"façons de dire, façons de faire"

J'emprunte le titre du beau livre d'Yvonne Verdier, "Façons de dire, façons de faire" (un livre consacré à la culture traditionnelle en Bourgogne), pour ce nouveau sujet.

Je viens, comme chaque jour, de regarder un épisode du feuilleton de CCTV et je remarque qu'un père de famille reprend sa fille, âgée d'environ 18-20 ans, parce qu'elle lui dit "tu es adorable". Il la rappelle à la "bienséance", et lui dit qu'elle ne peut pas lui parler ainsi parce qu'il est son père. La jeune fille, qui a fait des études universitaires, lui reproche alors de réagir en "paysan" .
Nouvelle incartade linguistique, la jeune fille ose appeler une femme d'une quarantaine d'années, étrangère au village et qui se trouve être la maîtresse de son père (veuf) "par son nom complet". Son père lui dit que cela est "inconvenant"....

Quelqu'un peut-il nous expliquer quelles sont les règles de la bienséance entre père et fille d'une part, entre jeunes et adultes d'autre part dans le monde paysan (si tant est que ces règles soient identiques partout en Chine) et en quoi le monde moderne, le monde la ville, a rompu avec elles.

Je m'étonne aussi des rapports verbaux entre mari et femme. Beaucoup d'insultes, de malédictions (allant jusqu'à souhaiter la mort de l'autre) et des mots d'adresse qui me paraissent dénués de tendresse : "ma vieille" ou "mon vieux". Est-ce courant ? J'entends rarement des "mon chéri" et encore moins des "mon amour" ; cela ne m'étonne pas, du fait de la pudeur chinoise, mais je suis d'autant plus surprise de la crudité des propos conjugaux.

Voilà pour les "façons de dire". Quant aux "façons de faire" (différentes du langage et de la gestuelle du corps, auxquels je m'intéresse beaucoup aussi), j'en prendrai pour exemple la curieuse manière dont les personnages des téléfilms se comportent avec la nourriture. Ils parlent souvent la bouche pleine (vraiment très pleine !), postillonnant alors abondamment ce qu'ils sont en train de mâcher. La bienséance autorise-t-elle ces comportements dans tous les milieux ou à peu près ?

Merci d'avance à ceux qui pourront éclairer ma lanterne !

49 réponses

  1. laoshi

    Le nouvel épisode d’Eaux claires sous un ciel bleu confirme ce que je disais dans mon message précédent. Le père dit explicitement cette fois que pour lui le mot « adorable » entre un père et sa fille (ou plutôt dit par une fille à son père) est « tabou ». Interdit de l’inceste au niveau linguistique ?

    On apprend aussi dans cet épisode (N°4) que le même personnage a écrit une lettre d’amour à une de ses camarades de classe qui a été obligée de changer de nom et de changer de lycée pour échapper à la honte vingt ans plus tôt (l’histoire est censée se passer de nos jours). Quant à lui, il a été contraint d’abandonner le lycée 3 jours avant l’obtention de son diplôme d’entrée à l’université pour l’avoir écrite et est donc redevenu simple paysan.

    L’épisode précédent confirme enfin l’existence d’un code très précis de prononciation dans l’oral public sur lequel je m’interrogeais il y a quelque temps. Le personnage principal, chef de son village, dit qu’il doit « déclamer » son autocritique pour avoir provoqué une intoxication alimentaire de la population au cours d’un banquet.

    Connaissez-vous d'autres tabous linguistiques et d'autres conventions de diction ? Pouvez-vous éclairer le sens de ceux dont je parle ici ?
    Merci d'avance pour vos réponses !

  2. laoshi

    D'autres coutumes étonnantes apparaissent dans le feuilleton dont je vous parle depuis quelques jours.

    La "maîtresse de maison", recevant des invités de marque (en l'occurrence le chef de Canton), ne doit pas s'asseoir à table avec eux. Un des cadres du Parti proteste vigoureusement contre cette discrimination insupportable à l'encontre des femmes mais, pour les villageois, la coutume est plus forte que la doctrine du Parti.

    Plus étonnant encore, les fiançailles d'enfants semblent perdurer dans cette province qui pourrait être le Guangxi (mais je n'en suis pas certaine). Là encore, le Parti ne cautionne pas ce genre de pratique mais le fiancé éconduit tente néanmoins de faire valoir la coutume contre la loi.

    Savez-vous si ce genre de choses se rencontre encore de manière fréquente dans la paysannerie chinoise ? dans les minorités ? un peu partout ? En tout cas, tout le monde en Chine ne vit pas à l'heure de l'Exposition Universelle de Shanghai...

  3. michelem

    Je ne sais si l'on peut parler de coutumes quant à l'éviction de la "maîtresse de maison" lors d'un repas ...Le mari est un véritable tyran domestique, qui frappe femme et enfant , ne s'occupe pas d'eux, exige que les taches ménagères soient faites sans jamais participer ...Un macho qui méprise sa femme , en s'appuyant sur de soi disantes coutumes familiales ou paysannes ...Dans l'épisode 9, il conseille d'ailleurs à son frère de "mater" sa petite amie et de la soumettre afin qu'elle ne nuise pas à sa propre entreprise ...

  4. TINTIN 66

    bonjour ,
    @Laoshi et Michelem ,

    J’ai l'impression que votre feuilleton sur CCTV sur les us et coutumes paysannes est un cliché organisé d'après les fantasmes du metteur en scène (qui doit être un homme sans doute).

    En Chine, et à défaut de me faire contredire, c’est la femme "qui porte la culotte" aussi faible et petite soit-elle.
    A la campagne, elle tient comme en ville, les cordons de la bourse du foyer puisqu'elle est en charge de sa gestion alors même que son homme travaille dur dans les champs.

    Je pense que cette fiction n'est pas juste et semble influencer la juste réalité des choses.

    de la fiction à la réalité ....il faut toujours en prendre et en laisser,n'est ce pas.....

  5. laoshi

    Il n’est pas question, évidemment, de prendre un feuilleton pour argent comptant, Tintin ! Je n’aurais pas cette naïveté… le regard que porte le réalisateur citadin sur le monde paysan est certainement très peu réaliste et emprunt de bien des préjugés mais les spectateurs ne sont pas tous des citadins en Chine, ils appartiennent aussi au monde rural. Bien que les personnages soient souvent caricaturaux, je crois donc qu’il faut quand même que la représentation de la vie paysanne ait un minimum de rapport avec la réalité pour que les spectateurs du monde rural acceptent de se voir à travers une telle fiction ; en ce sens, les feuilletons, quelque médiocres qu’ils soient, sont un prisme (déformant mais très révélateur) pour découvrir une société.

    C’est justement parce que les coutumes évoquées (fiançailles des enfants par les parents, tabous sur les noms propres et sur les mots d’amour, statut de l’épouse) me semblent surannées et sont effectivement rejetées comme telles par les citadins de la fiction (fille allant à l’université, cadres du Parti), que je demande à ceux qui auraient la chance de connaître un peu la vie paysanne chinoise de nous les commenter.

    Concernant l’interdit pour l’épouse de s’asseoir à table en présence d’invités de marque, bien des coutumes du même type existaient en France et restaient très présentes dans l’imaginaire lorsque j’étais enfant. Les hommes en parlaient sur le ton de la plaisanterie comme pour souligner la grande générosité qu’ils avaient eux-mêmes à traiter désormais leurs épouses en égales, dignes de partager leur repas.

    Quant au mari chef d’entreprise, Michelem, je constate à regret qu’il pourrait très bien être français ! Beaucoup d’élèves me disent encore que leur père ne fait strictement rien à la maison au nom du partage traditionnel des tâches et beaucoup de garçons considèrent encore qu’il est parfaitement normal que les petites filles reçoivent à Noël des panoplies de ménagère avec serpillère, torchon à poussière, balai, etc. (regardez n’importe quel catalogue de jouets) tandis que les petits garçons ont la chance de découvrir le monde à travers des jeux de construction ou autre jeu créatif !

    Je ne connais pas assez la société chinoise pour réfuter l’affirmation selon laquelle « c’est la femme "qui porte la culotte" aussi faible et petite soit-elle » mais j’ai quand même quelques doutes concernant la répartition des tâches à la campagne. A vous entendre, Tintin, la femme tiendrait les « les cordons de la bourse » tandis que « son homme travaille dur dans les champs ». A en croire tous les reportages et tous les documents que j’ai pu voir ou lire sur la société paysanne, à en croire aussi le peu que j’ai pu voir en Chine même, les femmes travaillent aux champs aussi dur que les hommes ! Qu’elles gèrent le budget familial, comme vous le dites, ne signifie pas en tout cas qu’elles se dorlotent à la maison pendant que leur époux s’échine au travail ! Et le travail domestique, la cuisine, le ménage, la vaisselle, l’éducation des enfants, etc. continue probablement à leur incomber en grande partie, leur laissant sans doute moins de loisirs encore qu’aux hommes harassés, comme elles le sont aussi, par les travaux des champs. Comme disent encore aujourd’hui les Vosgiens lorsqu’ils quittent la table des repas de fête en laissant sans vergogne la vaisselle et le reste à leurs épouses, « les femmes au boulot, les hommes au bistrot » ! Mais il est vrai qu’ils ne sont pas chinois !

  6. michelem

    Tintin, avez-vous le temps de suivre des feuilletons Chinois ???
    Ils permettent, comme le dit Laoshi, de saisir,d'expliquer, de mettre en valeur ou de critiquer des faits de société, au travers de fictions (je sais que ce ne sont pas des documentaires !!!) .Les feuilletons Chinois que j'ai vu jusqu'à présent ,s'ils ne sont pas des chefs d'oeuvre cinématographiques, me semblent exister pour "éduquer" et pointer du doigt des erreurs corrigibles de façon individuelle ou avec l'aide de la société.Celui que nous regardons en ce moment aborde plusieurs problèmes (et cela prouve que les Chinois en ont conscience) Tout d'abord la pollution de l'eau causée par une entreprise, ensuite la corruption et les pots de vin versés, ou l'intimidation et le chantage exercés pour étouffer ce problème de pollution, enfin les rapports ville/campagne,homme/femme,père /fille. C'est assez caricatural, mais je pense que le but est d'être facilement compréhensible, par un maximum de personnes.Même s'il se déroule à la campagne, on ne voit pas de travaux des champs puisqu'il est dit que la majorité du village travaille à l'usine...Le droit des femmes est par contre evoqué à plusieurs reprises ...Ce qui est assez inquiétant d'ailleurs , car on pourrait penser que dans des endroits reculé, les traditions et les coutumes sont encore bien présentes.Dans ce feuilleton, la "maîtresse de maison",qui regrette de n'avoir aucun statut social, ne tient en tout cas pas les cordons de la bourse, elle se plaint même souvent de la pingrerie de son mari !!!
    Je ne pense pas que ces comportements soient spécifiques à la Chine, ils se rapprochent beaucoup , comme le dit Laoshi, de ce que l'on peut voir aussi chez nous ...J'aimerais, moi aussi, savoir s'ils sont exceptionnels ou encore si communs qu'il faut les montrer du doigt au travers d'une fiction afin de mieux les éradiquer ...

  7. LoFou
    TINTIN 66 En Chine, et à défaut de me faire contredire, c’est la femme "qui porte la culotte" aussi faible et petite soit-elle. A la campagne, elle tient comme en ville, les cordons de la bourse du foyer puisqu'elle est en charge de sa gestion alors même que son homme travaille dur dans les champs.


    Je connais des couples chinois ou le mari donne tout son salaire à sa femme et c’est elle qui gère tout et je connais d’autres couples ou le mari donne un peu d’argent à la femme pour faire les courses et c’est lui qui gère le reste. Je pense que la Chine c’est comme beaucoup d’autres pays on trouve toute les situations. Je ne pense pas que le cliché de la femme qui porte la culotte soit complètement juste.

  8. TINTIN 66

    @Laoshi et Michelem,
    mon propos n'était pas de mettre en exergue votre féminisme ou déclencher une révolution sociale d'idées. :^)
    Je parle de ce que j'observe voila tout.
    Et il est vrai que la femme chinoise (paysanne ou pas) a plusieurs cordes a son arc,travaillant souvent plus que l'homme (d'ou mon observation de "porter la culotte") et c'est aussi pour cela qu'en cas de séparation, les enfants et la maison lui sont confiés...ce n'est qu'un "juste" retour des choses...
    Quant aux feuilletons, entre pleurs, cris et grincements de dents, je préfère me contenter des fictions médiévales et vivre la réalité familiale sur place.
    Comme vous le sous-entendez, on ne peut pas tout savoir et encore moins être "juge et partie"....

    La vie est un grand écran ou nos yeux sont des objectifs tantôt grand angle ,tantôt macro, mais toujours télé chez les autres....

  9. Hebei

    Je ne connais pas assez la société chinoise pour réfuter l’affirmation selon laquelle « c’est la femme "qui porte la culotte" aussi faible et petite soit-elle ».
    Il faut préciser qu'il s'agit ici de la force et de la taille de la femme et non pas de celles de sa culotte.

    Ceci dit, les feuilletons sont très instructifs comme vous le pensez. Mais peut-être davantage sur ce que rêvent les gens que sur ce qu'ils vivent réellement. Il ne faut sans doute pas oublier que les chinois rêvent de modernisation à la mode des Etats-Unis et qu'il faut interpréter les messages des feuilletons comme intermédiaires entre Chine et USA plutôt que comme interprétation d'une réalité concrètement vécue.

    Bien amicalement

  10. laoshi

    Vous avez tout à fait raison Hebei ! C’est aussi parce que les feuilletons sont des vecteurs idéologiques plus révélateurs de l’imaginaire d’un peuple que de la réalité qu’ils sont censés représenter qu’ils me semblent intéressants à analyser sur ce forum dédié à la Chine et au chinois. Votre remarque sur les modèles américains est à ce titre fort intéressante (j'ai vu un feuilleton policier qui m'a fait mourir de rire tant il était une pâle imitation de ce que les Américains peuvent faire dans ce genre).

    Mais les feuilletons sont aussi une mine de renseignements factuels ; j’avais toujours rencontré le « kang » dans mes lectures, par exemple, je n’en avais jamais vu ! Dans le feuilleton dont nous parlons en ce moment, il est omniprésent chez les paysans ; la manière de s’y asseoir, d’y dormir, le mobilier qu’on y installe et qui l’accompagne, tout cela est plein d’intérêt et exempt de déformation idéologique….

    Sachant, grâce à Michelem, que le feuilleton se passe à Dongning dans la province de Hēilóngjiāng, une province au Nord-Est de la Chine, à la frontière russe, j’ai fait quelques recherches sur cette région et découvert que non seulement c’est « la province la plus froide de Chine », ce qui explique sans doute la survivance du kang, d’autre part une région qui tarde à se développer. Mais on apprend surtout dans Wikipédia que cette région est « réputée en Chine pour la qualité et l'originalité de ses comédiens humoristes pastichant la vie rurale chinoise. » On comprend alors pourquoi les mœurs paysannes apparaissent si caricaturales dans le feuilleton, ce qui nous en apprend autant sur l’idéologie chinoise dominante que sur les mœurs campagnardes.

    Pour répondre à Tintin cette fois, qui dit ne pouvoir supporter « pleurs, cris et grincements de dents » dans les feuilletons, je dirai que c'est l’une des choses qui m'ont le plus étonnée dans ceux que j’ai pu voir. Il est vrai qu’on y crie et qu’on y pleure beaucoup, littéralement à chaudes larmes ! Cette apparente propension pour les larmes est aussi est une « façon de faire», prise entre réel et imaginaire sans doute, qui me semble assez révélatrice de la culture chinoise.

    Je suis beaucoup moins convaincue par sa curieuse définition de l’expression « porter la culotte » et par son analyse des rapports hommes/femmes !

    TintinEt il est vrai que la femme chinoise (paysanne ou pas) a plusieurs cordes a son arc, travaillant souvent plus que l'homme (d'ou mon observation de "porter la culotte") et c'est aussi pour cela qu'en cas de séparation, les enfants et la maison lui sont confiés...ce n'est qu'un "juste" retour des choses...

    « Porter la culotte », que je sache, ce n’est pas trimer inlassablement au service d’un autre, mais bien plutôt régenter la maisonnée et usurper le pouvoir censé revenir « naturellement » à l’époux. Quant au « 'juste' retour des choses » qui consisterait pour les femmes à assumer l’éducation des enfants en cas de séparation, c’est encore la situation qui prévaut en France où les familles « monoparentales » sont massivement sous la responsabilité de mères paupérisées par le divorce et devant assumer seules, contre toute justice, l’éducation et l’entretien des enfants !

    Comme le disait Marx, « le prolétaire du prolétaire, c’est la femme du prolétaire », il semble que cela soit encore trop souvent vrai en Chine malgré l’émancipation sans précédent qu’a connue « l’autre moitié du Ciel » grâce, entre autres, comme le montre là encore notre feuilleton, à l'action et aux cadres du Parti.

  11. laoshi

    Encore un usage verbal intéressant découvert dans le dernier feuilleton de CCTV : le don d'un "nom de lait" à l'enfant à naître.
    A vrai dire, j'avais déjà lu dans Les Cygnes sauvages que les enfants chinois avaient plusieurs noms au cours de leur existence, un nom de naissance, un autre nom pour entrer à l'école et, éventuellement, un autre nom encore qu'ils pouvaient choisir tout seuls.
    Pouvez-vous nous en donner des exemples et nous expliquer la symbolique de ces noms ? Merci d'avance à ceux qui pourront le faire...

  12. laoshi

    J'avais entrepris de recenser ici les façons de dire et les façons de faire chinoises telles qu'elles apparaissent dans les feuilletons.

    Je reprends mon inventaire avec Xi Laile, médecin divin, un feuilleton plein d'humour actuellement rediffusé sur CCTV.

    J'y ai découvert que la manière de jouer à pile ou face à la chinoise diffère légèrement de la version française : dans le feuilleton, la pièce est placée sur la tranche, verticalement, et le joueur lui imprime un mouvement de rotation rapide sur cet axe vertical, il la laisse tourner sur elle-même un moment avant de l'aplatir de la main et de regarder le résultat.

    J'y ai découvert aussi que notre expression "faire la fine bouche" se traduirait à peu près par l'expression "être comme un chien qui refuserait de monter dans un palanquin" mais je n'ai pas pu noter la formule en chinois.

    On retrouve également dans ce feuilleton des expressions truculentes, que j'ai déjà entendues ailleurs : "te taire ne te rendra pas muet", ou "est-ce que le soleil se lève à l'ouest aujourd'hui ?" "sa présence raccourcit la vie" (cette dernière était pour moi inédite).

    Si quelqu'un peut me donner les traductions chinoises de ces expressions, je le remercie d'avance, qui sait, j'aurai peut-être plus de chance cette fois que lors de mes questions précédentes !

  13. laoshi

    Je continue mon inventaire concernant Xi Laile, en espérant que d'autres voudront bien l'enrichir de leurs observations :

    Le héros, Xi Laile, amoureux d'une belle tenancière de restaurant à laquelle il a promis de la prendre pour seconde épouse, recule au moment de rendre public son engagement. Il "bégaye comme un cochon qui gougloutte", lui reproche son apprenti, et la jeune femme, furieuse, lui apporte alors, au lieu des mets délicats auxquels il s'attendait, un plat spécialement fait pour lui : "coeur de cochon et foie d'âne".

    Les mets peuvent-ils donc ainsi prendre la place des mots pour lancer des insultes ? Ont-ils habituellement une signification symbolique ? A voir la place que les repas occupent dans tous les feuilletons que j'ai pu regarder, je me rends compte en tout cas que les Chinois ont un rapport à la nourriture très différent de celui qu'ont les Français (il n'y a pratiquement pas un épisode des feuilletons, quels qu'ils soient, qui ne mette en scène un repas !). Je lisais d'ailleurs, cet été, sous la plume d'un auteur sino-américain que "les Occidentaux mangent pour vivre tandis que les Chinois vivent pour manger".

    Je me demande aussi ce que signifie exactement cette expression "coeur de cochon et foie d'âne". Est-ce que le cochon est considéré comme un animal lascif ? Xi Laile est pourtant un amoureux transi plutôt qu'un amant entreprenant. Est-ce que l'âne est réputé pour sa couardise ?

  14. kim

    Je me demande aussi ce que signifie exactement cette expression [i]"coeur de cochon et foie d'âne".

    Je pense que le cochon n'a pas de coeur parce qu'il mange tout et n'importe quoi.
    Pour le foie d'âne, je ne sais pas.

    Merci pour toutes vos réflexions et tout ce que vous nous apprenez.

  15. FREDI

    merci beaucoup, Laoshi :)
    comme Kim, je trouve que vous nous apprenez beaucoup de choses.... même si je suis désolé de ne pouvoir contribuer à cette rubrique....
    :p

  16. michelem

    J'ai entendu une expression dans un autre feuilleton sur CCTV ,que j'ai trouvée très imagée .
    Dans l'épisode 7 du feuilleton "le camphrier", une des héroines s'inquiète d'une possible grossesse suite à un viol.Son amie lui dit "Ne te mets pas la rate en court bouillon" je n'ai pas eu le temps de noter en Chinois (ni les capacités ..)J'aimerais savoir si cette expression signifiant "ne t'inquiètes pas outre mesure" est souvent utilisée ...Quel équivalent lui donner en Français ??? Je pensais à "se faire un sang d'encre" ...

  17. laoshi

    Merci pour vos messages.

    Je suis sûre, Fredi, que, vivant avec une Chinoise, vous aurez l’occasion de nous apporter votre témoignage dans cette rubrique comme dans tant d’autres !

    Dans votre hypothèse, Kim, le cœur de cochon renvoie à la gloutonnerie plus qu’à l’appétit sexuel et cela serait cohérent avec le personnage de Xi Laile, dont la gourmandise est, avec la peur, le seul défaut. Il est vrai que Xi Laile est gourmet plus que gourmand mais l’insulte tend à effacer les nuances !

    L’expression notée par Michelem me fait néanmoins penser que tout cela est plutôt lié à la médecine populaire chinoise et/ou à l’acupuncture et à sa théorie des méridiens, du cœur, du foie, de la rate… Est-ce que la peur serait liée à celui du foie, l’inquiétude à celui de la rate et le désir sexuel, comme l’amour, à celui du cœur ?

    Dans une telle hypothèse, le cœur ne serait pas, pour les Chinois, le siège de toutes les émotions et il serait intéressant de les répertorier en les associant les unes et les autres à l’organe correspondant. Je note d'ailleurs que le foie était, pour les anciens Grecs, le siège des affects (dont la peur) et des désirs (gourmandise et sexualité entre autres) alors que le cœur était le siège de la partie agressive de l’âme, l’organe du courage et de la volonté. L'expression française," avoir les foies", synonyme d'"avoir la trouille", montre qu'il nous reste quelque chose de ces croyances anciennes....

  18. TINTIN 66
    michelemJ'ai entendu une expression dans un autre feuilleton sur CCTV ,que j'ai trouvée très imagée . Dans l'épisode 7 du feuilleton "le camphrier", une des héroines s'inquiète d'une possible grossesse suite à un viol.Son amie lui dit "Ne te mets pas la rate en court bouillon" je n'ai pas eu le temps de noter en Chinois (ni les capacités ..)J'aimerais savoir si cette expression signifiant "ne t'inquiètes pas outre mesure" est souvent utilisée ...Quel équivalent lui donner en Français ??? Je pensais à "se faire un sang d'encre" ...

    je pense que cette expression Ne te mets pas la rate en court bouillon" est bien une expression française.J ai entendu moulte fois mon grand père l utilisait dans la version que vous avez donné Michelem.....

    elle pourrait servir de préambule à la célèbre chanson ( dont je ne me rappelle plus l auteur) :
    " j ai la rate qui se dilate, j ai le foie qui ne va pas...."+o(

  19. laoshi

    Je me posais la question, Tintin, vous donnez la réponse.

    Reste à savoir si l'expression chinoise ainsi traduite est du même tonneau... Seul un Chinois ou quelqu'un qui parle bien le mandarin pourrait nous le dire (c'était, je crois, l'épisode 15 de Xi Laile mais je n'en suis pas certaine).

    Au fait, la chanson que vous mentionnez était, si mes souvenirs sont bons, d'Ouvrard et s'intitulait "je ne suis pas bien portant"

  20. michelem

    "se mettre la rate au court bouillon"

    Je n'avais jamais entendu cette expression , c'est pourquoi je la croyais chinoise.En cherchant un peu, j'ai trouvé que la rate se mettait à toutes les sauces !!!

    se dilater la rate : [Familier] rire très fort.
    se fouler la rate : [Familier] se fatiguer, s’épuiser. Aujourd’hui il ne s’est pas foulé la rate, il est resté au lit toute la journée.
    tomber sur la rate à qqn : [Québec][Familier] énerver qqn en le rendant incapable de nous supporter. Ton frère me tombe sur la rate avec ses conseils.

  21. FREDI
    laoshi

    Au fait, la chanson que vous mentionnez était, si mes souvenirs sont bons, d'Ouvrard et s'intitulait "je ne suis pas bien portant"

    Merci Laoshi, pour la référence de cette chanson désopilante de Gaston Ouvrard ..... datant de 1934 !

    Je sais, c' est un peu hors sujet, mais je ne résiste pas au plaisir de la diffuser....:D

    voici la vidéo...par Gaston Ouvrard.
    en plus de la drôlerie, quelle prouesse de chanter cela ! (y):p

    [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=4wsdksMsbUI[/youtube]

  22. laoshi

    Le cas de ce conscrit aurait été sans doute une énigme pour la médecine chinoise !

    Je reviens à Xi Laile et à l'insulte qu'il subit : je viens de revoir l'épisode dedont je parlais plus haut, l'expression complète est 猪心驴肝狗肺
    [zhū xīn lú gān gǒu fèi] (coeur de cochon, foie d'âne et poumon de chien).

    En consultant internet, j'ai trouvé qu'en effet, comme je le pensais, il y a bien une liaison entre ces organes et les composantes psychiques du sujet :

    le coeur gouverne la conscience (shen) et détermine son aptitude à la parole et à la joie ; le foie gouverne l'âme psychique (hun), dont dépend la force de caractère de l'individu, et détermine son aptitude à la colère ; le poumon gouverne l'âme corporelle (po), dont dépend l'apparence physique, et détermine sa propension à la tristesse. On retrouve d'ailleurs ici les trois âmes dont j'ai parlé dans le sujet sur les fantômes.

    Reste à savoir à quels défauts et à quelles qualités chacun des animaux cités est associé dans la caractérologie chinoise, une question que je vous invite à traiter dans le bestiaire de la langue.

  23. laoshi

    Je suis très frappée, toujours dans les feuilletons, de la propension des personnages à parler d'eux-mêmes à la troisième personne. Il n'est pas rare, par exemple, de voir une mère dire à son grand fils "maman a eu tort", "maman veut ton bien", etc... Ou bien le personnage s'appelle par son propre nom et fait le récit de ses exploits ou de ses mésaventures.

    Avez-vous noté ce trait linguistique dans vos échanges réels avec les Chinois ?

  24. FREDI

    @ Laoshi :

    oui, en effet, mon épouse utilise cette formulation à la 3è personne..... parfois...je ne sais pas du tout si c' est une transposition de ce qui se fait en chinois....
    j' ai simplement pensé que cela lui était propre ;)
    de là à généraliser...je ne me permettrais pas !! :)

  25. michelem

    Je ne sais si le fait d'utiliser la 3° personne est vraiment spécifiquement Chinois. Il est vrai que l'on rencontre souvent "Maman fait cela..." "Maman te demande..." adressés à des enfants qui de toute évidence sont en âge de comprendre le "Je".

    Mais cette façon de parler à son enfant existe aussi chez nous, il suffit d'aller à la sortie des classes pour l'entendre. Il me semble que c'est une mauvaise habitude qui perdure, celle de se considérer en premier comme maman, d'oublier le "Je" ,le "moi", en pensant simplifier ainsi la communication avec son enfant.

    Par contre, je n'ai pas remarqué dans les feuilletons que j'ai vus cette propension à narrer ses aventures à la 3° personne ...

  26. TINTIN 66

    j ai remarqué aussi ma femme s adressait à notre enfant à la 3e personne : maman part travailler, papa fait la cuisine,nai nai va te garder, yéyé va te porter....

    cela n' est pas dérangeant et sert uniquement de commentaire sur une ou des activités faites par une personne pour la nommer et la faire reconnaitre par l' enfant ( ou le bébé dans notre cas).

    cela permet d 'associer la parole au geste ,l 'écoute au visuel....tout pour un bon développement sensoriel et social;)

  27. laoshi

    Quand je parle de "grands enfants", Tintin, je ne parle pas d'enfants qui ont l'âge de votre petit garçon ! Cette habitude existe aussi en France et contribue à l'apprentissage de la langue ; je ne parle pas non plus d'enfants de l'école primaire, Michelem ! je parle de grands adolescents, voire de jeunes mariés (si mes souvenirs sont bons dans Belle-Mère, Belle fille).

    Quant au nom propre, pour les adultes, il me semble précédé le plus souvent de la première personne "wo Xi Laile", par exemple, mais il me semble aussi parfois suivi de la troisième personne.
    Mais il est vrai que tout cela va bien vite pour mes oreilles autant que pour mon cerveau et que je peux me tromper !

  28. TINTIN 66

    @ Laoshi,
    il y a des habitudes qui ne se perdent pas et vous pourrez constater que , même en France, l adulte de 40 ans reste toujours l enfant et le bébé à sa maman quoiqu il arrive et plus les 2 prennent de l âge, et plus la maman aime à se rappeler ou à rappeler à sa progéniture qu il ou elle restera toujours son bébé.
    rien d étonnant alors que de parler à la 3e personne par atavisme nostalgique.;)(cn)

  29. michelem

    Ne pensez-vous pas que le fait de parler de soi à la troisième personne, pour une mère, est une façon de continuer à avoir un certain contrôle moral sur ses enfants(même grands !!!) une façon de leur rappeler le lien qui les unit et l'autorité qui en découle? ce n'est pas parler d'égal à égal, mais en usant de sa position hiérarchique , en demandant le respect dû aux parents, en considérant le jeune adulte comme étant encore incapable de voler de ses propres ailes...

  30. TINTIN 66
    michelemNe pensez-vous pas que le fait de parler de soi à la troisième personne, pour une mère, est une façon de continuer à avoir un certain contrôle moral sur ses enfants(même grands !!!) une façon de leur rappeler le lien qui les unit et l'autorité qui en découle? ce n'est pas parler d'égal à égal, mais en usant de sa position hiérarchique , en demandant le respect dû aux parents, en considérant le jeune adulte comme étant encore incapable de voler de ses propres ailes...
    oui tout à fait Michelem, entièrement d accord avec vous dans cette interprétation(y)
  31. laoshi
    Michelem je n'ai pas remarqué dans les feuilletons que j'ai vus cette propension à narrer ses aventures à la 3° personne ...

    Sachant, que comme moi, vous êtes une fidèle des feuilletons, je croyais, après votre intervention, m'être trompée sur cette utilisation de la 3° personne en dehors du cas de la mère parlant à ses enfants (et je partage évidemment votre analyse concernant les grands enfants). Mais je viens de retrouver cette utilisation de la troisième personne dans le feuilleton que diffuse actuellement CCTV : Beauté muette.

    Une jeune fille (l'héroïne) y parle d'elle-même à un notable en utilisant son prénom : "Chrysannette n'a pas été à l'école", lui dit-elle. (Si mes souvenirs sont bons, cela doit être dans l'épisode n° 14).

    Il est vrai que l'intrigue est contemporaine de la guerre sino-japonaise et que cet usage doit être aujourd'hui relégué au magasin des antiquités ! Je suppose que cela est à peu près identique à l'emploi de la troisième personne en lieu et place de la deuxième personne par les domestiques de la bourgeoisie du XIX° siècle ou du début du XX° siècle.

  32. michelem

    Je n'ai pas encore regardé cet épisode , je ferai attention !!!

    Dans quel contexte cette phrase est-elle prononcée ??? Ce peut-être pour insister, un peu comme lorsque des ténors politiques disent "Moi, XXX,... " ou pour répéter ce qui est une évidence dans le cas de Chrysanthème ...

    Il arrive aussi que l'on "se parle" pour se convaincre , et que l'on utilise alors la troisième personne ou son prénom pour le faire ...cela m'est déjà arrivé dans des situations périlleuses " Allez XXX, tu y vas ..." !!!

  33. laoshi

    Le contexte est celui-ci : Chrysanthème, rebaptisée "Chrysannette" pour cacher son identité réelle, vient de dire quelque chose qui met la puce à l'oreille à son patron (ou plutôt au mari de sa riche cliente). Il lui demande ce qu'elle veut dire et elle se défend de tout sous-entendu par cette phrase.

    Les personnages se parlent souvent aussi à la deuxième personne en employant leur propre prénom, mais cela, nous le faisons aussi, comme vous le remarquez.

  34. michelem

    Dans ce contexte, c'est un peu logique...puisqu'elle parle d'une personne "inventée" pour dissimuler qui elle est vraiment !!! Un peu comme un dédoublement de personnalité ...;)

  35. FREDI

    un feuilleton avec "Chrysannette" et lotus; sur CCTV F ? (sous titré en français )

    je crois que ma belle-mère le regarde souvent, sur CCTV F vers 19h le soir... (en France). :)
    Quel est le nom de ce feuilleton ?

  36. michelem

    Le feuilleton actuel s'intitule "La beauté muette" .L'intrigue est assez complexe mais très intéressante. Il est diffusé à 1h10, 7h10, 13h10 et 19h10 (heures de Beijing) Tant que nous ne passons pas à l'heure d'hiver, on peut conserver ces horaires ...

    La beauté muette

    PS ...En fait, le visionnage de ces feuilletons me permet d'entendre du chinois, de m'imprégner du son, mais le sous-titrage m'est encore indispensable pour saisir le sens !!! ;)

  37. laoshi

    @Michelem

    MichelemDans ce contexte, c'est un peu logique...puisqu'elle parle d'une personne "inventée" pour dissimuler qui elle est vraiment !!!

    Oui, il y a peut-être de cela aussi mais une nouvelle occurrence de la troisième personne employée par le sujet apparaît dans l'épisode 17, toujours dans un contexte où une inférieure s'adresse à une personne de haut rang : c'est la petite coiffeuse Lotus, cette fois, qui s'adresse à Mme Wu, sa riche cliente et patronne. Elle lui dit quelque chose comme "si vous n'avez plus besoin de Erqu, Erqu va partir' (Erqu xian zou le) . Les sous-titres donnent "je vais rentrer".

    @Fredi

    Voulez-vous nous rejoindre dans le club des fidèles du feuilleton de CCTV, Fredi ? Vous verrez que vous y découvrirez beaucoup de choses (même quand ils ne sont pas d'une qualité extraordinaire) et que vous y apprendrez facilement un peu de chinois ; cela ferait sans doute plaisir à votre femme !

    Vous pouvez retrouver les épisodes précédents sur le site de CCTV et voir la suite en direct !

  38. michelem

    Je rejoins Laoshi pour vous inviter aussi à suivre ces feuilletons sur CCTV,mais je suis un peu plus sceptique sur le mot "facilement"!!! Disons que pour une "apprenante" comme moi, c'est toujours très réjouissant de pouvoir reconnaître des expressions, des mots, et même parfois des phrases que l'on a étudiés !!! :)

    Ces feuilletons , d'une qualité très inégale , montre aussi des aspects de la Chine ,contemporaine ou classique, intéressants à connaître. Ils sont très pédagogiques aussi, les messages à l'adresse des téléspectateurs sont vraiment évidents ,ce qui est parfois assez drôle.

  39. laoshi

    J'ai dit "un peu", Michelem ! Mais ce peu est déjà beaucoup pour qui a la volonté d'apprendre....

  40. FREDI
    laoshiJ'ai dit "un peu", Michelem ! Mais ce peu est déjà beaucoup pour qui a la volonté d'apprendre....

    Laoshi et Michelem, :) ; je me doute que ce n' est pas si simple.... je n' ai pas entrepris réellement l' étude du chinois....mais je sais un peu de quoi il s' agit !
    ce que je peux vous dire c' est que chez nous la chose se complique, puisque mon épouse est cantonaise..... et parle cantonais.
    même si elle comprend et parle le mandarin, qu' elle a utilisé dans ses études, elle considère toutefois la langue officielle chinoise comme une langue étrangère (c' est elle qui le dit )....
    A part sur le plan "scolaire" elle ne l' avait jusqu' à présent pas beaucoup utilisé, et paradoxalement a beaucoup amélioré son mandarin depuis qu' elle est en France... pour parler avec ses compatriotes chinoises de Toulon (il y a peu de cantonaises..)
    et le cantonais, croyez moi..... c' est pas facile du tout, surtout pour les tons et la prononciation...
    Quant à ma belle-mère, elle parle uniquement cantonais et comprend un peu le mandarin, mais sans trop pouvoir répondre...même pour des programmes TV, elle a du mal a suivre un film chinois.
    Nous avons d' ailleurs souscrit à un bouquet de chaines chinoises (pack "grande muraille" ) dont une seule parle cantonais : Guangdong TV5...
    Paradoxalement, comme elle aime beaucoup les feuilletons télévisés, elle aime bien suivre les feuilletons dont nous parlons !
    donc, le plus souvent en cantonais sur Guangdong TV, mais aussi ce feuilleton sur CCTV.....même si elle ne comprend pas tout.

    en ce qui me concerne, ce serait amusant , en effet, de suivre ces feuilletons (il y en a tant , en chine, je crois... c' est très populaire ) mais je n' ai pas souvent beaucoup de temps libre aux heures de diffusions...;)
    il faut bien gagner le riz que nous mangeons, n' est ce pas ? :)
    mais j' en vois quelques uns parfois... et quand c' est sur CCTV F, je peux suivre un peu ! :)

  41. laoshi

    Je me suis trompée de prénom, dans mon précédent message, j’ai écrit « Erqu » au lieu d’ « A Lian» (c’est du moins ce que j’entends, la traduction est « Lotus »).

    J’ai eu aujourd’hui un nouvel exemple d’emploi de la troisième personne
    Cette fois, c’est Chrysanthème, Erqu, qui parle avec sa maîtresse, Mme Wu, et s’adresse à elle à la troisième personne pour refuser fermement un cadeau : « Chrysanthème n’a pas besoin de ce tissu », dit-elle ; la traduction dans les sous-titres, est « je n’ai pas besoin … ».

    Mais ce qui m’a surprise, c’est que Mme Wu lui répond également en parlant d’elle-même à la troisième personne ; elle lui dit à peu près ceci : « le seigneur a dit à la maîtresse qu’il était content (laoye gaosu le taitai hen gaoxing) »; la traduction, dans les sous-titres, est, encore une fois, à la première personne : « mon mari m’a dit qu’il était très content ».

    J’en conclus que, contrairement à ce que je croyais, cet usage est indifféremment employé par un supérieur parlant à un inférieur et par un inférieur parlant à un supérieur mais je crois qu’il s’agit d’un registre soutenu, d’une marque de déférence et de politesse.

    @Fredi
    Je vois que vous en savez beaucoup plus que vous ne le disiez jusque là ! Si vous le souhaitez, nous pourrions ouvrir une rubrique "feuilleton" sur le forum. Qu'en dites-vous ? Je pense que Michelem serait aussi partante pour participer !

  42. michelem

    Pourquoi pas ...

    Rassurez vous Fredi, même si je suis fidèle aux feuilletons proposés par CCTV F, j'ai encore bien besoin des sous-titres pour comprendre !!! De plus, selon la région où se déroule l'histoire, les accents et la prononciation varient !!! La vitesse de la parole et la longueur des phrases sont souvent des critères supplémentaires pour la compréhension !!!

    Par contre, CCTV F n'a pas encore proposé de feuilletons en Cantonais !!! ;)

  43. laoshi

    Chacun connaît la cérémonie du thé japonaise, le cérémonial chinois est moins connu.

    Le feuilleton que diffuse actuellement CCTV (La Beauté muette) en donne un aperçu intéressant (je ne me souviens plus du numéro de l'épisode, malheureusement) et confronte même les deux.

    On y apprend aussi que les connaisseurs sont capables de reconnaître un thé qui a été "cueilli après la fête des morts", ce qui n'a pas l'air d'être de bon augure (épisode 24).

  44. michelem

    Je n'ai pas encore vu cet épisode, mais j'ai remarqué, dans ce feuilleton, une autre façon de boire le thé : directement au bec de toutes petites théières.
    Loin de tout cérémonial !!! ;) C'étaient des hommes qui se comportaient ainsi ...

  45. FREDI

    Laoshi, je ne sais pas si j' ai vu l' épisode n° 24.... :p..... mais cela me fait penser, quand je vois des extraits de ce feuilleton, qu' ils ont des services à thé superbes... je l' ai fait remarquer à ma femme...:)

  46. laoshi

    @Michelem
    Oui, apparemment, c'est une manière exclusivement masculine de boire le thé ; c'est aussi une chose que l'on voit souvent dans Xi Laile et ailleurs et j'ai déjà trouvé ce genre de théière dans des boutiques asiatiques à Paris... Merci d'indiquer le numéro de l'épisode quand vous l'aurez vu !

    @ Fredi
    Oui, les décors et les accessoires de ce feuilleton, qui se passe à Suzhou, sont superbes.

  47. laoshi

    Comment prête-t-on serment en Chine ? Dans l'épisode du feuilleton que je viens de voir (La Maison des beautés, n°28), une jeune femme jure à son mari de tout faire pour qu'il ne regrette jamais de l'avoir épousée ; elle joint le geste à la parole et lève la main gauche, le pouce replié posé sur le petit doigt, les trois autres doigts tendus. Ce geste est-il encore utilisé ou bien appartient-il à l'ancien régime (le feuilleton se passe au début du XX° siècle) ?

    Je crois qu'elle dit en même temps 发誓 (en fait, je me souviens seulement du premier mot qu'elle a prononcé, le deuxième, je l'ai trouvé dans le dictionnaire de CI).

    Dans le feuilleton précédent, un jeune communiste faisait jurer à sa petite amie qu'elle ne trahirait pas le Parti, elle le faisait poing fermé, peut-être en relation avec une gestuelle typiquement communiste.

    Connaissez-vous l'un ou l'autre de ces serments ? Pouvez-vous nous indiquer les mots et les gestes les plus couramment utilisés ? Merci d'avance !

  48. laoshi

    Dans le dernier feuilleton de CCTV, La Saga d'une famille aristocratique, il est question de "l'anniversaire des fleurs".

    Si mes souvenirs sont bons, il est célébré, selon les régions, le 8°, le 12° ou le 15° jour de la deuxième lune. Connaissez-vous cette fête et les rites qui lui correspondent ?

  49. laoshi

    Je viens d'apprendre, dans l'épisode 12 du feuilleton actuel, L'Etoile du bonheur sonne à notre porte, l'existence d'une superstition intéressante : pour chasser la maladie de chez soi, on jette les résidus de plantes médicinales devant sa porte, le passant qui marche sur ces détritus emporte la maladie avec lui. Quelqu'un connaissait-il cette superstition ?

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