Ce livre fait scandale aux Etats-unis mais moi ce qui me choque c'est que l'on dise que l'éducation que donne cette dame est l'éducation chinoise classique! En tant que Maman chinoise jamais je n'éduquerais mon fils ainsi et ma mère ne m'a pas éduquée ainsi, de même pour mes amies, c'est vraiment n'importe quoi de généraliser et de dire que c'est une éducation chinoise classique. Les devoirs sont importants etc... d'accord mais le reste c'est juste du mauvais traitement à son enfant. Pour moi cette femme a juste besoin de voir un médecin. Qu'en pensez vous? Voici l'article du Point qui en parle :
À côté, le Père Fouettard a l'air d'un papa gâteau. Dans un livre qui fait beaucoup de bruit, Amy Chua raconte comment elle a éduqué ses filles "à la manière chinoise", bien supérieure, affirme-t-elle, aux méthodes occidentales. Ce professeur de droit de Yale n'hésite pas à traiter ses filles de "déchets" ou de "boudins" si elles ne lui rapportent pas des 20 sur 20, leur interdit d'aller jouer chez des copines ou de regarder la télé, les oblige à jouer du piano et du violon (les seuls instruments nobles) trois heures par jour et refuse la carte d'anniversaire qu'elles lui ont dessinée au prétexte qu'elle est bâclée...
Rude ? Oui, mais pourquoi tant de Chinois sont-ils des prodiges en piano ou des génies en maths, interroge l'auteur de L'hymne de bataille d'une mère tigre ? C'est parce que leurs parents font passer le souci d'excellence avant tout. Travailler dur est la seule voie pour réussir, et plus on réussit, plus on est sûr de soi et plus on enchaîne les succès. CQFD. Les parents américains, eux, sont laxistes, abreuvent leur rejeton de compliments pour ne pas blesser leur sacro-sainte confiance en soi, ce qui débouche sur la médiocrité et ne les prépare pas aux dures réalités de la vie.
Profiter de la vie
Avec un aplomb incroyable, cette fille d'immigrant chinois raconte ses méthodes tyranniques comme si elles étaient absolument normales. "La mère chinoise croit que : (1) les devoirs passent avant tout ; (2) un A - est une mauvaise note ; (3) ses enfants doivent avoir deux ans d'avance sur le reste de la classe en maths ; (4) elle ne doit jamais complimenter son enfant en public ; (5) si l'enfant n'est pas d'accord avec son prof ou son entraîneur, elle doit toujours prendre le parti du prof ou de l'entraîneur -6-les seules activités que ses enfants devraient être autorisés à faire sont celles dans lesquelles, au bout du compte, ils vont gagner une médaille ; (7) cette médaille doit être en or." Chua reconnaît que cette éducation n'apporte pas toujours le bonheur et qu'elle ne sait pas très bien "profiter de la vie"...
Dans une des anecdotes les plus choquantes, elle raconte que Lulu, sa fille de 7 ans, n'arrivait pas à jouer un morceau de piano particulièrement difficile. Elle travaille une semaine dessus, plusieurs heures par jour. Finalement, la fille se rebelle, déchire la partition. Mais Chua est inflexible, l'oblige à jouer et rejouer encore en la menaçant de donner sa maison de poupée à l'Armée du salut, de la priver de déjeuner, de Noël, d'anniversaires pendant quatre ans... Le mari, américain et prof à Yale également, essaie de s'en mêler mais elle l'envoie balader. Elle fait travailler la petite la moitié de la nuit sans l'autoriser à se lever pour aller aux toilettes ou boire un verre d'eau. Et finalement ? Finalement Lulu maîtrise le morceau.
Les chiens, bons à rien
Si certains arguments de Chua sont parfaitement recevables - les heures passées par les enfants américains sur Internet ou devant la télé ne sont pas un facteur d'enrichissement -, ses méthodes apparaissent un peu trop radicales. Le livre a suscité une énorme polémique aux États-Unis, où les commentaires sont assassins. On accuse Chua d'être un "monstre", un bourreau d'enfant, de faire de ses gosses des "robots"... Elle se défend en expliquant qu'elle a aussi connu des échecs : si sa fille aînée Sophia est un prodige en piano qui a joué à Carnegie Hall à 14 ans, Lulu s'est "rebellée". Elle a plus ou moins abandonné la musique pour le tennis... Ceux qui sont parents apprécieront le niveau de rébellion.
Mais son plus grand échec, Chua l'a connu avec les deux chiens de la famille qu'elle a essayé de diriger à la baguette avant d'admettre qu'ils n'étaient bons à rien sinon à mendier des caresses. Ce qu'elle en conclut est tellement ahurissant que l'on se demande si c'est sérieux ou de l'humour au 3e degré. "Même si certains chiens sont membres d'une équipe de détection de bombe ou de drogue, il est parfaitement normal que la plupart des chiens n'aient pas de profession ou même le moindre talent particulier" !
Source : le Point