Avez vous vu le film John Rabe?

Avez vous été voir le film John Rabe dont beaucoup de gens parlent et qui est sortie aujourd'hui? Quelles sont vos critiques?

17 réponses

  1. FREDI

    non, mais en tout cas, la sortie de ce film est l' occasion, pour les médias français, de parler de ce sujet peu connu en France.....
    c' est toujours un point extrêmement positif, et France 3, dans son journal de Soir 3 , vient d' y consacrer un sujet qui donne envie de voir ce film !

  2. michelem

    De nombreux journaux et magazines ont aussi repris l'info et parlent de ce film de façon élogieuse. Ce film a le mérite de faire connaître l'histoire de John Rabe et son combat pour sauver des Chinois du massacre perpetré par les Japonais.

    Par contre, les journalistes devraient réviser l'histoire ... En 1937, les Allemands n'étaient pas encore officiellement alliés du Japon puisque le pacte tripartite (Allemagne-Japon-Italie) officialisant l'Axe Berlin-Rome-Tokyo ne fut signé qu'en 1940 ...
    L'idéologie nazie existait , Hitler était au pouvoir, mais la seconde guerre mondiale n'avait pas encore débuté.

  3. TINTIN 66

    Brunus,
    je crois que ce film ne doit pas être mis à portée de tous les yeux..je rejoins Laoshi et Michelem quant à la brutalité de ce film ( pour voir de la souffrance morale et humaine, pas besoin d aller au cinéma)...

    Je ne crois pas non plus que la ville de Hong Kong souffre allègrement d une telle publicité..les requins de la finance y sévissent déjà ;)

  4. laoshi

    Je crois que vous vous êtes trompé de rubrique, Tintin, votre réponse concerne apparemment le film sur le "bourreau de jade"

  5. lililele

    Personne n'a été le voir alors? J'aurais bien aimée avoir un ou deux avis avant de me lancer8-|

  6. David Houstin

    Etant en Chine, je n'aurai pas l'occasion de le voir, mais voici quelques critiques de journaux et magazines :

    Le Figaroscope (4/5)
    Marie-Noëlle Tranchant

    Beau personnage qui mérite d'être découvert, interprété avec une sobre humanité par le très convaincant Ulrich Tukur. Gallenberger le place au centre d'une grande fresque historique, un peu académique, certes, mais bien menée, et souvent très évocatrice. voir la critique.

    Le Journal du Dimanche (4/5)
    Barbara Théate

    Cette fresque historique raconte, sans sombrer dans le pathos, le courage d'une poignée d'hommes et de femmes pour lutter face aux barbaries de la guerre. Une sorte de Liste de Schindler... en Chine. voir la critique

    Le Nouvel Observateur (4/5)
    François Forestier

    Le résultat est superbe : "John Rabe" est un film nécessaire, une oeuvre portée par l'indignation, qui a la beauté d'une colère à vif. voir la critique.

    Le Parisien (4/5)
    Pierre Vavasseur

    Steven Spielberg, s'il va voir " John Rabe ", ne pourra qu'applaudir à ce film parfaitement mis en scène et dont la tension ne faiblit jamais. Décidément, les Justes inspirent du grand cinéma. voir la critique.

    Metro (4/5)
    Jennifer Lesieur

    "John Rabe" est un film de guerre réussi sur un homme qui a bravé les militaires et les gouvernements pour sauver 200 000 personnes. Beaux seconds rôles. [ur=http://www.metrofrance.com/culture/cinema-les-sorties-de-la-semaine/pkdz!mrKMcWcU40457ZBnSBgzXA/l]voir la critique[/url].

    La Croix (3/5)
    Arnaud Schwartz

    John Rabe mise pour partie sur le genre " historico-spectaculaire " et use de certaines ficelles mélodramatiques. Cela n'empêche pas le film de se révéler captivant, et même de rendre avec une certaine finesse la manière dont un homme bascule peu à peu dans un acte de résistance qui l'engage tout entier. voir la critique.

    L'Express (3/5)
    Christophe Carrière

    Le film est regardable, mais dénué de personnalité, comparé au sublime "City of Life and Death", de Chuan Lu, sorti en 2009, qui traitait du même drame. voir la critique.

    Ouest France (3/5)

    Le sujet et les faits se prêtaient à toutes les envolées mélodramatiques et la mise en scène (...) n'évite pas toujours le piège. Mais ces quelques dérapages n'enlèvent rien à la nécessité d'une entreprise, une coproduction internationale, qui écrit une page héroïque et cruelle à la fois de l'histoire contemporaine. voir la critique.

    Paris Match (3/5)
    Alain Spira

    Trop classique, ce drame historique ne convainc que par son interprétation et sa réalisation. voir la critique.

    Première (2/5)
    Frédéric Rivière

    (...) Un mélo archiconvenu. voir la critique

    Télérama (2/5)
    Samuel Douhaire

    La composition émouvante d'Ulrich Tukur (vu dans La Vie des autres et Amen) n'empêche pas le film de tomber dans les travers de la superproduction internationale : distribution inégale, scénario démonstratif et mise en scène illustrative. voir la critique.

    Le Monde (1/5)
    Jean-François Rauger

    Le film se veut donc le portrait, un brin édifiant, de celui que le titre français désigne comme un juste. "John Rabe, le juste de Nankin" n'évite aucune ficelle rhétorique pour nous convaincre que son héros est un brave type, laissant parfois au dialogue le soin d'en rajouter une couche. voir la critique.

    TéléCinéObs (1/5)
    Lucie Calet

    On ne doute pas un instant des intentions du réalisateur, ni de la véracité des faits, mais ils ne gagnent rien à la sensiblerie ourlée de dramatisation que le film choisit d'exploiter. voir la critique.

  7. lililele

    Merci Daweide (y)

  8. laoshi

    Je sors tout juste de ce film superbe et bouleversant, d'une violence extrême sans doute mais sans aucune complaisance, sans aucun voyeurisme.

    Apparemment, les critiques, que je viens de parcourir très rapidement, font la fine bouche....

    Personnellement, j'ai trouvé le film très fort, beaucoup plus encore que La Liste de Shindler auquel on le compare ; et je ne suis sans doute pas la seule : les spectateurs sont d'ailleurs sortis de la salle de cinéma dans un silence absolu qui tranche avec le brouhaha habituel.

    Contrairement à ce que disent certains articles, John Rabe n'est pas l'objet d'une ridicule hagiographie ; lorsque débute le film, en 1937, Rabe a, à l'évidence, des préjugés racistes : il demande ainsi à son chauffeur "à quoi lui sert d'avoir une tête", ce à quoi le chauffeur répond : "à éviter que l'eau ne tombe dans ma gorge quand il pleut" , une plaisanterie qu'il a sans doute apprise de son patron.... Rabe voit les Chinois comme des rustres incultes auxquels il faut des années pour apprendre le salut nazi, un geste et un slogan pourtant si simples.... Mais il a passé 27 ans en Chine, il est donc moins au fait de la politique de son pays que les journalistes d'aujourd'hui qui connaissent, littéralement, la suite de l'histoire et voient les choses de manière rétrospective. Avant de reprocher au réalisateur la naïveté de ce personnage de "bon nazi", il faudrait donc prendre la peine de lire le journal de Rabe. C'est ce qu'a fait le Florian Gallenberger dont je vous recommande la longue interview donnée dans Cosmopolitaine dimanche dernier. Florian Gallenberger y rappelle que cette naïveté était très partagée puisqu'Hitler, à l'époque, était pressenti pour le Prix Nobel de la paix, aussi bizarre que cela puisse nous paraître aujourd'hui !

    Quant au caractère mélodramatique du film, je crois qu'il n'en a pas rajouté : Florian Gallenberger rappelle ainsi, dans l'interview dont je parle plus haut, que la directrice du pensionnat de jeunes filles dont il est question dans le film a dû livrer vingt jeunes filles aux Japonais pour en sauver cent autres du viol et qu'elle s'est suicidée à la fin de la guerre. Le cinéaste n'a pas repris cette scène dans le film. Contrairement à ce qu'on dit, il n'a donc pas forcé le trait.... Mais à chaque instant, ses personnages sont confrontés à d'épouvantables dilemmes et tentent, humainement, de préserver leur propre dignité d'hommes et celle des autres. Ceux qui ne comprennent pas ce que signifient "les droits de l'homme" trouveront peut-être dans ce film une réponse à leurs questions.

    Florian Gallenberger explique également dans cette interview qu'il lui a fallu parlementer pendant un an avec les autorités chinoises pour être autorisé à filmer parce que son film posait un problème idéologique au gouvernement : les Japonais étant le premier partenaire économique de la Chine, le gouvernement chinois ne souhaitait pas les montrer de manière trop négative, il ne souhaitait pas non plus montrer les habitants de Nankin comme des victimes désarmées en proie à la barbarie japonaise => la décision de tourner un film chinois rectifiant cette vision sombre de l'histoire, montrant les Chinois plus combatifs et les Japonais plus humains.... Là encore, Florian Gallenberger montre pourtant que les Japonais eux aussi sont capables de faire passer leurs devoirs et les droits de l’homme avant leur idéologie.

    L'avant-dernière scène du film,enfin, l'avancée des chars japonais sur une population désarmée massée devant les grilles de la zone de sécurité, ne peut manquer d'évoquer d'autres chars, chinois ceux-là, écrasant le Printemps de Pékin...., une scène que l'on voit malheureusement se reproduire ailleurs sous nos yeux tous les jours !

  9. lililele

    Merci pour l'avis critique sur le film Laoshi! Vous 'avez donné envie d'aller le voir ce coup ci:)

  10. Anonyme

    "Mais à chaque instant, ses personnages sont confrontés à d'épouvantables dilemmes et tentent, humainement, de préserver leur propre dignité d'hommes et celle des autres. Ceux qui ne comprennent pas ce que signifient "les droits de l'homme" trouveront peut-être dans ce film une réponse à leurs questions."

    Ainsi les « droits de l'homme » auraient résolu le Paradoxe de Gorgias au travers de cette notion fourre-tout et galvaudée : la dignité humaine. Alléluia !

    "Fourre-tout et galvaudée", expression selon Anne-Marie Le Pourhiet, Professeur de droit publique à l'université Rennes-1 dans « Touche pas à mon préambule ! » (le figaro, 3/05/2008) :

    « La dignité constitue aujourd’hui la menace la plus directe contre la philosophie des Lumières et l’idée républicaine, l’arme fatale contre nos libertés. Ériger cette notion philosophique et morale, éminemment subjective et relative, en norme juridique est une folie. On voit déjà depuis plusieurs années que c'est au nom de la dignité des individus et des groupes que des militants narcissiques et hystériques ont obtenu la multiplication des incriminations pénales de harcèlement moral et sexuel, de discriminations et propos sexistes, homophobes, handiphobes, etc., aboutissant à un arsenal répressif menaçant notamment les libertés d'expression et de la presse. C'est encore au nom de la dignité humaine qu'est revendiquée une euthanasie «très active», et ce n'est pas non plus un hasard si les décisions juridictionnelles récentes les plus intellectuellement indigentes et tirées par les cheveux ont été rendues sur le fondement de cette notion fourre-tout et galvaudée.»

    « Le seul texte constitutionnel français à avoir jusqu'à présent mentionné expressément la «dignité de la personne humaine» et reconnu les «droits des communautés» est le projet de Constitution du maréchal Pétain. C'est à méditer. »

  11. Fedor

    Et c'est reparti...

  12. Anonyme

    Ils élèvent tellement la foi au-dessus des œuvres, qu'ils avilissent les œuvres et en inspirent le dédain.

  13. laoshi

    Suis-je la seule à être allée voir le film ?

  14. lulu.t

    je ne sais si le film passe dans ma ville
    mais à la lecture de votre compte-rendu , je me suis souvenue d'une scène similaire où des missionnaires protestantes américaines avaient dû livrer des femmes aux japonnais pour en épargner d'autres

    c'était atroce et ce film m'a beaucoup marquée
    impossible d'ailleurs de me souvenir si c'était un film ou un livre ,

    pensez vous que j'aurais pu lire ou voir cet épisode dans un livre de la bibliothèque à shanghai ou dans un autre film ....

  15. laoshi

    Désolée, Lulu, je ne peux répondre à votre question et je pensais que quelqu'un d'autre aurait des pistes....

    Je m'étonne de voir qu'apparemment personne, sur ce forum, n'ait vu le film ; il n 'est pas tout à fait trop tard, le film passe encore dans 16 villes de France, vous en trouverez la liste ici !

  16. michelem

    Il va me falloir attendre le DVD ... Rennes n'est pas sur la liste ...:'(

  17. FREDI

    Toulon non plus n' est pas sur la liste..... ;)
    on attendra le passage à la télévision..... ou le DVD....

Ce forum est conservé en archive : il n'est plus possible de publier de nouveaux messages.

Partager cette page