Les enfants chinois à l'école

Stéphane vient de poster une vidéo de youtube sur "aimez-vous la musique chinoise ? "

[youtube]NuYxejWtFH0[/youtube].

Je ne comprends pas tout, loin de là mais elle me semble témoigner d'une sorte de vénération des élèves chinois pour leurs professeurs, très éloignée de l'indifférence, voire du mépris ou de l'hostilité, si souvent rencontrés dans nos collèges et dans nos lycées.

La Révolution culturelle avait pourtant cassé l'image sacrée de l'enseignement et des examens. Avez-vous des témoignages ou des informations à apporter à ce sujet ?

22 réponses

  1. Anonyme

    En effet, les enseignants sont très respectés en Chine, pour ne pas dire vénérés, à tel point qu'il existe un jour de fête nationale en leur honneur. Ceci n'a rien à voir avec la révolution culturelle, car cela vaut aussi à Taiwan. Je vous renvoie à l'admirable film du Taiwanais (devenu Américain) Ang LEE, "Sucré salé" (mauvaise traduction française - une fois de plus - de Eat, Drink, Man, Woman). Dans ce film, la fille ainée du personnage principal est professeur de chimie dans un lycée : avant de commencer son cours, elle est saluée par tous, avant de quitter sa classe elle est remerciée puis saluée par tous. Qui oserait imaginer cela en Europe occidentale? Le même respect pour les enseignants avait cours autrefois en Union soviétique, qui est passée, en deux générations, du statut de pays illettré (voir analphabète) à celui de pays de pointe pour la recherche scientifique. C'est exactement ce qui se passe en Chine populaire depuis une génération, et c'est très prometteur pour le bien de l'humanité. Le respect pour les enseignants est aussi lié, il me semble, au respect pour les parents et pour les ancêtres, qui est une des valeurs fondamentales de la civilisation chinoise depuis plus de quatre mille ans, et qui contribue sans doute très largement au maintien de cette civilisation. J'en veux pour preuve l'existence, aux Etats-Unis, de nombreux sites créés par des Vietnamiens et des Chinois installés en Amérique après la chute de Saïgon (1975), qui mentionnent leur école d'origine et le respect, pour ne pas dire l'amour, que les anciens vouent à ceux qui les ont formés et aidés à trouver leur voie dans la vie (rappelez-vous Tintin et le Lotus bleu : il s'agit toujours de trouver sa voie...).

  2. ckdeux

    Le respect des anciens, on le voit aussi en Afrique.:D

  3. kiki

    En France nous avions aussi un certain idéal scolaire. Je me souviens que lorsque j'allais à l'école il nous était fait obligation lorsque nous entrions en classe de rester debout près de notre table pour, au travers de cette attitude saluer notre maître ou professeur et ne nous asseoir que lorsque celui-ci nous l'avait dit. Nous devions aussi, lorsqu'un autre professeur ou adulte entrait dans notre classe, nous lever promptement en signe de respect. Mai 1968 est passé par là remettant tout en cause. Certes, il n'y avait pas que du mauvais dans ce mouvement mais je crois qu'on est allé un peu trop loin. Aujourd'hui les élèves n'ont plus cette attitude et tiennent tête à l'enseignant.
    Les professeurs ne sont pas par ailleurs aidés dans leur tâche par certains parents qui croient devoir cautionner tout ce que font leur enfant.
    Les missions des professeurs ont changé en Occident, alors qu'ils devaient instituer le principe des institutions républicaines et de la méritocratie en promouvant le savoir savant, aujourd'hui ils n'assurent souvent que la fonction de garderie.
    Par ailleurs l'école en Occident n'est plus un sanctuaire. Les marques et autres publicité y ont fait leur nid. On ne vient plus à l'école pour apprendre mais pour se montrer et montrer son milieu d'origine sauf pour les plus démunis qui cherchent à copier les plus aisés. Il n'y a plus de neutralité. Je vais exagérer et choquer plus d'un en disant que finalement l'uniforme n'y serait pas le moindre mal.
    Ce phénomène est largement exploité par les médias et TV qui n'ont pas manqué de faire des feuilletons relatifs aux années collèges et autres.
    Je sais que Le sociologue François Dubet ne va pas dans ce sens mais le constat est amer pour cette profession en Occident qui ne sait plus quelles est sa mission.

  4. TINTIN 66

    L’enseignement en Chine et en France sont 2 mondes parallèles voire même quelque fois opposés.
    Les vacances des français "effraient" les chinois qui travaillent tout le temps et ne connaissent pas le mot loisir pour ne pas assez le pratiquer.
    Certains de mes étudiants chinois m'ont déjà dit qu'ils s'ennuyaient en France pendant leurs vacances en essayant de trouver un job pour mieux s'occuper.

    En Chine
    L’éducation en Chine y est dure, longue fastidieuse et compétitive a l'excès.
    Il faut être le meilleur et avoir de bonnes notes sinon on est mal vu par le reste de la classe. Des la primaire, on porte d'ailleurs le foulard rouge autour du cou qui est le signe d'une scolarité exemplaire. Cette rigueur se retrouve a tous les niveaux de l'enseignement scolaire et universitaire qui oblige, en cas de matière défaillante (souvent math, chinois ou anglais) a avoir recours a des professeurs privés qui alourdissent le budget des familles.
    Les classes surchargées (souvent 40 voire 60) dans la plupart des établissements scolaires favorisent l'anonymat et un sens prononcé de l'opportunisme mais aussi paradoxalement de la solidarité.
    Le respect est du aux enseignants majoritairement appelé par leur titre (par exemple mes étudiants m'appelle Lu laoshi aussi dans mes cours de FLE).
    Dans l'enseignement public, ce dont parle Kiki est encore présent dans certaines écoles mais pas dans toutes.
    J’ai eu l'occasion de visiter en tant que professeur "laowai"des petites classes et la façon de se lever au moment ou un visiteur entre ou a l'arrivée du professeur (par marque de respect mais aussi de bienvenue) a encore cours de nos jours.

    Je continuerai mon propos en disant que le professeur a un statut particulier voire privilègié en Chine parce qu'il est le vecteur du savoir et de la connaissance, il est donc respecté et adulé aussi par les parents,les élèves et les étudiants parce qu'a défaut de vacances (11 jours par an), ils voient plus leurs professeurs que leurs propres familles (en majorité de 8h30 a 17h30-18h du lundi au vendredi et certaines écoles cours le samedi sans compter les cours privés du dimanche)
    Dire que leurs professeurs sont aussi important que leurs parents, il n’y a qu'un pas.

    Enfin je finirai par confirmer le jour des enseignants célèbré chaque année le 10 septembre du calendrier solaire, comme jour important dans la vie des relations entre professeurs et élèves .Ce jour la, les élèves n'oublient pas d'offrir a leur professeur, soit un bouquet de fleurs ou une "bonne" bouteille .
    Ces petits cadeaux sont aussi offerts avant chaque fête (Nouvel An chinois, fête de l'automne..) sans oublier les cadeaux "avant jury d'examens", mais cela est une autre histoire....

  5. laoshi

    Merci à tous de vos réponses.

    Je jouais un peu les candides en lançant ce sujet sur lequel mes lectures m’avaient évidemment donné quelques idées mais qui me semblait pouvoir intéresser beaucoup de participants du forum ; et pourtant j’y ai appris des choses que j’ignorais totalement, entre autres la signification du « foulard rouge autour du cou comme signe d’une scolarité exemplaire » ainsi que l’existence d’une fête nationale en l’honneur des professeurs le 10 septembre (merci Paul et Tintin de nous l’avoir révélée). Je vais voir si le DVD de Sucré salé existe et essayer de me le procurer.

    J’ignorais aussi quelle était l’amplitude de la semaine et celle de la journée de cours en Chine :

    TintinLes vacances des français "effraient" les chinois qui travaillent tout le temps et ne connaissent pas le mot loisir pour ne pas assez le pratiquer. Certains de mes étudiants chinois m'ont déjà dit qu'ils s'ennuyaient en France pendant leurs vacances en essayant de trouver un job pour mieux s'occuper.

    Outre que ces temps de vacances sont absolument nécessaires aux étudiants qui doivent travailler pour subvenir à leurs besoins (apparemment les étudiants chinois dont parle Tintin n’ont pas de problèmes économiques), je voudrais rappeler que le mot « école » vient justement du grec « scholê » qui signifie « loisir » ; mais le loisir scolaire n’est évidemment pas le loisir désœuvré ou l’oisiveté des vacances, c’est le loisir cultivé du « lettré » ; or il faut du temps pour se cultiver !

    « L’ennui » que certains étudiants ressentent aujourd’hui en France vient de ce qu’ils ne savent plus utiliser le temps qui leur est donné dans la semaine et au cours de l’année pour s’approprier les connaissances par un travail autonome sur les textes (je parle des disciplines littéraires pour lesquelles seules j’ai quelque compétence). Le « loisir » des professeurs est une nécessité du même type : il n’y a de véritable enseignant, dans la tradition française, que conjointement chercheur. Est-ce la même chose en Chine ?

    Kiki a raison de souligner la fracture de 68 dans ce domaine comme dans tant d’autres même s’il n’est pas du tout question pour moi de rejeter l'« l’héritage » de cette contestation de l'autorité en partie inspirée, d’ailleurs, de ce que les étudiants de l’époque croyaient savoir sur la révolution culturelle chinoise...

  6. TINTIN 66
    laoshi Le « loisir » des professeurs est une nécessité du même type : il n’y a de véritable enseignant, dans la tradition française, que conjointement chercheur. Est-ce la même chose en Chine ?

    Merci pour toutes ces précisions linguistiques et éthymologiques en matière de loisir.
    Pour essayer de répondre à vos questions, vu le temps à consacrer en famille (même pour les laoshi chinois), l’été est la bonne période pour se ressourcer et régénérer ses connaissances...l'abandon a l'oisiveté n'est donc pas total, comment le serait il d'ailleurs avec l'évolution des connaissances et des matériaux cognitifs dans une société chinoise en continuelle et compétitive mutation ?

  7. Anonyme

    Je voudrais compléter mon message en ajoutant que, en Occident, la cassure se fait surtout dans l'enseignement secondaire, lors de l'adolescence. C'est aussi l'époque où beaucoup de parents perdent pied et oublient l'essentiel : à l'école l'instruction, aux parents l'éducation. Pour beaucoup de parents qui démissionnent (pour diverses raisons), "les enseignants sont payés pour cela" (c'est-à-dire pour faire l'éducation en même temps que donner l'instruction). Grave erreur! C'est aux parents, et à eux seuls, que revient le travail d'éducation, en servant de modèles à leurs enfants. Autrefois, lorsqu'un élève revenait à la maison avec une punition, les parents la doublaient,; aujourd'hui, ils traitents les enseignants de tous les noms d'oiseaux, quand ils ne les agressent pas en public... Les dégâts sont considérables. Ce qui est particulièrement sympathique dans les images qui accompagnent la chanson, c'est que l'institutrice joue aussi le rôle d'une seconde maman auprès des enfants, ce qui est encore souvent le cas chez nous aussi, surtout lorsque les deux parents ont une activité professionnelle et ne sont pas assez présents (je pense aux sympathiques téléfilms de la série L'Instit). Enfin, symboliquement ces images sont très fortes, car c'est pendant l'école primaire que tout se joue (on a écrit des centaines de livres sur ce sujet). Pour ce qui est du film d'Ang LEE, il est disponible, ainsi que trois autres, dans un somptueux coffret chez Cinéart, DS08408. Ne le manquez pas! Vous apprendrez énormément de choses sur le Chine et sur les relations entre la Chine traditionnelle et le monde occidental (je vous recommande chaudement "The Wedding Banquet, (mal) traduit français en "Garçon d'honneur": c'est mon préféré!).

  8. laoshi

    Merci de ces précisions, Paul. J'ai acheté le DVD Garçon d'honneur, que j'ai adoré et que je recommande moi aussi à tous nos amis du forum !

  9. TchouTchou

    Mhhh, pour avoir quitté "l'école" il n'y a pas si longtemps, et étant toujours étudiant, je trouve qu'il y a ici des généralisations quelque-peu rapides sur l'enseignement en France.
    D'autre part, la vidéo est un clip réalisé pour une chanson, il ne sert à rien de s'appuyer dessus pour dire "c'est comme ça en vrai". C'est clairement exagéré. De même, l'Instit est une série du genre "Bisounours" à la gloire de Gérard Klein, qui ne reflète en rien la réalité des écoles françaises.
    Concernant le manque de respect des élèves pour les professeurs, s'il est vrai qu'il est présent parfois, le contraire l'est évidemment aussi. Je suis forcé d'ajouter que tous les bons professeurs que j'ai eu, que ça soit au collège, au lycée, en prépa ou maintenant, étaient respectés voire même très appréciés. Il en va tout autrement des professeurs qui ne sont clairement pas à leur place dans le rôle d'enseignant. Je crois qu'il ne faut pas rejeter la faute sur les seuls élèves! Clairement, ce que je veux dire c'est qu'il ne sert à rien de "vénérer" -puisqu'à lire certains propos, c'est bien de ça qu'il s'agit- un professeur qui ne sert à rien, qui n'est tout simplement pas bon. Attention, je n'ai pas dit qu'ils n'avaient pas droit au respect, comme toute personne.
    Je trouve également extrêmement exagéré de dire que l'école n'est plus qu'un lieu où l'on exhibe les marques. On a l'impression que l'école française ne sert à rien, ce qui est clairement faux.
    J'avais quelques profs qui nous demandaient de rester debout pour les saluer. J'ai toujours détesté ça. Je ne vois pas en quoi ça fait progresser les choses en matière de respect. Au contraire, je trouve que ça instaure un sentiment de malaise et de soumission des élèves envers le professeur. D'ailleurs, la plupart de ces professeurs étaient tyranniques et ont fait pleurer de nombreux élèves de part leur méchanceté. Forcer le "respect" de manière autoritaire est inutile, et entraîne bien souvent de l'hypocrisie. Le "respect", dans le sens "admiration", se gagne, je dirais. De plus, on peut très bien respecter quelqu'un sans se lever devant lui. Un simple "bonjour" est tout aussi efficace.
    Concernant spécifiquement les matières littéraires, je trouve qu'elles sont souvent tellement déconnectées de la réalité d'aujourd'hui qu'il est presque "normal" qu'on s'y ennuie. Les professeurs, et plus largement les concepteurs des programmes, feraient bien de se remettre en question sur ce sujet. Les exercices tels que la dissertation sont tellement encadrés et formatés, les sujets tellement alambiqués et dénués de tout intérêt, qu'ils ne servent en rien à améliorer la capacité d'analyse, ou de réflexion personnelle de l'étudiant. La philosophie qu'on pratique au lycée, puis le "français-philosophie" des classes prépas se résume bien souvent à dire "amen" à tous les "grands auteurs", sans chercher plus loin, sous peine de froisser le prof et de se prendre une sale note. C'est vraiment regrettable, et je crois que la désaffection pour la filière L n'est pas forcément uniquement due à la survalorisation de la filière S. Et je dis cela sans chercher de "revanche" ou quoi, j'ai toujours eu de bonnes notes dans les matières littéraires, j'aime énormément les langues, et au collège ma matière préférée était le français. Au point de vouloir devenir prof, ce qui m'est très vite passé vu ce qu'on fait ensuite au lycée...

  10. laoshi

    Je le répète :

    laoshiJe jouais un peu les candides en lançant ce sujet,

    Je crois qu'il y a beaucoup à apprendre pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas bien la Chine à propos de l'école (programme, exercices, relations profs/élèves). Il ne s'agissait surtout pas pour moi de lancer une polémique sur l'école en France ni sur les dégâts de 68. Mais la comparaison des deux systèmes peut être pertinente.

    En ce qui me concerne, je répète qu'il n'est pas question de renoncer à l'héritage de 68 ; nous manifestions et enchaînions AG sur AG : j'avais 17 ans en 68 et j'étais en 1°. Ce que nous voulions , c'était justement rompre avec les exercices purement académiques et dialoguer avec nos professeurs. J'ai donc toujours refusé, quant à moi, que mes élèves se mettent au garde-à-vous devant moi ! je préfère qu'ils me disent tout simplement "boujour" mais cette marque élémentaire de respect d'autrui (et non pas de la fonction professorale) n'est pas toujours évidente pour les élèves d'aujourd'hui....

  11. michelem

    Ce long texte qui explique ce qu'est l'enseignement en Chine et peut répondre a certaines questions.les notes en bas de page sont intéressantes.On y lit entre autres que le "foulard rouge" des écoliers indique la relève du PC...Je crois que l'on parle aussi de pionniers.

    http://www.ambafrance-cn.org/Le-droit-a-l-education-en-Chine.html?lang=fr#nb5

    J'ai lu aussi que chaque semaine, les élèves assistent à une cérémonie de salut au drapeau,avec l'hymne national. C'est le côté "patriotique" qui n'existe plus en France (depuis le "Maréchal" !!!).Quoique l'apprentissage de la Marseillaise est au programme , en primaire.

    Lors de mes séjours à Beijing,en Juillet ou en Août, j'ai souvent vu des collégiens faire des stages d'été, en Anglais ou en informatique.Mais le principe de ces stages existe aussi en France...Ils indiquent une nécessité de compléter un enseignement de base afin de pouvoir accéder aux meilleurs classements, meilleures écoles ...

    Pour en revenir au respect de l'enseignant, il faut bien voir que cette profession s'est nettement dévalorisée (en France),du fait notamment de sa féminisation.Je crois aussi que les mots d'ordre "l'enfant au centre du système","apprendre à apprendre"(qui implique que le savoir ne se transmet plus mais se découvre ...) ont beaucoup nui à la crédibilité des enseignants.Ces dérives sont bien postérieures à 68 !!!

    J'ai beaucoup aimé le clip vidéo Chinois.Je pensais à "Adieu monsieur le professeur" d'Hugues Aufray, et j'ai trouvé cette version "star ac" que je ne connaissais pas mais qui se rapproche un peu du clip Chinois.

    http://video.google.com/videoplay?docid=1566521287206285386#

  12. TINTIN 66

    merci michelem de toutes ces precisions,meme si certains exemples ne datent pas d'hier et comme on le dit que" ceux de 20 ans n'ont pas connu".

    l'Education a des progres a faire en France comme en Chine,tout le monde est au moins convaincu sur ce point..ou encore a re-inventer.

    pour revenir au sujet d'origine,j'ai ete emu devant un reportage du journal de France 2 sur internet (etant en Chine,j'ai quand meme la possibilite d'avoir du streaming) sur un adolescent de 16 ans qui apres avoir construit son ecole,la dirige pour les enfants descolarises de son village( dans l'arriere cour de ses parents).
    bien sur cela se passe en Inde mais je suis sur que des expereinces et des actes de solidarite pourraient exister aussi en Chine.
    En France,on ferme les classes et les ecoles dans les villages non rentables pour l'Education Nationale (rentable pour qui et pour quoi ,je suis encore a me le demander)
    quoiqu'il en soit et sans juger ou critiquer de trop haut ,mai 68 qui a engage de multiples reformes ( etant de 66,j'en ai eu quelques unes d'Haby a Devaquet),revenons sur terre pour nous re-solidariser avec l'ecole,les enseignants et les apprenants (eleves ou etudiants) et les parents d'autre part sans prendre les uns pour taper sur les autres mais engager une vraie communication multilaterale ou la connaissance et le savoir devrait servir de "cheval de troie"

    pour en savoir plus sur le reportage
    http://jt.france2.fr/player/13h/index-fr.php?jt=20100112&timeStamp=1528

    pour en savoir

  13. laoshi

    Je crois que les souvenirs ou critiques de l’école que les uns et les autres ont postées ici sont très significatives de ce qu’ils ont vécu eux-mêmes au gré de l’époque, du milieu dans lequel ils ont fait leurs études et de la section dans laquelle ils les ont faites. Il y a une grande différence entre le vécu d’un élève modeste confronté à l’exhibition des marques (mes élèves s’en plaignaient souvent il y a quelques années) et « l’élite » des classes prépas (scientifiques). Croyez-moi en tout cas Tchoutchou, la philosophie en lycée - toutes sections confondues -, ne se résume surtout pas « à dire "amen" à tous les "grands auteurs", sans chercher plus loin, sous peine de froisser le prof et de se prendre une sale note » (si c'est ce que vous avez vécu, c'est du gâchis !) La diversité des auteurs au programme est telle – 58 auteurs de Platon à Michel Foucault sans compter tous les auteurs qui sans être explicitement au programme peuvent être sollicités -, que chacun peut d'ailleurs y trouver son compte ! « Les sujets », loin d’être « alambiqués et dénués de tout intérêt », sont justement faits pour « améliorer la capacité d'analyse, ou de réflexion personnelle de l'étudiant ». Voulez-vous un exemple entre mille ? « Pourquoi le progrès des sciences n’a-t-il pas éradiqué les croyances religieuses ? ». Je ne pense pas qu’on puisse dire que ce sujet ne suscite pas la réflexion personnelle, surtout dans le contexte actuel…

    J’aimerais justement savoir si la philosophie est enseignée en Chine et si on y fait appel à l’esprit critique des élèves ou si l’érudition l’emporte sur la réflexion. Quelles sont les disciplines obligatoires ? Quels types d’exercices sont proposés aux élèves ? L’article signalé par Michelem donne des précisions très intéressantes sur l’histoire de l’enseignement sans apporter de précision réelle sur les programmes et sur les contenus (même si on apprend que l'éducation morale et politique tient une place importante dans les programmes).

    Par ailleurs, Tintin parlait de 11 jours de congés annuels, il dit ensuite que les vacances d’été permettent aux professeurs de se tenir au courant de l’évolution de leur discipline ; est-ce qu’il y a des vacances d’été en plus de ces 11 jours ? Si oui, combien de temps durent-elles ? Combien les professeurs ont-ils d’élèves ? On sait que leurs classes sont surchargées mais combien ont-ils de classes ? Est-ce qu’ils ont, comme nous, constamment des copies à corriger ou bien y a-t-il seulement des examens périodiques et si oui combien par année ?

    Bref, je crois que ceux qui sont familiers de la société chinoise peuvent nous apprendre beaucoup de choses sur le système scolaire chinois afin que nous puissions faire ensuite quelques comparaisons fondées... merci à tous de vos réponses.

  14. michelem

    Un complément d'informations ,qui ne répond malheureusement pas entièrement à vos questions.Je pense que seul un enseignant chinois pourrait être plus précis quant au contenu des programmes et exercices proposés.Il est intéressant de voir qu'il y a un ordre de valeurs dans les disciplines, certaines étant jugées plus relaxantes !!! ;)
    Je crois qu'il est difficile de généraliser, l'article montre bien les disparités selon le lieu géographique,l'origine sociale ...

    http://www.couleursdechine.org/Education-en-Chine

    Je continue mon enquête !!!

  15. michelem

    Un autre article intéressant sur les disparités entre milieux urbains et ruraux ...

    http://perspectiveschinoises.revues.org/document711.html

    Margaret Teng Fu, « Les inégalités d’accès à l’enseignement primaire entre urbains et ruraux », Perspectives chinoises, n°89, 2005, [En ligne], mis en ligne le 13 mars 2008.

  16. laoshi

    Merci, Michelem, je commence à y voir un peu plus clair.
    J'ai cru comprendre dans le feuilleton chinois actuellement diffusé sur CCTV que l'enseignement comporte une grande part de par-coeur à un niveau avancé : deux jeunes adultes se récitent leurs classiques chinois (je n'ai pu identifier les textes) ainsi qu'un texte de Gorky, que je ne connaissais pas : les Mouettes (la Chanson de l'annonciateur des tempêtes)...
    Cela a l'air de faire partie de la culture générale que se doit d'avoir tout étudiant diplômé mais de quel niveau exactement, ce n'est pas clair.

  17. TINTIN 66

    Bonjour,
    @ Michelem, completement d'accord sur les déviances amenées par les généralités des magazines e t des reportages e.net ou télévisées.

    @ Laoshi
    Les vacances des "chères têtes bien pleines" chinoises (du 1er âge de scolarisation a la fin des études universitaires) sont bien de 11 jours repartis pendant l'année correspondant aux fetestraditionnelles et nationales.
    En plus de ces vacances familiales, ils ont les 2 mois d'été à passer a loisir ou a étudier pour améliorer leur niveau ou tenter des concours plus important.

    Pour confirmer ce que dit Michelem, les matières n'ont pas toute la même valeur aux yeux de l'enseignement et même du "monde professionnel”. Aussi, on retrouve (comme en Occident les matières "nobles" comme le chinois, les mathématiques ou les sciences, l’économie et la politique (sous le patronyme "éthique et politique"), souvent utilisées comme matières sélectives aux concours et aux examens nationaux.
    Quelques matières artistiques sortent de ce panier comme l'enseignement de la Calligraphie chinoise, marque ancestrale et pérenne de la culture chinoise.
    Les autres matières ne sont pas au rebut mais prennent des chemins de traverse dans l'emploi du temps des élèves et des programmes scolaires (histoire et geographie, activites artistiques, sport) du moins sur les dernières années menant au Gao Kao.
    La philosophie est enseignée a partir de la dernière année qui mène au Gao Kao (équivalent du baccalauréat français) mais se retrouvent pendant toute la scolarité sous la discipline "éthique et politique “uniquement enseignée obligatoirement aux natifs chinois (un peu comme feu l'instruction civique avant 1968).
    Les élèves de nationalité étrangères en sont dispenses.

    Quant a la méthode d'enseignement, l’adage qui veut "que tête bien pleine vaut mieux que tête bien faite " confirme l'importance du "par coeur"sur le développement de l'esprit critique.
    C'est ce que je peux remarquer au quotidien dans mes cours de FLE.
    On pourrait le déplorer ou ne pas le comprendre mais la méthode d'enseignement chinois et ceux dans toutes les matières (même en musique ou la technique prévaut sur l'interprétation et le sentiment) reste les "ombres" de l'enseignement chinois.

    Enfin,parce qu'en Chine les notes ont autant d'importance dans l'esprit des élèves ou étudiants chinois que dans l'esprit et la tête des jurys ou autres selectionneurs de l'Education Nationale Chinoise,les notes sont sur 100 (100 étant la note maximale).
    Aussi au moment de la sélection au Gao Kao,on regarde non seulement le score obtenu qui varie selon l'importance de la specialité désirée par l'étudiant et de l'école visée mais aussi de la discipline et des prix d'honneurs aux divers concours obtenus.
    la note maximale au Gao Kao ( équivalent au Baccalauréat Général en France) est 750.
    Les notes obtenues ,que j'ai pu constater chez mes étudiants chinois,sont situées entre 350 et 550,toute spécialité confondue.
    Aussi les élèves qui veulent étudier a la prestigieuse Tsinghua de Beijing doivent"montrer patte blanche" et avoir un bon score pour avoir toute chance d'obtenir un sésame.

  18. TchouTchou
    Il y a une grande différence entre le vécu d’un élève modeste confronté à l’exhibition des marques (mes élèves s’en plaignaient souvent il y a quelques années) et « l’élite » des classes prépas (scientifiques).
    Je suis bien d'accord avec ça. Mais bon, à partir de la fin du lycée, les mentalités évoluent et on ne juge pas les gens sur la marque de leurs chaussures. D'autre part, j'étais dans un collège public classé en ZEP, à coté d'une petite cité, et je crois donc pouvoir parler en toute connaissance de cause. Je suis d'ailleurs bien content que vous ayez mis "élite" entre guillemets car malheureusement, trop de gens issus de cette formation prennent la grosse tête, pour rien.

    Malheureusement, l'écho que j'ai de tous les élèves que j'ai côtoyé, coté S et ES -voire même L-, et ce encore aujourd'hui, confirme le ressenti que j'ai eu envers le français et la philosophie au lycée. En tous cas je n'ai jamais vu 58 auteurs ^^ Le sujet que vous citez est intéressant, mais c'est plus dans la forme sous laquelle on doit le traiter qu'est le problème, selon moi bien sûr. Enfin, c'est un autre débat. Néanmoins, je suis d'accord avec vous sur le fait que "ça soit du gâchis"... C'est pour cela que je crois qu'il faut revoir les choses. J'espère que vous ne voyez pas ça comme une guerre menée par un petit étudiant "scientifique" contre les matières "littéraires", ça n'est pas du tout le cas.

    Ah oui, concernant l'uniforme en Chine, qui a été évoqué ici, je voulais parler d'une anecdote que m'a raconté plusieurs fois mon "ex". Sa classe n'en voulant plus, ils avaient réussi à négocier avec l'administration de ne plus avoir qu'à le porter les lundis. C'est certainement "ponctuel" comme comportement, mais je pense qu'il témoigne d'un certain changement dans la mentalité de la jeunesse chinoise, notamment dans les grandes villes de la côte.
    Quant à la charge de travail et au par cœur, je ne sais pas trop quoi penser. En tous cas, les étudiants chinois que j'ai croisé au cours de ma scolarité étaient tous excellents en physique et mathématiques, qui sont clairement des matières où le par cœur ne joue qu'un petit rôle. Leur capacité de travail était bien supérieure à celle que nous avions, nous, les français :p Évidemment, là encore, ce n'est que ce que j'ai vu en prépa, donc les élèves chinois que je croisais étaient "l'élite" de leur pays... Mon ex me disait cependant souvent qu'elle avait déjà vu bien avant dans sa scolarité ce que nous ne faisions qu'en prépa (en maths, notamment).

  19. laoshi

    Rassurez-vous TchouTchou, je ne considère pas du tout vos propos comme "une guerre menée par un petit étudiant "scientifique" contre les matières "littéraires"," . Je pense que si vous avez vécu ainsi votre année de philo, c'est qu'il y avait matière à la vivre de cette manière et c'est cela qui est un gâchis parce que la philosophie doit justement être une occasion unique pour tous les élèves de réfléchir sur eux-mêmes, sur le monde et sur toute la culture, qu'elle soit scientifique ou littéraire. Pour moi, et pour beaucoup de profs de philo je suppose, l'actualité politique, économique, culturelle est partie intégrante de la réflexion philosophique, qui n'a donc rien à voir avec une discipline purement académique aux exercices préformatés.

    Il est évident que, de la même manière que la pensée scientifique obéit à des protocoles de démonstration ou de preuve, la philosophie suppose une mise en oeuvre de la pensée logique, de l'argumentation et la connaissance des auteurs du passé (après tout, un savant ne fait pas non plus table rase du passé et nous n'en finissons pas de corriger, de réfuter ou de développer ce qui a été fait avant nous). Je suppose que vous ne jetteriez pas Darwin ou Einstein au rebut même si la biologie et la physique ont déjà corrigé certaines de leurs erreurs ou nuancé certaines de leurs propositions ! Il en va de même pour la culture littéraire où l'on ne peut "faire table rase" du passé. Mais l'érudition n'est pas une fin en soi, le passé a d'autant plus de valeur qu'il nous permet de nous interroger sur le présent.

    Ce que vous dites de votre "ex" est en tout cas bien intéressant : apparemment, les programmes scolaires chinois font une large place aux connaissances scientifiques les plus pointues et ce de manière très précoce. Or je crois que la science - quand elle est bien enseignée (car elle aussi peut malheureusement donner lieu à un enseignement crétinisant) -, développe nécessairement l'esprit critique. Comme le disait Bachelard, "l'esprit scientifique" se caractérise par son "allure révolutionnaire"... et je pense que tous les cours de politique qu'ingurgitent les élèves chinois ne pèsent pas très lourd devant l'esprit critique que développent les méthodes scientifiques.

    Lorsque l'école devient le temple de "la bêtise instruite" (l'expression est de Flaubert), elle ne remplit pas sa mission, que ce soit en science ou dans les disciplines littéraires, que ce soit en France ou en Chine.

  20. laoshi
    TintinLes vacances des "chères têtes bien pleines" chinoises (du 1er âge de scolarisation a la fin des études universitaires) sont bien de 11 jours repartis pendant l'année correspondant aux fetes traditionnelles et nationales. En plus de ces vacances familiales, ils ont les 2 mois d'été à passer a loisir ou a étudier pour améliorer leur niveau ou tenter des concours plus important.

    Ouf, vous me rassurez, Tintin, parce que j'imagine mal qu'on puisse enseigner non stop pendant toute l'année si l'on veut se tenir au courant de ce qui se passe dans sa discipline. La lecture, la recherche sont essentielles pour qui veut faire correctement ce métier, en Chine comme en France je suppose. Les vacances en cours d'année sont largement consacrées, dans ma discipline, à la correction des copies. Quant aux grandes vacances (10 juillet 31 août pour ceux qui corrigent le bac, comme moi), elles sont depuis longtemps dans le colimateur ; elles sont pourtant nécessaires pour les élèves qui travaillent pour poursuivre leur scolarité et pour les profs qui veulent continuer à se cultiver tout au long de leur carrière.

    Ce que vous dites des disciplines politiques et économiques est bien intéressant : d'abord, l'instruction civique n'a pas disparu en France, après 68, bien au contraire, mais les élèves sont encouragés à travailler de manière autonome sur des sujets de "société" (cela peut être le PACS, l'adoption par les couples homos, l'excision, le tribunal pénal de la Haye, les lois de bio-éthique) ; pas de bourrage de crâne idéologique donc. Par contre, chez nous, le gouvernement veut marginaliser autant que possible tout ce qui peut donner aux élèves les clefs d'une réflexion politique au sens propre : l'enseignement de l'économie, en particulier, est réduit à la portion congrue....

  21. laoshi

    oups ! j'ai posté deux fois le même message par inadvertance, et je ne peux supprimer le message surnuméraire. Désolée, je me contente donc de subsituer celui-ci à celui-là...

  22. Anonyme

    j'adore la musique chinoise du rock c'est excelent

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