables de l'hivers : Fleur de cerisier, pin chinois, bambou

    -> Le dragon

    -> Lions, mâle et femelle

    -> Le phœnix

    -> Le dieu du bonheur

    -> Le dieu de la richesse

    -> Le dieu de la longévité

  13. TchouTchou

    Je n'ai pas encore tout lu, mais ce que j'ai lu était très intéressant, merci beaucoup!
    J'ai, depuis que le connais, toujours trouvé intéressante la différence de représentation et de symbolique entre le dragon asiatique et européen. Et puis je trouve ces histoires de personnes ayant vécu des centaines d'année fascinantes, ça me plaît de croire que ça a pu effectivement se produire...

  14. Iki

    Ah ben avec des illustrations c'est encore mieu =p Bon, moi je trouve ce dossier trés bien, mais je ne suis pas une spécialiste. Dommage qu'on n'ai pas plus d'avis de ceux qui en savent plus que moi.

  15. Cha
    TchouTchouJe n'ai pas encore tout lu, mais ce que j'ai lu était très intéressant, merci beaucoup! J'ai, depuis que le connais, toujours trouvé intéressante la différence de représentation et de symbolique entre le dragon asiatique et européen. Et puis je trouve ces histoires de personnes ayant vécu des centaines d'année fascinantes, ça me plaît de croire que ça a pu effectivement se produire...

    Moi aussi j'adore ces histoires là, et j'ai envie d'y croire!
    Tout comme j'adore la légende selon laquelle l'écriture aurait été un cadeau d'une tortue sauvée des eaux!

    Et pour la représentation du dragon en occident, j'y connais rien, mais ça m'intéresse!! Vous nous expliquez un peu???

  16. michelem

    Merci Cha, pour ce travail, vraiment très intéressant et qui nous en apprend davantage sur la culture Chinoise .Bravo aussi pour les illustrations (y)

    Pour répondre à votre question sur le dragon "occidental",j'ai trouvé ce lien.Vous pourrez voir que le dragon est connoté de façon très négative ...

    http://fbecuwe.free.fr/dragtxt.htm

    Au Mont Saint-Michel ,on peut voir dans l'église une grande statue du saint terrassant le dragon, "force du mal".Et cela m'attriste chaque fois, car c'est un animal mythique que j'aime bien !!! Peut-être parce que je suis née une année "dragon " ...

  17. kim

    Merci infiniment Cha pour votre travail considérable. Cette somme de connaissances amassée laborieusement pour notre plus grand plaisir et notre culture. Moi aussi j'ai conserve une trace pour m'en inspirer à loisir.

  18. kim

    C'est vrai qu'il est parfois difficile de faire admettre aux Français et aux chrétiens que le dragon est un animal fabuleux et exceptionnel. Pourtant on peut aimer les dragons sans être hérétique! Si ma préférence va au phénix, j'admire le dragon qui peut se déplacer aussi bien sur l'eau et sur la terre et dans les airs, tout en s'alliant le feu.

  19. Stardust

    Merci à Cha d'avoir partagé avec nous ce travail gigantesque. Ce me donnera la matière pour expliquer cette culture à mes amis français.

    Quant au dragon, je ne sais pas quand est-ce qu'il est arrivé en Occident. (Pour les chinois, le dragon est d'origine chinoise! :) ) Mais la légende dit que, plus il voyage plus il perd ses doigts (ou orteils). Le dragon chinois a 5 doights, le dragon japonais a 4 doigts, le dragon occidental n'a plus que 3 doigts, etc... Bien sûr, ce n'est qu'une légende, ça n'a rien de scientifique. A vous de vérifier! ;)

  20. michelem

    Stardust,je ne me suis jamais approchée assez près d'un dragon pour pouvoir lui compter les doigts ...mais cette légende est drôle !!!
    Elle signifierait donc que le Dragon n'est venu en Occident qu'après avoir visité la Chine et le Japon ...Je vais regarder de plus près les illustrations de dragons désormais, pour savoir d'où ils viennent !!!

    PS: Il y a tout de même quelques contes pour enfants modernes où le dragon n'est pas méchant ...Faut-il y voir une influence asiatique ???

  21. Iki
    michelemPS: Il y a tout de même quelques contes pour enfants modernes où le dragon n'est pas méchant ...Faut-il y voir une influence asiatique ???
    A mon avis c'est surtout que dans les contes modernes, on diabolise moins les bestioles comme les loups ou les dragons (mais ils ont aussi moins souvent une morale ou un double sens)
  22. TchouTchou

    Oui, c'est vrai qu'il y a certains dessins animés où les dragons sont sympathiques (quand j'étais petit, j'avais vu Peter et Eliott, dans lequel le dragon est gentil).
    Mais dans l'imaginaire occidental, j'ai l'impression que le dragon est associé aux légendes du Moyen-Âge, que c'est un animal gros et crachant du feu, et éminemment peu sympathique. En fait, on dirait que ça n'est pas vraiment la même créature :) Pour moi, c'est la cas, il y a le "gentil dragon asiatique" et le "vilain dragon occidental", comme celui qu'on voit dans "La belle au bois Dormant" de Disney.

  23. LoFou

    J’ai beaucoup apprécié ton travail CHA, et j’ai passé un bon moment à sa lecture. J’ai juste été surpris sur les « Six saveurs », cen’est pas parce que tu as oublié le « salé » mais je pensais que les chinois n’avais que 5 saveurs (salé, amer, acide, âcre et doux) et que c’était les japonnais qui en avaient 6, en reprenant les 5 chinoises et en rajoutant la saveur savoureux « umami ». Mais peut-être que c’est devenu un concept asiatique:). Néanmoins bravo pour tes recherches(y).

  24. michelem

    Pour compléter les infos sur le dragon,on peut lire aussi l'article de Steph.On peut même y trouver un lien avec la prochaine éclipse ...

    http://chinefantastique.enchine.fr/1074/le-dragon-chinois.html

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