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Débuts du cinéma chinois

© Chine Informations - La Rédaction

Débuts du cinéma chinoisLe premier "bébé" du cinéma chinois est né en 1905, sous le nom de Ding Jun Shan 定军山, du nom d'un chef-d'oeuvre de l'opéra de Pékin. Ce film a été conçu et tourné par Ren Qingtai, maître-photographe et propriétaire du studio de photographie Fengtai de Beijing. Cet homme avait transformé un magasin en salle de cinéma, après s'être perfectionné à ses frais au Japon. Le jour, Ren Qingtai utilisait les lieux comme studio de photographie, et le soir, ses affaires marchaient rondement dans le studio qui tenait lieu de premier cinéma de Beijing. En 1905, las de ne visionner que des films étrangers, M. Ren a décidé de réaliser le premier documentaire chinois. Il a donc tourné son attention vers l'opéra, l'art le plus à la mode à ce moment-là en Chine, et a invité également Tan Xinpei, l'acteur le plus célèbre dans ce milieu, à tenir le premier rôle.

Ce premier documentaire chinois, qui incluait quelques arias d'un opéra de Pékin, a gagné la faveur du public et a marqué le début de l'histoire du cinéma chinois. Dès le commencement, le cinéma chinois a été lié étroitement avec l'art typique du pays. En effet, contrairement à l'un des premiers films à avoir été réalisé Sortie des usines Lumière de Louis Lumière, le film de Ren combine un concept de divertissement public importé avec un art chinois grand public, ce qui donnait une couleur locale à ce produit étranger.

Néanmoins, sous tous les aspects, les films chinois de la première période ont été des imitations des films occidentaux muets. Un autre film de la même époque reproduisait directement les gestes de Charlie Chaplin dans des scènes drôles. Le film chinois n'avait pas trouvé sa propre voie.

Comment faire en sorte que le film corresponde au goût particulier du spectateur chinois était alors un grand problème pour les cinéastes. En 1923, le film Gu'er Jiu Zu Ji (Un orphelin sauve son grand-père), tourné par Zheng Zhengqiu et Zhang Shichuan, a constitué le deuxième jalon de l'histoire du cinéma chinois. D'innombrables spectateurs ont afflué au cinéma et ont visionné le film avec grande émotion. Il décrivait les sentiments familiaux, un sujet très "chinois" et populaire encore aujourd'hui. On peut dire qu'il a établi la première grande tradition du film chinois : son rôle d'éducation sociale. Le film chinois poursuivait le modèle du théâtre traditionnel chinois de rechercher l'action et les effets dramatiques; centrées sur la famille, les intrigues décrivaient les contradictions éthiques et les réalités sociales, ce qui était conforme à la tradition et à l'héritage de la culture chinoise.

Avant 1949, trois films chinois ont fait un "tabac" sur le plan des recettes : Zi Mei Hua (Twin Sisters) de Zheng Zhengqiu, Le chant des pêcheurs et Les larmes du Yangtse de Cai Chusheng. Entre autres, ce dernier film a réalisé un record de projection publique de 80 jours d'affilée. En effet, en tant que représentant de la "deuxième génération" de réalisateurs chinois, Cai Chusheng a connu le succès parce qu'il portait plus d'attention à la réalité sociale que les autres cinéastes et qu'il faisait l'éloge des valeurs traditionnelles chinoises. Son film Les larmes du Yangtse, tourné en 1947, raconte l'histoire d'un homme qui abandonne sa femme après avoir réussi; c'était un récit qui plaisait aux gens ordinaires. En plus du fait que le récit se passe pendant la Guerre de Résistance contre le Japon (1937-1945), Cai dépeint une tragédie familiale dans un grand contexte social. En effet, les événements nationaux qui ont eu lieu durant cette période ont touché chaque famille et chaque personne et ont donné lieu au proverbe suivant : Chaque personne a sa part de responsabilité dans le destin du pays. En combinant la mission historique et l'attrait artistique, ce film sur l'éthique familiale a atteint le statut d'une épopée épique.

Durant les décennies qui ont précédé les années 1980, le film chinois a mis l'accent sur les intrigues complexes décrivant des caractéristiques psychologiques par le biais de confrontations dramatiques. Ce phénomène reflète l'influence de la littérature chinoise moderne et celle de la tradition théâtrale en place. Le style narratif, réminiscence de la tradition des raconteurs chinois, a été et est encore apprécié par le public chinois qui accorde plus d'importance à la description d'aspects humains de son héritage historique qu'à l'imagerie esthétique.

Après Cai Chusheng, Xie Jin, un des représentants des réalisateurs de la "troisième génération", a poursuivi l'esprit didactique du cinéma chinois. Après la Révolution culturelle (1966-1976), Xie Jin a eu recours au thème de l'éthique familiale pour que les gens pansent les blessures que les événements politiques leur avaient infligées et réfléchissent sur cet événement dramatique. Le spectateur "traditionnel" a été conquis, et les films de Xie ont été très bien accueillis par le public. À la fin du XXe siècle, selon un sondage d'opinion effectué à Beijing et à Shanghai par la société Horizon, il y avait encore 25 % de spectateurs qui choisissaient Xie Jin comme le réalisateur le plus populaire.

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