Le plus beau poème chinois que vous connaissiez?

Quel est le plus beau poème chinois que vous connaissiez? Merci de nous le faire partager :)

20 réponses

  1. David Houstin

    Ce n'est pas trop mon domaine les poèmes chinois, mais promis je vais m'y mettre !!!

    D'ailleurs je viens de tomber sur ce site en anglais "Chinese Poems" (poèmes chinois) plutôt sympathique : http://www.chinese-poems.com.

    Je vais y jeter un oeil :)

  2. michel

    "Sur le tard je n'aime que la quiétude
    Loin de mon esprit la vanité des choses...

    Dénué de ressources, il me reste la joie
    De hanter encore ma forêt ancienne.

    La brise des pins me dénoue la ceinture
    La lune caresse les sons de ma cythare...

    Quelle est, demandez-vous, l'ultime vérité ?
    - Chant de pêcheur, dans les roseaux qui s'éloigne..."

    Wang Wei
    (période Tang)
    (f)

  3. lililele

    Daweide : un mythe qui tombe, moi qui te croyais un grand poète :D

    Michel : très joli poème ;)

  4. michel

    Lililele, deux petits poèmes tibétains du même auteur, le VIe Dalaï Lama, Tsangyang Gyatso

    "Si je pouvais méditer sur le Dharma avec autant d'intensité que je songe à ma Bien Aimée, j'atteindrais sans aucun doute l'Illumination au cours d'une seule vie...."

    "A l'Est, au sommet des collines, apparut la lune d'un blanc éclatant.
    Le visage de mon adorée vient et revient à ma pensée..."

    [align=center][/align](r)

  5. Steph

    Je suis pas non plus un expert en poésie mais j'avais bien aimé ce poème de LI PO, Buvant seul sous la lune que j'avais découvert en lisant La Chine et les chinois de Lin Yutang.

    [align=center]Parmi les fleurs un flacon de vin
    Je bois seul sans compagnon
    Levant ma coupe j'invite la lune,
    Avec mon ombre nous voici trois.
    Bien que la lune ne sache pas boire
    Et que mon ombre ne sache que me suivre
    J'en fais mes compagnons d'un instant.
    Pour atteindre la joie il faut saisir le printemps.
    Je chante, la lune se promène,
    Je danse, mon ombre titube.
    Avant l'ivresse, nous nous réjouissons ensemble.
    Quand je suis gris, nous nous séparons.
    Ainsi je me lie à ces amis insensibles
    Quand la lune m'attend dans le ciel.[/align]

  6. TINTIN 66

    pour moi , c est sans hésitation les poèmes de la période des Tang (618-907)et spécialement ceux de Li bai pour la Ballade des 4 saisons ( Ballad of 4 seasons)

    La chanson des quatre saisons, printemps
    Dans le pays de Thsin, la charmante Lo-foh
    Cueillait des feuilles de mûrier, aux bords d'une eau transparente,
    Ses blanches mains posées sur les branches vertes,
    Son teint resplendissant illuminé par un beau soleil.
    Elle disait : Les vers à soie ont faim, le soin de les nourrir m'appelle ;
    Il ne faut pas, seigneur, que vos cinq chevaux piétinent plus longtemps ici.

    La chanson des quatre saisons, été
    Sur le lac King-hou qui a trois cents li de tour,
    Quand les fleurs du nénuphar s'épanouissent,
    On est alors au cinquième mois, et les jeunes filles vont les cueillir.
    Si nombreux sont les spectateurs que la rive en paraît étroite.
    Les bateaux n'attendent plus la lune, pour les guider à leur retour ;
    Ils s'en reviennent en plein jour au palais du roi de Youe.

    La chanson des quatre saisons, automne
    La lune ne jette qu'une lueur incertaine,
    Les coups mille fois répétés, que frappe le battoir des laveuses,
    Se mêlent au gémissement du vent d'automne.
    Cette triste harmonie s'accorde avec de tristes pensées.
    Hélas ! quand donc aura-t-on pacifié les barbares !
    Quand donc l'époux bien-aimé cessera-t-il de combattre au loin !

    La chanson des quatre saisons, hiver
    Un courrier part demain de grand matin pour la frontière ;
    La nuit se passe à doubler chaudement des habits.
    De jolis doigts ont pris bravement l'aiguille glacée ;
    Mais ces ciseaux plus froids encore, que de courage pour les saisir !
    Enfin tout est taillé, tout est cousu ; l'ouvrage est confié au courrier qui s'éloigne.
    Combien de jours lui faudra-t-il pour arriver à Lin-tao ?

    bon voyage lyrique...

    p.s : j aime beaucoup le choix que vous avez fait Stéphane , ce poème de Li Po m 'a fendu le coeur....

  7. lililele

    Un peu de poésie dans ce monde de brute ça fait du bien :) Merci pour vos poèmes messieurs!

  8. michel

    En passant sur le lac Cho-Yang à Kao-Yeou

    Ululement du vent à la cime des arbres,
    crépitements de la pluie sur le lac...
    Déjà tous les pêcheurs ont disparu ;
    Les oies sauvages dans les joncs font la causette.
    (Sa Tou-la née en 1308)

    Enfin, ce dernier empreint d''épicurisme et de stoïcisme :

    Sur un air de harpe

    La table est servie dans la haute salle ;
    parents et amis font fête avec moi.
    On prépare en cuisine un plantureux festin :
    Voilà les moutons cuits, les veaux gras dépecés.

    Que les lyres du Ts'in ont de noblesse allègre !
    Les cithares du Ts'i, d'harmonie et de grâce !
    Admirez de Ngo-p'ang les danses merveilleuses ;
    Ecoutez bien les airs fameux que l'on joue à Lo-yang.

    A boire en belle humeur, on passe les trois coupes ;
    Ceinture desserrée, on fait honneur aux mets.
    L'hôte souhaite à tous mille ans de Longue vie ;
    Les invités le paient en retour en voeux de dix mille ans.

    Nul ne doit oublier notre vieille affection :
    Manquer à l'amitié, c'est faillir à l'honneur.
    Vertu humble et modeste propre aux âmes bien nées,
    Incliné devant toi, je ne veux rien de plus.

    Mais un noir tourbillon emporte les beaux jours ;
    Effrayés, nous voyons le temps fuir sans retour.
    Les saisons de bonheur jamais ne se répètent ;
    Même après cent années, c'est soudain que l'on part.

    Des vies ont beau passer dans les palais de pourpre :
    Leurs débris épars vont aux sépulcres des monts.
    Qui, des Anciens a pu ne pas mourir ? Sachons
    Notre destin : dès lors, de quoi nous mettre en peine ?

    (Ts'ao Tche 192-232)

  9. jasmine

    pour moi c'est celui ci:

    Au milieu de l’âge,
    Epris de la voie,
    Sous le Zhongnan,
    J’ai choisi mon logis.
    Quand le désir me prend,
    Seul je m’y rends :
    Seul aussi à jouir
    D’ineffables vues…
    Marcher jusqu’au lieu
    Où tarit la source,
    Et attendre assis,
    Que se lèvent les nuages.
    Parfois, errant,
    Je rencontre un ermite :
    On parle, on rit,
    Sans souci du retour.
    (Wang Wei)

    j'adore la poésie chinoise et Wang Wei fait partie de mes poète préférés, ceux qui me font réver et m'apportent la quiétude.

  10. Anonyme

    Le poème "Neige" que Mao ZeDong a écrit en 1936, qui s'avère prophétique.

    Paysage du nord /
    Mille lis de glace scellés
    dix mille lis de neige en volée /
    de la grande Muraille, au dedans, au dehors /
    rien qu'une blanche immensité sans bord
    le fleuve Jaune, en amont, en aval
    perd soudain ses impétueux élans
    les montagnes dansent, serpents d'argent
    les massifs(1) courent, éléphants de cire /
    ils veulent en hauteur égaler le ciel
    par un jour de soleil, parée de rouge, drapée de blanc
    voyez quelle beauté sans pareille
    Tel est l'enchantement qui nait de ce pays
    que des héros sans sombre se courbaient à l'envi
    dommage qu'à Ts'in Chehouang(2) comme à Han Wouti(3)
    il ait manqué un peu d'esprit
    que Tang Taitsong(4) et Song Tairsou(5) n'aient eu aux lettres plus de goût
    en son temps fils chéri du ciel
    Gengis Khan
    ne savait que bander son arc contre l'aigle géant
    tout cela est passé
    pour trouver des hommes vraiment grands
    regardons plutôt le présent.

  11. ckdeux

    J'aimes beaucoup le THE . :D

    En effet, comme disait l'Empereur CHEN-NUNG :;)
    "Le thé eveille les humeurs et les pensées sages, il rafraichit le corps et apaise l'esprit.
    Si vous êtes abattu, le thé vous rendra la force."

    Donc, pour moi, le plus beau poème chinois, c'est :|-)

  12. laoshi

    [align=center]锦瑟
    李商隐
    L’élégante cithare à vingt-cinq cordes

    Contre toute attente, l’élégante cithare ‘sè’ n’a pas vingt-cinq mais cinquante cordes ;
    Car le son de chacune fait renaître en moi un printemps évanoui :
    Zhuāng Zi, à l’aube naissante, rêvant des métamorphoses du papillon ;
    L’empereur Wang confiant ses amours au chant du coucou ;
    La lune irisant de larmes les perles des vagues ;
    Le jade, chauffé au soleil de Lan Tian, faisant vibrer la lumière comme une vapeur fumante…
    Mais cette impression elle-même pourrait bien devenir réminiscence ?
    Elle est si évanescente que, sur le moment, j’en ai été décontenancé….[/align]

    Voilà la traduction que je vous propose. J'ai fait de mon mieux mais, si vous voulez faire votre propre traduction, vous pourrez retrouver le texte, en chinois et en pinyin, avec tout le vocabulaire sur le site de l’atelier d’initiation à la langue, à l’écriture et à la culture chinoises. Il sera prochainement sonorisé.

    Ne connaissant rien à la poésie chinoise, je n’ai d’abord rien compris quand mon amie chinoise m’a fait découvrir ce merveilleux poème ; puis, en cherchant tous les mots de vocabulaire, j’ai commencé à repérer un jeu d’échos sensible dès la fin du premier distique, 五十弦 [wǔ shí xían] (« cinquante cordes ») immédiatement repris par le début du deuxième, 一弦 [yī xían] (« chaque corde »).
    J’ai repéré ensuite que cette rime en « ian » se retrouvait inchangée dans « nián »/ « yān » et se redoublait, comme affaiblie, déformée, dans les assonances en « an » «juān »/ «rán », de telle sorte que les sonorités « ian » et « an », alternant, se répondent elles aussi comme l’écho assourdi de la mémoire et comme les associations d’idées.
    La forme redouble ainsi le fond puisque ce poème évoque à la fois les réminiscences du passé à travers le présent et les « synesthésies », les correspondances secrètes qui se tissent entre les sensations, les impressions et les sentiments : « les sons, les couleurs, les parfums se répondent », dira en son temps Baudelaire….
    La cithare, en tant qu’objet, est d’ailleurs d’emblée une formidable invitation au voyage imaginaire : ses chevalets amovibles, 柱 [zhù] ne dessinent-ils pas, pour reprendre la belle expression de Lucie Rault-Leyrat, « un vol d’oies sauvages sur des cordes de soie » ?
    Il y a là quelque chose qui est sans doute évident pour les Chinois mais que je n’ai compris qu’en faisant une recherche sur la cithare chinoise : j’avais traduit d’abord, platement, « l’élégante cithare ‘sè’ a cinquante cordes » ; en découvrant qu’elle n’en a en réalité que vingt-cinq, j’ai compris que le poète évoquait un phénomène musical dont il fait en quelque sorte la clef de son poème, ce qu’on appelle, en musique, « la vibration des cordes sympathiques ».
    Une corde sympathique est une corde qui rentre en vibration spontanément lorsqu’une autre, avec laquelle elle est mystérieusement en harmonie, est réellement jouée par le musicien.
    Ces sortilèges de la musique m’ont ensuite irrésistiblement évoqué l’expérience proustienne de la reviviscence où, par le miracle d’un morceau de madeleine tombé dans le thé, le passé redevient présent « comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables ».
    Connaissant l’histoire du poète Zhuāng Zi qui, rêvant d’un papillon, ne sait plus si c’est lui qui rêve du papillon ou le papillon qui rêve de lui, j’ai ensuite compris que le poème évoquait le dédoublement permanent du réel et de l’illusion, dédoublement que l’on retrouve dans le chant du coucou exprimant les amours de l’empereur Wang. Mais ce dédoublement du réel dans l’illusion est aussi son redoublement par la poésie comme en témoignent les échos qui se tissent entre notre poème et ceux qu’il fait revivre puisque ce sont les poèmes de la dynastie des Tang qui ont gravé dans notre mémoire le papillon de Zhuāng Zi et le coucou de l’empereur Wang.
    J’ai enfin été fascinée par la beauté et la modernité des images où la matière s’immatérialise et où l’immatériel se matérialise : ces perles de lune pleurant à la crête des vagues auraient fait pâlir d’envie les poètes romantiques et les impressionnistes peindront la vibration de l’air sous les ardeurs du soleil qu'évoque ici l'image du jade "fumant" ; le caractère 烟 moderne [yan] qui signifie "fumée" , où l’on pourrait imaginer l’ombre des choses projetée par le feu, représente joliment, même si c’est ici un peu par hasard, le dédoublement du réel et de son émanation fantomatique.
    Sans doute李商隐, Lǐ Shāng Yǐn, dont les amours avec une dame de la cour ou une nonne taoïste ont été contrariées, évoque-t-il enfin ses propres sentiments dans ce poème : cette image de la lune faisant briller des larmes dans les vagues évoque peut-être, par delà la déesse Chang’E exilée sur la lune pour avoir dérobé l’élixir d’éternité, la femme aimée, recluse au temple ou au palais….
    Après ces jeux du passé et du présent, la chute du poème, où le futur joue à son tour avec le passé, ouvre un abîme vertigineux de mises-en-abyme.
    L’écriture elle-même me semble enfin au service de ces jeux de miroir : le caractère 瑟, où le caractère 王 se redouble lui-même au-dessus du cœur barré indiquant la nécessité (ce à quoi le cœur ne peut échapper, les lois du cœur en quelque sorte), est comme l’emblème graphique de tout le poème. Et il y a sans doute encore beaucoup de jeux sur les mots, tant au niveau graphique qu’au niveau phonique, qui m’échappent.
    J’ai essayé de rendre au mieux, dans ma traduction, le jeu de ces métaphores et de ces correspondances, mais rien n’est plus difficile que de transcrire l’esthétique chinoise, intuitive, allusive, toute en ellipses, dans la langue française, linéaire, explicite, discursive. Je n'essaierai pas de relever le défi de la traduction sur ce plan...

  13. ckdeux

    J'aime le tableau de Léonard de Vinci : La Joconde avec le sourire.
    Et, j'aime aussi ces poèmes sur le sourire : 

    1°- poème :

    LE SOURIRE

    Voici dix ans passés,
    Une inconnue me fit un sourire.
    Je ne sus pas le comprendre,
    Il me sembla seulement beau.

    Je ne sais plus rien d'elle,
    Seul son sourire me demeure.
    Et bien loin de me le faire oublier,
    Le temps me le rend plus adorable.

    J'en ai écrit maints poêmes d'amour,
    J'en ai imaginé mille aventures.
    Certains les lisent avec chagrin,
    D'autres les lisent avec plaisir.

    Chagrin ou plaisir.
    Naissent de ce seul sourire.
    Je n'ai pas revu celle qui m'a souri.
    Mais je la bénis de l'avoir si bien fait. 

    2°- poème :

    LE SOURIRE

    Un sourire ne coute rien.
    Il enrichit ceux qui le recoivent,
    sans appauvrir ceux qui le donnent.
    Il ne dure qu'un instant
    .Mais son souvenir est parfois éternel.
    Personne n'est assez riche pour s'en passer.
    Personne n'est assez pauvre pour ne pas le mériter.
    Il crée le bonheur au foyer,
    soutien les affaires.
    Il est le signe sensible de l'Amitié.
    Le sourire donne le repos à l'être fatigué.
    Rend le courage aux plus découragés.
    Il ne peut ni s'acheter,
    ni se préter,
    ni se voler.
    Car c'est une chose qui n'a de valeur qu'à partir du moment où il se donne.
    Et si,
    quelque fois,
    vous rencontrez une personne qui ne sait plus avoir le sourire,
    soyez généreux,
    donnez-lui le votre.
    Car nul n'a tant besoin d'un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

    ( Désolé, je ne sais pas qui sont les auteurs de ces poèmes ? ? )

  14. laoshi

    Le premier poème est un poème anonyme africain, on le trouve dans Pour comprendre la mentalité africaine de Julien Koku Kita ; l'autre est de Frank Irving Fletcher, dont les citations abondent sur le net.

    Ni l'un ni l'autre ne sont des poèmes chinois....

  15. laoshi

    étrange, le message a été envoyé deux fois, je n'ai pourtant validé qu'une fois...

  16. ckdeux

    Merci pour les informations.
    Désolé.

    Pour le 2e poème :

    - Sur le site suivant :
    http://12h21-monday.skyrock.com/tags/FCqm2wQLM8-Frank-Irving-Fletcher.html 
    L'auteur c'est Frank Irving Fletcher. :-#

    - Sur un autre site :
    http://myoposatis.wordpress.com/2008/11/22/un-sourire-de-raoul-follereau-oui-c-est-de-lui-quand-meme-non-mais/
    Il parait que l'auteur s'appelle Raoul Follereau, il est français.:-#

  17. laoshi

    Exact, les plagiaires et les imposteurs sont sans scrupules...

    WikipediaRaoul Follereau a publié son premier ouvrage, Le Livre d’amour, qui contient le poème Un sourire, en 1920

    J'ai "connu" Raoul Follereau quand j'étais à l'école maternelle où la maîtresse nous avait fait travailler sur l'Afrique (beau moyen de couper les ailes aux préjugés racistes ), il était venu nous parler les lépreux. C'était entre 1955 et 1957. J'avais été très impressionnée par sa lavallière.

  18. j kama

    l'amour balaie le temps invente l'instant d'éternité conjugue les sentiments invite les étoiles à un dîner dont le met fait éclore et pérennise la vie court instant où le ciel s'incline moment absolu de la beauté virginale de toute existence vivre un jour sans amour c'est un jour sans lumière

  19. ismael kalombo

    vraiment super!!!

  20. Anonyme

    J'adore la literature!

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