Pensez-vous que les chinois sont un peuple plutôt cartésien, à l'image des français ou plutôt superstitieux?
10 réponses
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David Houstin De ce que j'ai pu observer d'une petite année au total en Chine dans différentes villes, sans hésitations superstitieux.
Beaucoup ont avec eux ou dans leurs véhicules et domiciles, des bouddhas et autres porte-bonheurs ou figurines pour les protéger des mauvais esprits.
Mais je crois que ça va plus loin que de la simple superstition, il y a une vraie croyance et inspiration de religions comme le bouddhisme : je crois que beaucoup de chinois ont une conscience que le bien ou le mal qu'ils font a ou aura une influence sur leur vie.
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TINTIN 66 complètement d accord avec vous Daweide.Pour exemple ma femme qui n est pourtant pas boudhiste est allé avec moi au temple avant la naissance de notre enfant et faire des offrandes.
l 'avenir céleste ( ou plus concrètement après la mort) dèpend de ce que l on peut réaliser durant notre vie terrestre.
Comme un juste retour des choses, en sorte(cn) -
michel David, je te rejoins tout à fait sur le fait que le bien et le mal que nous faisons ont une très forte influence sur nos vies (ceci dit en restant cartésien....)
Je ne crois pas que le Bouddhisme d'origine soit une pensée superstitieuse. Mais effectivement la Chine tout au long de son Histoire l'a auréolé de merveilleux (ce qui poétiquement est fort sympathique) et plus confortable à vivre qu'un Ciel vide.
Mais le vide n'est-il pas le domaine de toutes les potentialités ?
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Stardust Tout ce que vous dites est vrai.
Mais d'une certaine manière, on peut expliquer la superstition dans l'esprit cartésien.
Les américains ne passent pas sous une échelle. On peut dire que c'est de la superstition. Mais une échelle dépliée veut dire des travaux en cours. Par conséquent, si on passe en dessous on risque de recevoir des objets sur la tête! Alors, danger ou superstition?
En Chine, on dit que le jade est un porte-bonheur qui nous protège. On peut dire que c'est de la superstition. Ma mère avait une paire de bracelets en jade. Un jour elle a fait une chute dans l'escalier mais elle a eu plus de peur que de mal. C'est en arrivant à la maison qu'elle s'est rendu compte qu'elle n'avait plus ses bracelets. Elle est retournée dans l'escalier et a retouvé ses bracelets cassés en plusieurs morceaux. On peut imaginer que, si elle n'avait pas ses bracelets en jade, ce serait ses poignets qui sont cassés. Alors, le jade qui nous protège, superstition ou réalité?
Les Chinois sont connus de leur pragmatisme. Je crois que, à l'origine, beaucoup de croyance 'superstitieuse' ont une origine pragmatique. Comme on ne prenait pas forcément la peine d'expliquer correctement les choses, les origines se perdent et un simple geste de précaution peut devenir une croyance sans fondement.
Pour reprendre ce qu'a dit Daweide, oui moi aussi, je crois que mes actions ont une influence sur mon avenir. Est-ce une superstition?
On vit l'ère écologique, on sait que certaines activités humaines sont néfastes à la nature. L'industrialisation intensive a provoqué des problèmes graves de pollution, de réchaufffement climatique... Alors, est-ce vraiment une superstition de croire que nos actions ont une influence sur notre avenir?
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michelem Je ne sais si les Chinois sont vraiment supersticieux ou si tous les petits objets porte-bonheur et les rites ne sont pas que des questions d'habitudes ancestrales ...
Si l'on lit cet article de wikipédia , on ne peut pas dire non plus que les français soient vraiment cartésiens !!!
J'ai trouvé aussi cet article sur les superstitions japonaises.J'ai reconnu certains "rituels" ou "interdictions" que j'ai pu voir en Chine
A titre personnel, avez vous des superstitions ???
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Steph Cela dépend des chinois mais c'est vrai qu'en général il y a des petites superstitions au quotidien, pour répondre à votre question Michelem je ne suis absolument pas supersticieux.
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Hebei "Pensez-vous que les chinois sont un peuple plutôt cartésien, à l'image des français ou plutôt superstitieux ?" nous demande Lililele.
Tout d'abord on ne peut soutenir que les français soient cartésiens ... quand aux chinois, ils sont en cours d'évaluation des superstitions ou croyances récemment re-légitimées..
Pour illustrer ce point de vue, une des petites régions péri-tibétaines, à égale distance d'une capitale régionale aux dirigeants clairement communistes et d'un temple lamaïste ré-autorisé. Le festival du deuxième mois lunaire avec grande activité des chamans reconnus, par les dignitaires du monastère lamaïste, réincarnations de certains dieux de la montagne. On est à 4.000 mètres d'altitude et l'obligation de planter du blé, incultivable à cette altitude, a laissé un grand scepticisme des gens du cru à l'égard des innovations de la capitale régionale. Même scepticisme vis à vis des conseils du monastère.
Donc on va plus profond, plus archaïque, jusqu'au chamanisme antérieur aux croyances communistes et bouddhistes. Et pendant le festival du deuxième mois lunaire on danse, on processionne et on se scarifie pour montrer aux dieux de la montagne un crane sanglant, témoin des difficultés qu'on leur demande de limiter... Trois ans plus tard, plus de blessures, mais du yaourt sur la tête suffira bien à persuader les Dieux de favoriser la culture de l'orge.
Donc on est redevenu agronomiquement raisonnable, mais on a également besoin de fêtes support de superstitions, mais pas trop douloureuses quand même.
A mon sens, les superstitions chinoises ont pour objet de faire revivre le folklore, la convivialité, sans question de foi plus ou moins religieuse. Parallèlement, il y a aussi des chinois ayant la foi en telle ou telle religion ... et c'est une autre histoire. -
laoshi Steph dit qu’il n’est « absolument pas superstitieux », au niveau rationnel, je ne doute pas qu’il en aille ainsi mais nous avons tous, je crois, un fond de pensée magique culturellement héritée. Qui n’a jamais dit « je touche du bois », ou « je croise les doigts », joignant même parfois le geste à la parole ? Qui n’a pas fait un vœu en voyant une étoile filante ou même en mangeant les premiers fruits de l’année ? Qui n’a pas éprouvé une certaine appréhension en cassant un miroir ? Qui ne s’est pas surpris, même incroyant, à remettre le pain à l’endroit ou à compter le nombre de convives pour vérifier qu’ils n’étaient pas au nombre de treize à table ?...
Personnellement, c’est quelque chose que je ne peux pas faire. Le jour de la communion de la fille de ma marraine, nous étions treize à table ; son père en a plaisanté avec le mien en lui disant cette phrase (car c’est le chef de famille qui est censé en danger dans ces circonstances, à l’image de Jésus présidant la Cène) : « eh bien mon pauvre Hugues, si je meurs, tu donneras bien au moins vingt sous pour ma couronne ! » ; treize jours plus tard, il était renversé par une voiture sur sa mobylette ; treize jours après avoir été renversé, il mourait des suites de ses blessures. Mon père en était évidemment bouleversé. J’étais enfant à l’époque et cette coïncidence m’a d’autant plus marquée qu’à la suite du décès, j’ai entendu nombre d’histoires similaires de la part de ceux à qui mes parents en parlaient.
J’ai beau être rationaliste, il est depuis lors au-dessus de mes forces de me retrouver dans cette situation ! Pour concilier l’inconciliable, j’ai toujours pensé que cet accident n’était pas tout à fait une coïncidence tout en refusant, évidemment, d’y voir une punition du Ciel : je crois que la superstition est tellement ancrée en nous, au niveau inconscient au moins, que ce pauvre homme a parfaitement pu être psychologiquement fragilisé par ce qu’il a vécu inconsciemment lui-même comme une transgression et qu’il a pu, treize jours plus tard, se mettre en danger sur sa mobylette en relâchant sa vigilance. Même chose pour sa mort treize jours après l’accident : convaincu qu’il y avait là un fait inéluctable, je pense qu’il a parfaitement pu se laisser mourir à ce moment-là.
Même en les rationalisant, comme Stardust, nous restons marqués par les superstitions de notre enfance. Je viens d’une région particulièrement superstitieuse, où la croyance en la sorcellerie était encore très vivace jusqu’aux années 70 au moins. Ma grand-mère, qui m’a, en grande partie, élevée, était terrifiée quand l’une de ses voisines « marchait sur son ombre » et elle ne croisait pas un chat noir sans en être terrifiée ! J’ai retrouvé cette terreur du chat dans un feuilleton récemment diffusé par CCTV, Belle-sœur : une jeune fille, entendant miauler un matou sur le toit de sa maison, sort armée d’un balai pour chasser l’animal porte-malheur.
Les Chinois ne me semblent pas plus superstitieux que les Français et j'ai beaucoup aimé le témoignage et l'analyse de Hebei à cet égard. Par contre, je remarque souvent dans les feuilletons des incohérences de scénario qui me semblent fort peu cartésiennes...
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michelem Je crois qu'effectivement on ne peut pas généraliser en parlant de l'ensemble d'un peuple.L'histoire personnelle, le caractère de l'individu, jouent pour beaucoup dans les croyances, Quelqu'un de pessimiste ou broyant du noir aura tendance à remarquer et éviter tout ce qui dans les superstitions peut "porter malheur".A l'inverse, une étoile filante, un trèfle à quatre feuilles peuvent sembler signes de chance ou de bonheur,mais cela relève plus de la "pensée magique" ou rappelle des contes où des voeux sont réalisés ....Je n'ai pas été élevée dans des croyances ou superstitions, ce qui fait que parfois je suis surprise que certains de mes gestes puissent choquer ...
Pour ce qui est des grigris, amulettes et petits objets "porte-bonheur", je pense qu'ils ne font de mal à personne ...S'ils apportent de l'espoir et du bonheur à ceux qui les possèdent, pourquoi pas ... -
laoshi J'ai reçu de Chine, pour la fête des bateaux-dragons, un petit bracelet de pacotille et un petit sac d'herbes protectrices 箱包 [xiāng bāo] ; cela m'a beaucoup touchée même si je n'y ai rien vu d'autre qu'un geste d'amitié...
Je me suis rappelée à cette occasion que les enfants portaient ainsi des sachets d'herbes et de camphre au cou pour éloigner les épidémies redoutées, en particulier, jusqu'à la fin des années 50, celle du choléra.
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