Sommet de la FAO

03/06
Début à Rome du sommet de la FAO ( Food and Agriculture Organisation )axé sur la lutte contre la flambée des prix.
Quelques pistes de discussions :
-Imposer un moratoire sur les biocarburants
-Appliquer le principe de souveraineté alimentaire
-Réinvestir massivement dans l'agriculture
-Repenser la gouvernance des institutions

Le sommet dure trois jours ,à suivre pour "entendre" et "comprendre" les voix souvent divergentes des pays riches et celles des pays émergents ou du Sud .

D'après Libération ,MSN actualités

24 réponses

  1. neinei

    un moratoire sur le biocarburants, completement idiot au moment ou le prix du petrole flambe.

  2. Marleux

    Qu'est-ce que vous entendez par "complétement idiot" ?

    De nombreux pays encouragent par des aides financières les cultures pour produire des bio-carburants au détriment des cultures visant à nourrir les populations. Moi ça m'interpelle.

  3. michelem

    Peut-on moralement défendre la transformation de terres "nourricières" en "productrices de bio carburant" alors que des milliers de personnes meurent de faim et que la production de bio carburant fait grimper le prix des céréales ? Ne doit-on pas plutôt revoir notre façon de vivre et de consommer ? Je suis choquée de voir des champs entiers de maïs ou de colza partir en fumée dans les 4x4 américains et furieuse de constater que les spéculateurs s'engraissent sur la misère du monde .
    Les bio carburants sont vraiment une idée de riches .Ils ne limitent au plus que de 3% les émissions de gaz à effet de serre ...On a beau jeu d'accuser ensuite les pays émergents d'être responsables ...

  4. neinei

    je dit idiot de faire un moratoire sur le bio

    En Chine, il existe à l’heure actuelle plus de 100 usines fabricant du biodiesel.
    La production, d’ici la fin 2006, aura comptabilisé plus de un million de tonnes pour cette année.
    Mais dans le domaine de l’alimentation, le potentiel n’est pas négligeable : avec une consommation de 22 millions de tonnes, la Chine récupère tous les ans 4.5 millions de tonnes d’huiles usagées, qui pourront être utilisées pour la fabrication de biodiesel.
    La particularité de l’industrie chinoise du biodiesel tient justement à cette caractéristique : contrairement aux américains, ou aux européens, qui comptent sur l’approvisionnement en matière végétale “première source” provenant de l’agriculture (ce qui pose quelques problèmes de rendement…), les chinois se sont spécialisés dans la transformation des huiles de friture pour monter leur industrie du biodiesel.

  5. lililele

    Pour la chine la question du carburant est encore plus importante qu'en europe car notre marché automobile est en pleine expansion, les questions des énergies sont à mon avis l'enjeu du XXIème siècle (et hélas le plus fort risque de conflit entre états:().

  6. jiaozi

    c'est vrai neinei ,il est plus intelligent de transformer des huiles usagées .
    mais pourquoi les europeens et les américains ne le font pas , au lieu de fabriquer du biocarburant vegetal ou d'epuiser les ressources naturelles comme cela va etre le cas en artique ? mais a qui appartient l'artique?

  7. michelem

    Economiquement,il est en effet très intelligent d'utiliser les huiles usagées ( valorisation des déchets ,proximité des sources d'approvisionnement ,coût moindre )Et c'est là que les grandes compagnies pétrolières interviennent .Elle ne contrôlent pas le processus ,du moins pas encore .En France ,il est interdit d'ajouter de l'huile dans le diesel (après bricolage du moteur,mais là,je ne sais pas trop ) De rares municipalités le font mais c'est une tolérance .Certains particuliers le font en toute illégalité .
    Il faut bien distinguer les biocarburants (très à la mode )produits par ces compagnies transnationales et utilisant des végétaux qui pourraient nourrir le monde ,de ceux produits à partir d'huiles de friture .
    Ce sont les premiers qu'ils faut banir .Non seulement ils participent peu à la diminution des gaz à effet de serre ,mais ils affament des populations entières .
    Lire à ce sujet l'essai de J. Ziegler "l'empire de la honte" éditions Fayard

  8. neinei

    Michelem, j'ai donner simplement un exemple, mais en Chine on fait aussi du carburant avec de la frigolite et du plastique.

    De l'electricite avec la paille de riz, plus les eolienne et le solaire, quant le reste du monde va imiter cela ????

  9. michelem

    C'est vrai qu'en Chine ,beaucoup de solutions alternatives sont déjà mises en oeuvre ,mais ils n'ont pas la pression des grandes compagnies pétrolières qui font tout pour freiner l'innovation tant qu'ils ne peuvent la contrôler .Trop d'intérêts financiers sont en jeu !!!
    6 millions d'enfants qui meurent de faim ne font hélas pas le poids face à une poignée de spéculateur .
    J'ai vu hier à la TV un reportage en Egypte ou la femme d'un riche homme d'affaire disait sans ciller que les émeutes pour le pain n'étaient que des rumeurs !!!
    Je souhaite à la Chine de réussir sur la voix qu'elle a choisi .

  10. Daniel.C
    michelemPeut-on moralement défendre la transformation de terres "nourricières" en "productrices de bio carburant" alors que des milliers de personnes meurent de faim et que la production de bio carburant fait grimper le prix des céréales ? Ne doit-on pas plutôt revoir notre façon de vivre et de consommer ? Je suis choquée de voir des champs entiers de maïs ou de colza partir en fumée dans les 4x4 américains et furieuse de constater que les spéculateurs s'engraissent sur la misère du monde . Les bio carburants sont vraiment une idée de riches .Ils ne limitent au plus que de 3% les émissions de gaz à effet de serre ...On a beau jeu d'accuser ensuite les pays émergents d'être responsables ...

    Rendons la terre aux paysans qui eux savent très bien l'utiliser à nourrir le monde !

    Ce riche savoir-faire des paysans du Sud

    Par Marc Dufumier
    Professeur à l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INAPG).

    Parmi les 6,5 milliards de personnes qui peuplent notre planète, plus de 850 millions ne mangent pas à leur faim, et près de 2 milliards souffrent de malnutrition, faute de disposer de protéines, vitamines et éléments minéraux en quantité suffisante. Les compagnies semencières transnationales affirment que les plantes génétiquement modifiées (PGM) pourraient contribuer à la résolution de ce problème. Quelle crédibilité accorder à leurs propos ?

    Les populations dont l’alimentation est insuffisante sont, pour plus des deux tiers, des familles paysannes minifundiaires (petites propriétés) équipées d’outils exclusivement manuels et dotées de systèmes de culture et d’élevage insuffisants pour se nourrir elles-mêmes ou pour permettre des achats alimentaires. Auxquelles s’ajoutent celles qui, appauvries ou endettées à l’extrême, s’entassent dans les bidonvilles sans y trouver d’emplois rémunérateurs. C’est donc bien par un accroissement de la productivité et des revenus agricoles des paysans les plus pauvres que l’on parviendra à réduire la prévalence de la faim et de la malnutrition dans le monde.

    Mais rien n’indique que le recours aux PGM permette d’atteindre cet objectif. D’un point de vue technique, les solutions prioritaires doivent associer les cultures combinant diverses espèces et variétés, complémentaires dans l’espace et dans le temps, de façon notamment à :

    – intercepter au mieux les rayons solaires et transformer ainsi le maximum d’énergie lumineuse en calories alimentaires, par la voie de la photosynthèse ;

    – produire des protéines par la fixation de l’azote de l’air, grâce aux légumineuses avec lesquelles des bactéries fixatrices peuvent vivre en symbiose ;

    – favoriser l’exploration maximale des sols par les racines et les transferts verticaux de minéraux vers la surface, via la production de biomasse aérienne, la chute des feuilles et leur décomposition dans la couche arable ;

    – assurer une couverture végétale maximale des terrains, et les protéger ainsi de l’agressivité des agents d’érosion (pluies tropicales, eaux de ruissellement, vents violents, etc.) ;

    – apporter le maximum de matières organiques sur les champs cultivés et favoriser ainsi la production d’humus en leur sein ;

    – faire barrière à la propagation et à la prolifération d’éventuels insectes prédateurs et agents pathogènes.

    Des variétés rustiques, survivant en conditions aléatoires, permettent de limiter les risques de très mauvaises récoltes, ce qui est crucial pour les paysans précaires. En témoigne le succès récent du riz pluvial Nerica en Afrique de l’Ouest. Issue d’une hybridation classique entre des espèces de riz africaine et asiatique, cette variété, riche en protéines, résiste bien aux sécheresses... sans modification génétique.

    De même, il conviendrait d’associer agriculture et élevage, de façon à valoriser les résidus de culture dans l’alimentation des troupeaux, et à utiliser les déjections animales pour la fabrication de fumier sans transports excessifs. Mais encore faudrait-il que les paysans aient accès aux moyens de production nécessaires : animaux de trait, charrettes pour le transport des matières organiques, terres en quantités suffisantes, etc. Il s’agit là bien davantage d’un problème de répartition des ressources que d’une affaire de génétique.

    Les paysanneries du tiers-monde disposent d’un savoir-faire « naturel » sous-utilisé. Ainsi en est-il des associations de culture dans les « jardins créoles » d’Haïti et dans de nombreuses îles des Caraïbes. De même, certaines sociétés de l’Afrique soudano-sahélienne emblavent leurs céréales sous des parcs arborés d’Acacia albida, légumineuse dont le feuillage constitue un excellent fourrage pour les animaux, et sert aussi à la fertilisation des sols. Les paysans du delta du fleuve Rouge, au Vietnam, cultivent, dans leurs rizières, des algues aquatiques qui favorisent des cyanobactéries contribuant à la fertilisation azotée des sols. Et l’élevage de canards n’est-il pas un moyen efficace de lutter contre les insectes prédateurs du riz ?

    Certes, tous ces systèmes sont perfectibles, et les agronomes ne manquent pas de travail, à la condition de reconnaître les écosystèmes souvent complexes dont on doit toujours ménager les diverses potentialités productives.

    De ce point de vue, rien n’indique que la génétique soit le facteur limitant de la production et des revenus agricoles, et que les OGM puissent être utiles aux paysans pauvres. Les multinationales auraient-elles massivement investi dans la mise au point de PGM, pour céder ensuite leurs semences aux paysans les moins solvables du tiers-monde ? Les semences de soja, de maïs et de coton transgéniques sont utilisées dans les pays du Sud, au sein de grands latifundia au Brésil, en Argentine et en Afrique du Sud. On ne sache pas qu’elles aient mis fin à la misère des paysans sans terre et des populations des favelas et des bantoustans...

  11. michelem

    Votre article montre qu'avec un peu de bon sens et un retour à des cultures vivrières maitrisée on pourrait nourrir la Planète .
    Le problème des semences OGM ,outre le fait que l'on ne connait pas encore leurs incidences à long terme sur la santé,est qu'elles empêchent toute autonomie et contrôle aux paysans qui les utilisent .Ils deviennent entièrement dépendants des compagnies type Monsanto,qui leur fournit des semences stériles et doivent s'approvisionner chaque année (de plus en plus cher) s'ils veulent continuer à produire .
    De plus,le type d'agriculture est imposé ,loin des besoins réels des populations.
    PS :Le sommet de la FAO ne réglera rien,les conclusions sont écrites avant même les débats ...
    Quelques voeux pieux qui n'empêcheront pas de mourir ...
    Lamentable

  12. lililele

    L'article est très intéressant et très technique (j'ai appris plusieurs nouveaux mots, merci!). Par contre, je n'ai pas compris, c'est une blague française où c'est vraiment le nom de ce monsieur? :

    Par Marc Dufumier Professeur à l’Institut national agronomique
  13. Cha

    lililele, je suis morte de rire moi aussi!!!!!!

  14. michelem

    Trop à la lecture du texte ,je n'avais pas remarqué le nom de l'auteur ...Si ce n'est pas un gag ,ce monsieur était prédestiné à travailler dans l'agronomie !!!:)
    Entendu ce soir un spécialiste (nom???) dire qu'il fallait absolument arrêter de vendre des produits subventionnés aux pays pauvres mais leur permettre de devenir indépendants au niveau alimentaire ...Cele me rappelle une citation ou il était question de poissons et de pêcheurs ....

  15. neinei

    bravo moi aussi je n'avais pas fait attention au nom, si c'est pas un gag, c'est bien imiter

  16. lililele

    Si ce n'est pas une plaisanterie c'est vraiment un drôle de hazard. Quand je pense que mon mari trouve parfois ridicule certains prénoms chinois que je lui traduis, je trouve que les noms français sont pour certains pas mal non plus:p

  17. michelem

    Ne nous moquons pas du nom de ce monsieur qui existe peut-être vraiment ...si ce n'est une farce de mauvais goût .
    Le sommet de la FAO vient de se terminer et les conclusions,et les conclusions sont navrantes .

    "L'objectif est de réduire de moitié la faim dans le monde d'ici 2015"
    Sachant que 850 millions de personnes meurent de nos jours ,cela signifie que la mort de 400 millions au moins est prévisible !!! Et que rien n'est fait dans l'urgence ,encore moins dans le long terme en leur permettant de subvenir à leurs besoins ...

    "Des études approfondies sur l'impact des biocarburants vont être menées"
    Mais leur production a été âprement défendue par les USA et le Brésil qui sont les principaux utilisateurs ...
    Il n'est pas question non plus des OGM dans le texte final .

    Question subsidiaire :
    Combien a coûté ce sommet ? Combien de personnes auraient pu être nourries avec cet argent dépensé en parlottes inutiles ?
    Je suis un peu écoeurée ...

  18. neinei

    bonne question Michelem, mais cela est valable pour toute les grande organisation, ONU, unicef...etc
    en realite aucun gouvernement ne veut faire marche arriere trop d'interet economique en jeux (petrole)
    ne pas oublier que les gouvernement se sucre la dessus

  19. michelem

    Tout à fait d'accord avec vous .Ce sont les grands groupes financiers qui nous gouvernent et les gouvernements n'en sont que les façades ...
    Je suis choquée de voir à la TV des milliardaires tenir un salon pour trouver des idées nouvelles de dépenses futiles puis des émeutes de la faim durement réprimées ...Alors que des solutions existent ...
    Comment expliquer aux affamés d'aujourd'hui qu'en 2015,si tout va bien ,seul un sur deux mourra ?...

  20. neinei

    ceci dit nous ne changerons pas le monde, c'est le pot de terre contre le pot de fer.

  21. michelem

    Il ne faut pas être aussi fataliste .Le pot de fer finit par rouiller !!!

  22. neinei

    non pas si le pot est en inox.
    donne moi un SEUL, exemple d'un gouvernememt qui a fait marche arriere.
    meme les pays dit pauvre ne le font pas

  23. lililele

    Et après on dira que les asiatiques sont fatalistes8-)

  24. michelem

    Vous savez très bien que les gouvernements ne sont que des marionnettes aux mains de quelques grandes multinationales .Les pays pauvres sont malheureusement les plus dépendants des aumones qui leur sont faites .
    Tant que les décisions se prendront à des niveaux élevés,aucune solution n'est possible et l'on continuera à voir des populations mourir de faim .:(

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