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Diaspora chinoise

© Chine Informations - La Rédaction

(miniature) Diaspora chinoise Diaspora chinoise

Éclatés mais terriblement soudés, les Chinois de la diaspora restent discrets. Toutefois leur poids économique est énorme : entre 200 et 500 milliards de dollars selon les estimations. Ces Huaqiao sont à l'origine des deux tiers des investissements réalisés en Chine. Toutefois, ces Chinois ne représentent que 2% de la population chinoise : d'un côté vivent 1,3 milliard de Chinois, de l'autre 36 millions d'immigrés et leurs descendants. Ils sont pour la plupart originaires de trois provinces méridionales et maritimes : le Fujian, le Guangdong et l'île de Hainan. C'est une population bien chinoise par sa culture, sa conscience identitaire et sa langue.

Définition

Le terme diaspora désigne la dispersion d'une communauté ethnique ou d'un peuple à travers le monde.
À l'origine, ce terme ne recouvrait que le phénomène de dispersion proprement dit. Aujourd'hui, par extension, il désigne aussi le résultat de la dispersion, c'est-à-dire l'ensemble des membres d'une communauté dispersés dans plusieurs pays

On retrouve dans une diaspora 3 caractéristiques essentielles :

  • la conscience et le fait de revendiquer une identité ethnique ou nationale.
  • l'existence d'une organisation politique, religieuse ou culturelle du groupe dispersé (vie associative).
  • l'existence de contacts sous diverses formes, réelles ou imaginaire, avec le territoire ou le pays d'origine (l'intégration d'un groupe diasporé ne signifie pas l'assimilation dans le pays d'accueil).

Histoire

1850-1950, siècle tragique d'immigration
L'émigration chinoise, dont les débuts remontaient au haut Moyen Âge, s'est accélérée au XIXe siècle à l'occasion des troubles politiques liés à la décadence du régime impérial, dépeçage de la Chine par les puissances occidentales. Les humiliations et le pillage de la Chine commencent en 1842 avec le traité de Nankin qui conclut la première guerre de l'opium et qui permet aux Britanniques de s'installer à Hong-Kong. Elles se prolongent pendant 70 ans jusqu'à l'installation de la République de Sun Yat-sen dont le fragile pouvoir était contesté par d'anarchiques seigneurs de la guerre. Dès le milieu du XIXe siècle, les massacres, la famine et l'indicible misère conduisent les Chinois à migrer vers le Nanyang, c'est-à-dire les pays qui du Siam aux Philippines bordent la mer de Chine.

Entre 1840 et 1900, 1,5 million de Chinois s'expatrient en Asie vers Singapour, mais aussi là où les attendent les plantations, les mines que veulent exploiter les Européens dans leurs empires coloniaux. Ils s'expatrient donc donc vers Java, la Birmanie, Sarawak en Malaisie... Puis le développement et la consolidation des ports francs et des bases stratégiques et commerciales les attirent à Malacca ou encore à Singapour.

Par delà l'océan
Dès 1810, les transports de coolies chinois s'organisent vers les Amériques, plantations portugaises de thé au Brésil, île à sucre des Caraïbes, mines de cuivre du Pérou, puis vers l'Afrique, mines du Transvaal. Les grands travaux entrepris dans le monde gonflent les flux :

  • percement du canal de Panama
  • construction du Transsibérien
  • construction des chemins de fer du Congo, de Madagascar puis en Amérique du Nord du Central Pacific Railway
  • la ruée vers l'or de Californie (1848), de Colombie britannique (1858) et d'Australie (1870)
  • La France fait aussi appel aux coolies chinois entre 1917 et 1918 à partir du Viêt Nam pour recruter 140 000 terrassiers pour creuser les tranchées entre Arras et Verdun
  • les autres événements du XXe siècle maintiennent un flux continuel : guerre civile, occupation japonaise, les folles expériences économiques et sociales (Grand Bond en Avant).

Aux États-Unis, alors qu'on en comptait 62 000 en 1900, ils étaient 1,8 million en 1990. Les Chinatowns font désormais partie des paysages urbains en Amérique du Nord : 320 000 personnes à New York, 245 000 à Los Angeles, 143 000 à Toronto et 109 000 à Vancouver. Dans ces deux dernières villes, l'immobilier a flambé sous la pression de la diaspora chinoise qui y a effectué plus de 5 milliards de dollars d'investissements en 3 ans.

En France, on ne comptait officiellement plus que 211 ressortissants en 1911, aujourd'hui, ils sont 240 000 sans compter les sino-vietnamiens ou les sino-cambodgiens. En 15 ans, la "minorité invisible" de Paris située principalement dans le 13e arrondissement a décuplé pour former les Chinatowns du triangle de Choisy, de Belleville, de Marne la Vallée. Leurs activités se limitent encore à la restauration, la maroquinerie ou l'exploitation de supermarchés. Mais, le plus marquant est que leur fortune a été bâtie en moins d'une génération.

Cependant, l'essentiel de ces Huaqiao s'est fixé en Asie dans les pays de l'ASEAN (Indonésie, Thaïlande, Singapour, Malaisie, Philippines,Viêt Nam, Laos, Birmanie, Cambodge, Brunei) où une bonne partie de l'économie de ces pays se trouve entre leurs mains. Ce sont eux qui dès 1992 et l'appel de Deng Xiaoping à s'enrichir, investiront dans la mère patrie. Selon la Banque mondiale, plus de la moitié des capitaux investis en Asie entre 1986 et 1997 provenaient de l'ASEAN et, en trois ans (1994 à 1997), les investissements de l'ASEAN vers la Chine ont été multipliés par trois. La crise de 1997 a renforcé le processus.

Rôle économique

Au cœur de la dynamique régionale
La Chine continentale avec des taux de croissance de 7 à 8% l'an est devenue l'un des pays les plus attractifs du monde. Elle offre à ses Huaqiao les mêmes avantages que les pays dans lesquels ils s'étaient installés : une main-d'œuvre bon marché et disciplinée, une stabilité politique et en plus un marché intérieur potentiellement énorme. La mère patrie constitue donc le marché idéal pour investir. Singapour, chinoise à 75% arrive en tête puisqu'elle fournit à elle seule 77% des IDE de l'ASEAN vers la Chine. Taiwan dont les échanges avec la Chine n'ont cessé de croître (26 milliards de dollars en 2001) a déjà perdu virtuellement son indépendance économique voire même politique. En effet, les Taiwanais se précipitent désormais, s'installant en nombre à Shanghai où se trouvent les 60 milliards de dollars qu'ils ont investi sur le continent. Bien plus, 300 000 Taiwanais sont établis dans la "ceinture taiwanaise" de Shanghai.

Ces investissements drainent avec eux des technologies, le delta du Yangtze récupérant les savoir-faire de Taiwan en matière de haute technologie et hissant la Chine qui produit déjà 36% des téléviseurs et 60% des photocopieurs fabriqués dans le monde, au rang de second constructeur informatique mondial. Ces investissements créent aussi des pôles de consommation enclenchant des cercles vertueux auxquels tout le monde tient à participer. Dans les provinces méridionales, le niveau de vie global a plus que doublé entre 1993 et 1998 ; et même si l'on peut considérer qu'en 2005, la classe moyenne chinoise élargie compte pour à peine 15% de la population chinoise, le nombre de consommateurs "ciblables" pour des produits importés atteint 200 millions, ce qui n'est guère négligeable. Surtout, en 2001, 18 millions de touristes chinois ont visité l'Asie du Sud-Est y dépensant 20 milliards de dollars ; l'organisation mondiale du tourisme estime qu'à l'horizon 2020, plus de 100 millions de Chinois parcourront le monde. Une situation bien résumée par Andy Xie, expert à la banque Morgan Stanley de Hong-Kong : "Ces cent millions de touristes seront les ambassadeurs d'une Chine affirmant sans complexe sa primauté culturelle et économique dans le monde".

L'investissement de la diaspora chinoise est donc à double sens. Il a déjà eu un incontestable effet moteur sur l'éveil et le développement des courants financiers et l'intégration entre le Nord et le Sud de l'Asie. Il agira de même entre l'Asie et le reste du monde. Connaissant l'insatiable appétit pour les affaires de cette diaspora, on peut s'attendre à ce qu'elle étende ses réseaux toujours plus loin. Pour le moment, elle concentre ses investissements sur la Chine mais, dans un avenir plus ou moins proche, on pourrait voir des industriels chinois prendre pied sur le Vieux continent comme ils ont déjà commencé à le faire sur le Nouveau monde.

Reste que la puissance de l'aspirateur chinois, largement alimentée par les diasporas de la zone, inquiète en même temps qu'elle fascine les pays voisins. L'idée en novembre 2002 de créer l'ASEAN-China Free Trade Area, marché commun de 1,7 milliard de personnes leur apparaît aussi prometteuse que potentiellement dangereuse, surtout si l'on se réfère au problème de souveraineté non résolu en mer de Chine de l'archipel Spratley (revendiqué à la fois par la Chine, Taiwan, le Viêt Nam, les Philippines, la Malaisie et Brunei), archipel qui recèlerait d'importants gisements de gaz.

Confucius et "monnaie-théisme"
L'Asie a longtemps mis en avant les valeurs confucéennes pour expliquer l'ascension économique japonaise puis celle des Tigres et des Dragons et enfin celle de la Chine. Valeurs qui privilégient l'ordre et le groupe, au centre duquel on retrouve la famille au détriment de l'inventivité et de l'individualisme. Il semblerait que les valeurs que partagent les Asiatiques ne sont pas le monothéisme philosophique mais bel et bien selon Catherine Lim le "monnaie-théisme", c'est-à-dire le culte de l'argent. Les réalités de l'immigration ont encore exacerbé cette réalité chez les Huaqiao pressés d'accumuler une épargne liquide utilisable quoi qu'il arrive et soucieux d'entretenir l'indispensable réseau de relations. Au cœur de ce réseau construit en cercles concentriques, se retrouvent la famille puis les amis, les natifs de la même province et enfin l'ensemble des Chinois. Un proverbe chinois dit que "plus les Chinois sont nombreux, plus le pays est riche". Ils n'ont pas toujours besoin d'être majoritaires pour détenir une bonne part de l'économie : avant la crise en Indonésie, les Chinois représentaient 2,8% de la population du pays mais contrôlaient 65% de l'économie, en Thaïlande 80% des grands groupes sont aux mains des Chinois qui représentent 11% de la population et à Singapour, peuplé à 75% de Han, où les réseaux familiaux contrôlent près de 75% du capital privé.

Ce pouvoir peut susciter des réactions de rejet comme dans les années 60 en Malaisie ou en 1965 en Indonésie mais globalement il tisse des liens économiques étroits : le grand projet Singapour 2 est réalisé avec la municipalité de Suzhou au Zhejiang et Pékin apparaît un peu comme la mère patrie de cette cité-état.

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