J'ai trouvé deux infos plutôt contradictoires.
Un premier article datant de février 2010 annonce la catastrophe évoquée par Malou ...
le quartier de Gulou fera peau neuve

Le second, plus récent, explique quelle est la nouvelle politique d'urbanisme de la municipalité de Beijing.
La protection des Hutongs de Beijing en tant que mesure conservatrice
(China Daily)
Publié: 2010-12-21 16:11
Deux hommes d'un certain âge tenant chacun une cage à oiseaux conversent au milieu d'une petite ruelle; à quelques pas de là, un petit garçon assis sur une chaise patiente dans l'attente de se faire couper les cheveux ; un cordonnier peut être aperçu travaillant une vieille paire de chaussures usagée; tandis que dans un coin, une poignée d'homme fumant la pipe prennent place autour d'un damier dans l'attente du coup suivant.
Ajoutez à cela le délicat fumet émanant du souper des voisins qui vient parfumer l'air de cette allée étroite et vous obtenez un hutong pékinois des plus typique.
Mais la vitesse à laquelle ces ruelles sont démolies a cette année encore été la source d'une vive polémique.
En 1949, Beijing comptait près de 3050 hutongs, tandis que vers la fin des années 1980, alors que la capitale chinoise s'était élargie, seuls 2250 demeuraient, selon la Société d'Urbanisme de Beijing. Aujourd'hui, on estime que le nombre de hutongs à Beijing ne dépasse pas les 1000.
Une grande partie des Pékinois voient en ces hutongs le symbole de l'ancienne capitale et protestent ainsi vigoureusement contre toutes nouvelles démolitions. Ce mois ci, la municipalité de Beijing a démontré qu'elle était à l'écoute des revendications populaires.
Hou Changzhong, 84 ans, habitant l'ancien quartier de Gulou, s'est ainsi vu soulager lorsqu'il a appris que le quartier où il a passé plus de cinq décennies de sa vie serait épargné.
Le quartier de Hou, qui entoure la célèbre Tour des Tambours et des Cloches de Beijing, devait être transformé en un site touristique nommé « Beijing Time Cultural City ». Ce site aurait consisté en un complexe souterrain comprenant parkings, musée, boutiques, et restaurants.
Un minimum de 5 quartiers de hutongs entiers auraient du être démolis et des milliers de personnes relogées à cet effet.
Mais ce plan de développement urbain a déclenché un débat d'une grande ampleur. Et les défenseurs de l'environnement, préoccupés par le futur des maisons à cour carrée datant de la dynastie des Yuan (1271-1368 ), ont exercé une pression sans précédent sur le gouvernement local.
« La démolition des hutongs alentours amoindrira le paysage culturel et historique du quartier de Zhonglou, ne laissant finalement place qu'à deux anciens bâtiments et à un quartier moderne discordant », a déclaré Zhang Pei, chargée de projet au sein du Centre pour la Protection du Patrimoine Culturel de Beijing.
D'après elle, la protection du patrimoine culturel ne se limite pas à la rénovation et à l'entretien de quelques monuments isolés. Cela inclue également la protection des quartiers environnants, les « uns étant étroitement liés aux autres ».
Prenant en compte les protestations du grand public, le gouvernement du district de Dongcheng a finalement annoncé, le 3 décembre, qu'il restreindrait son projet initial à la construction d'un seul musée et qu'aucun hutong ne serait détruit à cette occasion.
Mais en dépit de cette récente victoire, certains habitants déplorent encore la perte du passé de Beijing. Certains experts appréhendent en particulier la démolition des Siheyuan, ces maisons traditionnelles dotées de cours carrées, et ne craignent que le " lifting " de la ville ne soit malheureusement irréversible. « Beijing s'est résolue à construire une métropole internationale et moderne, mais il est imprudent d'atteindre cet objectif si cela implique la destruction de sites culturels et historiques », a estimé Tang Yuyang, professeur au sein de l'Université du Génie Civile et de l'Architecture de Beijing.
" Les Hutongs représentent l'âme de Beijing et leur construction ne peut être réitérée ".
Tang suggère à ce propos que Beijing se calque sur certaines villes européennes, à l'effigie de Paris, Londres ou encore Rome, qui sont toutes des métropoles internationales historiques ayant admirablement su conserver leur patrimoine culturel.
Et il semblerait que cela ne laisse pas indifférent les autorités compétentes. Le 4 novembre, le gouvernement de Beijing a publié un rapport stipulant qu'aucun projet de construction à grande échelle ne sera désormais autorisé au sein du vieux Beijing, autrement dit, au sein de la zone se situant à l'intérieur du deuxième périphérique. La Commission d'Urbanisme relevant de la municipalité de Beijing avait quant à elle, en septembre 2009, lancé une série de mesures destinée à protéger le vieux quartier de Beijing. Ces mesures soulignaient notamment l'importance de protéger les maisons traditionnelles pékinoises, ou siheyuan.
Tang affirme cependant qu'il est parfois difficile de concilier développement urbain et respect des mesures conservatrices, les deux notions s'entravant mutuellement. Selon elle, la protection des hutongs dans les banlieues de la ville serait en outre négligée.
"Il existe forcément un moyen permettant de trouver un équilibre entre urbanisme et conservation du patrimoine culturel " a t-elle déclaré. " .Tant que le gouvernement ne mettra pas en pratique ce qu'il dit, ce ne seront que des paroles en l'air ».
Lors de mon dernier séjour, j'ai toutefois pu voir certains quartiers en reconstruction, ainsi que les travaux pour le métro à proximité de la tour du Tambour...
Je rejoins Malou pour dire qu'il serait vraiment triste de détruire ces hutongs si vivants, où j'ai vécu des séjours inoubliables dans ces fameuses « siheyuan ».
