De l'amour (et du mariage) en Asie

Courrier International propose cette semaine (n°1028) un petit dossier intitulé "De l'amour (et du mariage) en Asie."

J'ai trouvé très intéressants les articles concernant les femmes Chinoises et Japonaises

femmes chinoises

femmes japonaises

On est très loin des femmes soumises dont on a parlé récemment !!! ;)

Les autres articles concernent l'Inde et le Cambodge, très intéressants aussi.

17 réponses

  1. Anonyme

    on ne peut pas lire les articles si on est pas abonne au courrier international
    c'est pratique !

    tu touches une commission pour chaque abonnement ? ou bien t'essaies de leur faire de la pub...

  2. Steph

    Désolé pour l'erreur de session.

    C'est vrai qu'on peut pas lire par contre on peut le signaler gentiment, on est pas des sauvages...si?

  3. michelem

    Désolée, je pensais que vous pourriez lire sans difficultés ces articles parus cette semaine dans Courrier International (qui ne me verse aucunes royalties !!!) .Je suis effectivement abonnée, mais on peut aussi trouver cette publication en kiosque !!!

    Voici donc "in extenso" l'article sur les femmes Chinoises :)

    • Chine

    “Shengnu : les ‘femmes en trop’ délaissent les hommes”, titrait en novembre 2009 le bihebdomadaire de Canton Xin Zhoukan dans un numéro consacré aux femmes célibataires.
    Actuellement, un surplus d’hommes afflue sur le marché chinois du mariage. Pourtant, le public ne s’intéresse qu’aux “vieilles filles”. Ces shengnu [littéralement “femmes en trop”] sont soumises à une plus forte pression sociale que les hommes célibataires. Derrière ce terme réactionnaire se cache en réalité un groupe de femmes remarquables qui ont pris en main leur vie. Elles ont un métier, des aspirations, des exigences et sont entourées d’amis. La seule chose qui leur manque, c’est le mariage. Elles n’y sont pas opposées, mais elles refusent de faire un choix qui ne soit pas parfait. Malgré leur réussite professionnelle, ces femmes qui vivent dans les grandes métropoles ne peuvent toujours pas prendre l’initiative dans leurs relations avec les hommes. Voilà pourquoi de nombreuses célibataires qui souhaiteraient se marier ne trouvent pas l’âme sœur.

    Le célibat : un mode de vie choisi ou subi ?

    Beaucoup d’entre elles ont une vie professionnelle et privée bien remplie, où la présence d’un homme ne semble pas nécessaire. Petula Ho Sik Ying, spécialiste hongkongaise de la question, estime que le célibat délibéré est un choix par défaut. “Certes, personne ne force ces jeunes femmes à rester célibataires. Si c’est cela que l’on entend par ‘délibéré’, alors oui, on peut dire que dans bien des cas le célibat est en partie ‘délibéré’. Cependant, dans la mesure où le mariage est perçu comme un changement de vie positif, la plupart des gens n’y sont pas opposés.” En raison de la forte urbanisation du pays, de nombreuses jeunes diplômées choisissent de rester en ville plutôt que de regagner leur village natal. Dans les grandes agglomérations, elles sont indépendantes non seulement financièrement, mais aussi dans leur mode de vie. Elles mènent une existence parfaite de célibataire. Elles n’ont pas besoin du mariage pour couper le lien avec leurs parents et conquérir leur liberté ou bénéficier d’un soutien financier. Il existe de nombreux lieux, revues de mode et centres commerciaux conçus spécialement pour elles, ce qui les conforte dans l’idée qu’elles peuvent mener une vie libre et bien remplie. De plus, le chemin suivi par les générations précédentes les incite à penser que se marier et avoir des enfants en respectant la tradition n’est pas forcément une bonne chose. Au fond d’elles-mêmes, elles espèrent toujours sortir du mode de vie limité de leurs parents et sont donc réticentes pour choisir un homme médiocre comme partenaire et mener avec lui une existence banale.

    Avec la mondialisation, un horizon plus large s’offre aux femmes chinoises, et des modèles de vie idéale se présentent sans cesse à leurs yeux. Cependant, elles ont grandi dans une société patriarcale et sont habituées à penser qu’une présence masculine est nécessaire pour leur rendre la vie meilleure. On assiste donc à l’apparition du phénomène dit “des femmes de première catégorie et des hommes de quatrième catégorie”, pour reprendre les termes utilisés par Li Yinhe, sociologue spécialiste des questions sexuelles à l’Académie des sciences sociales de Chine. En général, les femmes cherchent des hommes plus brillants qu’elles tandis que les hommes recherchent des femmes moins fortes qu’eux. Selon ce principe, restent sur le carreau les hommes “de quatrième catégorie” originaires de régions reculées et les femmes citadines “de première catégorie” qui ont des diplômes, de hauts revenus et des prétentions élevées.

    Quel genre de mariage est susceptible de donner de la valeur ajoutée à leur vie ? Les shengnu hésitent et finissent par choisir le célibat, qui ne leur apporte aucun “plus”, mais a du moins l’avantage de ne rien leur faire perdre. Dans le “rapport Hite” [une enquête sur la sexualité féminine publiée aux Etats-Unis dans les années 1970, puis rééditée en 2002], on peut lire le témoignage suivant : “Mes parents se sont toujours beaucoup aimés ; ils ne se sont jamais disputés, me semble-t-il. Ma mère est une femme au foyer docile dont la vie tourne tout entière autour de celle de son mari. Quant à mon père, bien qu’il décide de tout, ce n’est pas un tyran ; il respecte ma mère et prend soin d’elle.” Ce type de mariage est le modèle de relation parfaite que souhaite au fond du cœur toute “vieille fille”. Beaucoup de femmes célibataires ont connu des déceptions et tentent de retrouver le rôle féminin traditionnel d’épouse soutenant son mari et élevant ses enfants. Néanmoins, le mariage traditionnel n’est pas un gage de stabilité, rappelle le rapport Hite.

    Un des sujets d’étude de Petula Ho con¬cerne les femmes au foyer. A l’issue de ses recherches, elle a le sentiment profond que l’indépendance et l’autonomie sont indispensables dans la société actuelle, même dans le cas du plus heureux des mariages avec des époux épris l’un de l’autre. “On voit de bons maris pourtant peu volages prendre brusquement une jeune maîtresse vers la cinquantaine. Il est difficile aujourd’hui pour l’homme comme pour la femme de rester fidèle à l’élu(e) de leur cœur, l’homme ayant tendance à prendre davantage de libertés dans ce domaine que la femme”, note-t-elle. Pour Li Yinhe, il semblerait que la règle de la femme amoureuse qui se marie ne s’applique plus systématiquement à la femme moderne. “Une fois qu’une femme a gagné son indépendance financière, son comportement dans la société change. Le schéma traditionnel du mariage comme aboutissement d’une relation amoureuse vole en éclats parmi les jeunes citadines. Celles-ci vont de l’avant sans avoir encore une perception bien nette des nouvelles normes. Ne plus pouvoir suivre de règles est source pour elles de souffrances et d’angoisses”, affirme la sociologue.

    La difficile adaptation aux évolutions de la société

    Dans les années 1950 et 1960, une certaine uniformité régnait en matière de mariage. “Les différences d’âge entre les époux étaient minimes, tout comme les écarts de revenus. Aussi, tout le monde se mariait à peu près avec le même genre d’homme”, ajoute Li Yinhe. Mais, avec le creusement du fossé entre pauvres et riches, et les brusques transformations des couches sociales, le mariage, au même titre qu’un métier, est devenu un moyen d’accéder à de meilleures ressources. Actuellement, les salaires des Chinoises ne représentent que 75 % de ceux de leurs homologues masculins. A travers le mariage, les femmes, qui ne sont pas traitées sur un pied d’égalité sur le marché professionnel, espèrent obtenir une nouvelle répartition des richesses.

    La plupart des Chinoises ne savent plus sur quel pied danser, tant les normes sont différentes dans le milieu scolaire et dans la réalité sociale, explique Petula Ho. “Pendant qu’elle fait ses études, une fille reçoit une éducation fondée sur l’égalité entre les sexes. Ses parents l’entourent de tous leurs soins et la poussent à bien étudier. Mais, une fois qu’elle commence à chercher du travail ou se met en quête d’un petit ami, elle se heurte à de nombreuses contraintes liées à l’inégalité entre hommes et femmes”, assure-t-elle.

    Sources: Courrier International n° 1028

  4. TINTIN 66

    cet article est intéressant mais venant d'une publication occidentale, il ne doit pas servir de référence quant aux moeurs et habitudes maritales chinoises.
    Toutes les jeunes femmes que je rencontre dans mon activité professionnelle en tant qu'enseignant mais aussi ailleurs pensent bien entendu faire des études pour se réaliser professionnelllement mais à près de 99 % m'affirment vouloir avoir une famille et de surcroit un enfant ( et donc aussi un mari)....

    c' est chose rassurante dans ce monde aux reflets d 'égoisme ou le monde occidental est plongé et il ne faudrait pas prendre les envies ou les scoops (parce que cela complait à un certain lectorat) pour argent comptant....

    vive la famille, le mariage et les enfants....

  5. Hebei

    Cher Tintin,

    Courrier international est comme le canada dry. Ca ressemble à un journal mais c'est seulement une anthologie d'articles d'une foultitude de publications mondiales. On ne peut même pas l'accuser d'avoir des points de vue occidentaux.

  6. TINTIN 66

    Cher Hebei,
    erntièrement d' accord avec vous, sauf que les choix de ces dits articles se font par une équipe éditoriale essentiellement occidentale...d 'ou la teneur de certains articles choisis, n 'est ce pas ? *-)

  7. FREDI

    merci Michelem pour avoir cité cet article, c' est intéressant !

    Je ne connais pas la "validité statistique " de cet article, et il faudrait savoir s' il y a eu des études de ce genre faites dans des magazines chinois...c' est possible, puisque l' article cite un sociologue chinois......

    vouloir se marier, avoir des enfants (et donc un mari) c' est assez naturel, quand on est étudiant.....mais cela n' empêche pas d' être (ou de devenir) un peu difficile dans ses critères....

    L' argumentaire développé reprend beaucoup de ce que j' ai entendu dire autour de moi, par des jeunes femmes (amies de mon épouse) entre 30 et 40 ans, vivant dans une grande cité moderne (en ce qui me concerne, c' est CANTON) et qui n' entendent pas se marier à tout prix....
    se marier, elles n' y sont pas opposées, mais il faudrait trouver l' homme idéal, et leur "barre de niveau" est assez haute.... d' ou le célibat choisi.
    Parfois même, cela va plus loin dans les critères, certaines disant : moi, je veux bien me marier, mais en tout cas pas avec un chinois...sauf s' il est exceptionnel....je choisirais bien un étranger...."
    beaucoup semblaient se plaindre des "hommes chinois" manquant de culture, d' éducation... peu respectueux envers les femmes...et tant d' autres défauts de ce style.... (cela explique t- il en partie le succès des français auprès des chinoises ??)

    Mais vouloir n' est pas toujours pouvoir.... il faut les opportunités.... établir une communication suffisante....

    Voilà, ce sont des choses que j' ai entendues....bien évidemment, cela représente trop peu de personnes ! et cela ne veut pas dire grand chose !

  8. michelem

    Il est bien entendu que Courrier International, comme tout publication, suit une certaine ligne éditoriale et que les articles publiés sont un choix de l'équipe de rédaction .

    Courrier International

    Les articles choisis ont été publiés dans des journaux, revues, magazines du pays dont ils parlent.Ils reflètent des faits de société qui existent.celui que j'ai "copié" parlait essentiellement des jeunes femmes citadines qui ne rejetaient pas le mariage "à priore" mais n'en faisaient pas une priorité non plus ...
    Chacun peut avoir des contre-exemples à citer, mais c'est un fait de société que l'on ne peut nier.

  9. Chen Jie
    TINTIN 66 Toutes les jeunes femmes que je rencontre dans mon activité professionnelle en tant qu'enseignant mais aussi ailleurs pensent bien entendu faire des études pour se réaliser professionnelllement mais à près de 99 % m'affirment vouloir avoir une famille et de surcroit un enfant ( et donc aussi un mari).....

    Amusant, mes connaissances chinoises, vivant en Europe ou en Chine, sont pour la plus part des femmes célibataires qui pensent d'abord à leur carrière et leur boulot qu'au reste... exactement comme l'article les décrits. Certaines n'en ont pas moins des petits amis de temps en temps.
    Après pour autant, je suis sûre et certaine qu'il y a quelques années lorsqu'elles étaient toutes étudiantes n'auraient pas forcément penser faire de grandes carrières.
    Mais il faut aussi penser qu'en Chine la culture du travail n'est pas la même que chez nous, c'est de plus en plus courant de consacrer énormément de temps à son emploi, bien plus qu'à sa vie privée dans un premier temps au moins. J'ai même connu des amis chinois masculins qui voyaient les choses ainsi...

    Et après si l'on veut conserver ce que l'on a... et bien on est toujours mieux seul(e) que mal accompagné(e)!!!
    Si c'est pour divorcer sous moins de 5 ans, autant pas se marier!!

    Je pense que comme tout article, cela peut parler d'une tendance actuelle... d'une partie de la population.
    Et ce n'est pas parce que c'est occidental ou chinois qu'il faut prendre ça avec doute, comme si l'un ou l'autre serrait plus de confiance. Je pense que tout ce qu'on lit en règle général n'est pas à prendre pour parole de Dieu. C'est ce qu'on appelle l'esprit critique! ^__-

  10. michelem

    C'est vrai que j'ai aussi rencontré à Beijing de jeunes femmes qui privilégiaient leur carrière et qui vivaient très bien leur célibat !!!
    Il ne faut pas porter de jugements sur ce fait de société .Le fait-on pour un homme ??? Le mot "femme" n'a pas pour synonyme "épouse" ou "mère" ... L'important est que chacune puisse faire un choix ,qu'il ne soit conditionné ni par la société ni par les parents et surtout qu'il soit respecté !!!

  11. Anonyme

    Bonjour,
    Je cherche cet article en Chinois? Quelqu'un aurait le liens??
    Je voudrais le faire lire a des personnes qui lisent seulement le Chinois.
    Merci bien

  12. TINTIN 66
    Chen Jie

    Je pense que comme tout article, cela peut parler d'une tendance actuelle... d'une partie de la population.
    Et ce n'est pas parce que c'est occidental ou chinois qu'il faut prendre ça avec doute, comme si l'un ou l'autre serrait plus de confiance. Je pense que tout ce qu'on lit en règle général n'est pas à prendre pour parole de Dieu. C'est ce qu'on appelle l'esprit critique! ^__-

    allez chen Jie, un peu d optimisme et d espoir à donner pour ceux qui pensent se marier.Tous les mariages ne se finissent pas par des divorces et même si vous en connaissez beaucoup en mégalopoles chinoises, la tradition chinoise estime que c est un déshonneur que de rompre les liens du mariage ( surtout s il y a des enfants).
    je connais une personne qui pour éviter ce déshonneur s est suicidée.
    mieux vaut attendre pour bien choisir sa moitié...
    on a le mari ou la femme que l on mérite, n est ce pas ?
    ;)

  13. michelem

    @Mischa Z

    Voici le lien que j'ai trouvé sur Courrier International (où a été publié l'article en français.)

    L'article en Chinois était de Zhu Huijing, publié dans un bimensuel de Canton : XIN ZHOUKAN , en 2009 (novembre, il me semble ...,à vérifier)

    http://www.neweekly.com.cn/index/

  14. Anonyme

    Merci pour la reponse radide.
    En fait, je lis pas le chinois!
    et le lien n est pas directement a l article..

  15. Anonyme

    On est très loin des femmes soumises dont on a parlé récemment !!! ;)

    Les autres articles concernent l'Inde et le Cambodge, très intéressants aussi.

    Je ne sais pas à quoi vous faîtes référence Michelem, mais pour avoir participé à la plupart des débats sur le sujet; je ne vois PAS DU TOUT à quoi vous faites allusion et trouve grave d'interpréter les propos des autres de cette façon.

    A moins que vous ne citiez des sources concrètes.

    Mais merci toutefois pour l'article! D'ailleurs, pourriez-vous faire le même copier coller pour les femmes japonaises, s'il vous plaît?

    Pour émettre un avis sur l'article des chinoises; vu le sous effectif de femmes par rapport aux hommes, on peut les qualifier des "reines du pétrole", la situation démographique et politique joue actuellement en leur faveur.

    Donc pour bousculer les moeurs rigides et les avantages masculins, rien de tel que le célibat et accesoirement l'abstinence!

  16. michelem

    @ Paul B
    Voici l'article de Courrier International n° 1028 consacré aux femmes Japonaises.

    Le bon mariage, c’est pour les pros
    Pour réussir leur vie de couple, les Japonais misent avant tout sur le côté pratique, l’amour n’étant qu’une donnée secondaire.
    Depuis plusieurs mois, l’hebdomadaire Shukan Gendai publie régulièrement de longs articles sur le comportement sexuel des couples japonais, suscitant de nombreuses réactions de la part des lecteurs mais aussi d’autres médias qui critiquent les méthodes du journal.
    Le mariage exige du talent.” Voilà ce que nous explique le dernier ouvrage de la psychologue Chikako Ogura, Kekkon no saino [Qualités requises pour le mariage, éd. Asahi Shimbun, inédit en français]. Selon elle, certaines personnes possèdent des vertus qui les prédisposent à devenir des “pros” du mariage. “C’est en voyant ma copine servir le thé à un ouvrier qui était venu réparer la climatisation que j’ai décidé de l’épouser.” Ainsi, une femme qui sait se montrer attentionnée à l’égard d’un technicien de passage serait une “pro” du mariage. Il y a sept ans, l’auteur avait déclaré : “Le mariage est un échange d’argent contre de la beauté.” Elle montrait que derrière un mariage d’amour se cachait un compromis entre ce qui est demandé par les femmes (un revenu confortable) et par les hommes (la beauté). Mais si pour les hommes le critère “beauté” s’est peu à peu transformé en “manière de servir le thé”, qu’est-ce qui a remplacé l’argent pour les femmes ?

    Maki (33 ans), employée dans une entreprise d’informatique, s’est inscrite sur un site d’annonces matrimoniales où, comme critère de recherche, elle a mentionné “un revenu annuel de 10 millions de yens [89 000 euros]”. Un journaliste correspondant à ce critère lui propose alors de prendre un thé au Ritz-Carlton de Tokyo. Après un dîner français chic, il descend lui appeler un taxi et lui souhaite bon retour, la main posée sur la portière. Jusque-là, tout va bien. Sauf qu’il a les ongles longs et mal soignés… Déçue, elle réduit ses prétentions en matière de revenus. Un autre prétendant lui propose un rendez-vous. Elle lui suggère de l’inviter à prendre un café… et se retrouve au Kentucky Fried Chicken. En sirotant un café fadasse, elle regarde le jeune homme ronger un os de poulet dégoulinant de graisse. “Il aurait quand même pu choisir un Starbucks.” “Ce que veulent les femmes, ce n’est pas épouser quelqu’un de riche mais plutôt un homme généreux. La générosité et le bon goût font partie des ‘qualités requises pour le mariage’”, nous dit Mme Ogura. Ces qualités sont précises, complexes et essentielles.

    Le profil souhaité par Yoshie, 30 ans, était “un peu plus raffiné que la moyenne.” “Avec des médecins ou des avocats, on craint vite l’infidélité. Avec les travailleurs indépendants, les revenus risquent d’être instables. Une personne qui a des loisirs un peu plus raffinés que la moyenne s’efforcera de ne pas mener une vie étriquée et devrait pouvoir offrir une situation stable.” Cette exigence est une chose difficile à élucider. Durant la crise de l’emploi, Yoshie a débuté comme stagiaire dans une petite maison d’édition où elle a fini par décrocher un CDI après cinq ans de travail acharné. Elle est même devenue rédactrice en chef d’une revue érotique. Dans son travail, elle n’a rencontré que des gens qui n’avaient pas les pieds sur terre. Désespérée, elle se rend au Daijingu de Tokyo, temple shintoïste réputé pour favoriser les rencontres et, deux jours plus tard, à une soirée de célibataires. Sa première réaction, en parcourant la salle du regard, est un léger soupir de déception, mais elle aperçoit alors un homme qui mange sa salade en maniant son couteau et sa fourchette avec beaucoup d’élégance. “Ce doit être quelqu’un de plus raffiné que la normale.” Les chaussures ? Impeccablement cirées. Il se tient droit et parle posément. Toute sa personne dégage de la grâce. Elle fait le premier pas elle-même et ils couchent ensemble dès leur deuxième rendez-vous. Une semaine plus tard, le jeune homme, qui travaille dans une grande entreprise, est muté au Moyen-Orient. Peu après, elle est elle-même mutée à Osaka. “Et si tu donnais ta démission ? Je m’occuperai de toi…”, lui murmure-t-il au téléphone. Un mois plus tard, elle prend l’avion pour le rejoindre. Quand elle lui avoue qu’elle a travaillé pour une revue érotique, les yeux illuminés, il lui déclare : “Tu peux en être fière.”

    “Il y a trois facteurs importants dans un mariage : l’argent, le sexe et la bonne entente des papilles.” Pour ce qui est de l’argent, les Japonaises d’aujourd’hui ne demandent pas un revenu de 10 millions de yens par an. D’après un sondage effectué par AERA auprès de 416 hommes et femmes, le revenu annuel demandé dans la plupart des cas est légèrement supérieur à 4 millions de yens. Les femmes ont compris que si elles exigent un revenu trop élevé, elles ne pourront jamais se marier. AERA les a aussi interrogées sur l’instant ou le détail déterminant dans le choix de leur partenaire. “Quel genre de restaurant choisit-il ? Se montre-t-il exigeant pour l’emplacement de la table ? Joue-t-il avec son portable quand il me parle ? Est-il arrogant avec le personnel ? Sort-il son portefeuille, ne serait-ce que pour la forme, quand je l’invite ?” Les femmes passent ainsi au crible le comportement de leur partenaire en un véritable “examen de mariage”. Les hommes en font autant. Kazuya, 29 ans, salarié dans une grande société, a été élevé dans une famille où l’on apportait beaucoup de soin aux repas. Lui-même fait cuire son riz dans une marmite en terre, sait découper un poisson et préparer des pâtes maison. “Des nouilles sautées pour le dîner ? Jamais !” Invité chez les parents de sa petite amie, qui disposent d’un grand jardin avec une serre, il a fort apprécié les légumes fraîchement cueillis. Tout en sachant qu’elle n’a jamais touché une casserole de sa vie, il lui suggère : “Il faut avoir des repas équilibrés.” Elle ne semblait pas à l’aise au début, mais, après six mois de mariage, elle lui prépare maintenant des plats délicats. “J’étais persuadé qu’elle se débrouillerait bien, puisqu’elle a grandi en mangeant de bonnes choses.”

    Un compromis entre herbivore et carnivore

    Quant à Eita, 29 ans, employé au service d’investissement d’une banque étrangère, il pose régulièrement la question lors du deuxième rendez-vous : “Quel est ton score au 50 mètres ?” Ce disant, il pense à ses futurs enfants.“Dans les études, on arrive toujours à se débrouiller à force d’efforts, mais les capacités physiques, c’est génétique.” Bien sûr, il ne néglige pas non plus la dose suffisante d’intelligence indispensable à la poursuite des études. La femme qu’il a épousée a 20/20. Il l’a rencontrée l’année dernière à une soirée. A l’instant où elle s’est présentée en disant : “Je suis originaire de Shizuoka et fan du club de foot Shimizu S-Pulse”, son signal mariage s’est mis à clignoter. Il a concentré son attention sur elle, tendant l’oreille à sa conversation. Le jour même, ils ont échangé leurs adresses électroniques. Pourtant, ce n’est qu’à la troisième proposition qu’elle a accepté de le revoir, bien qu’il l’ait invitée à un match des Shimizu S-Pulse. Qu’elle reste sur ses gardes, loin de le décourager, l’a rassuré. En imaginant ses goûts d’après les vêtements qu’elle portait, il lui a ensuite proposé d’aller à l’exposition d’Annette Messager qui se tenait à Roppongi. Elle a enfin accepté son invitation. Sur le chemin du retour, il lui a demandé son score. Quand il a su qu’elle avait fait partie d’un club de basket et que son frère aîné était marathonien, il était aux anges. A ceux qui disent que les scores de vitesse ne comptent pas quand on aime, on souhaiterait demander : “N’observez-vous donc jamais la façon dont votre copain s’y prend pour faire un créneau au volant ? N’avez-vous jamais fait attention à l’assouplissant que votre copine utilise pour son linge ?” Voici ce qu’écrit Mme Ogura : “Les qualités requises pour un mariage sont à l’opposé de celles qui sont souhaitables dans une relation amoureuse.”

    “J’ai cherché un restaurant en vous attendant”, dit à Yuri, 39 ans, un jeune “herbivore” [expression désignant les hommes doux, passifs en amour, peu portés sur la consommation ostentatoire, vivantes antithèses du macho]. Yuri, “carnivore” [terme désignant les femmes entreprenantes en amour, socialement dynamiques], née de la dernière bulle financière [fin des années 1980] passe à l’attaque, avec son enthousiasme habituel, en lui demandant sa carte de visite. Elle aurait juré que cet herbivore lui laisserait le soin de choisir le restaurant. “Je vous ai apporté un cadeau”, dit-il en lui tendant une boîte de caramels.

    “L’intention est bonne mais le cadeau un peu ringard”, se dit-elle, en lui donnant la mention “passable”, jusqu’à ce qu’elle découvre des gâteaux en forme d’étoiles enveloppés dans un film plastique à l’intérieur de la boîte. “Je prends des cours de cuisine, les fameux cours destinés à faire des rencontres”, explique-t-il, décrochant ainsi la mention très bien. Lorsque, deux mois plus tard, elle part en voyage d’affaires, il l’accompagne jusque sur le quai de la gare, chargé de canettes de bière. Lorsqu’elle dîne plusieurs fois de suite au restaurant, il lui apporte du ragoût de bœuf et de la ratatouille. En plus de cela, il a acheté une maison dans la capitale avec ses économies. Yuri finit par quitter son travail pour se marier alors que personne n’y croyait plus. A présent femme au foyer, elle mène une vie tranquille, en remerciant chaque jour le mont Fuji, qu’elle aperçoit par la fenêtre du salon : “Je suis heureuse, merci.” Mais l’herbivore, de son côté, s’est révélé lui aussi très exigeant : il avait écrit noir sur blanc les dix conditions que devait remplir sa future femme. Sa fiancée correspondait en tous points au profil sauf par son âge, bien qu’il n’ait jamais voulu lui révéler les neuf autres conditions. Dans Kekkon no saino, on trouve cette phrase : “Les qualités requises pour le mariage forment un ensemble permettant de commencer la vie conjugale sans aucun sentiment amoureux, et de prodiguer à l’autre les satisfactions nécessaires pour que le mariage ne se solde pas par un échec.”

    Le mariage, un travail pénible et de longue haleine

    Shinji, alors étudiant, a été pris en défaut par une fille qu’il connaissait depuis peu. “Impossible ! Soit tu rentres te changer, soit tu vas t’acheter des vêtements chez Uniqlo”, lui a-t-elle dit alors qu’ils venaient à peine de se retrouver. Il portait un vieux tee-shirt informe et a dû s’en acheter un neuf. “Fais en sorte que je n’ai pas honte de marcher à côté de toi”, lui a-t-elle demandé. La première année où il a commencé à travailler, Shinji a démissionné parce que son état de santé s’était dégradé à cause du stress. “C’est ta vie, débrouille-toi.” Le plus simple aurait été de renoncer devant tant de froideur. Mais il s’est senti en partie responsable de cette sévérité. Puis il s’est dit que s’il vivait aux côtés de cette fille, entrée à l’université grâce à une bourse qu’elle remboursait toute seule, ils seraient aptes à faire face à toutes les situations. Après avoir retrouvé un emploi, il l’a demandée en mariage. “Mon épouse ne semble pas compter sur mon salaire et n’espère pas que je fasse carrière, c’est réconfortant. Je ne veux pas que ma femme compte trop sur moi. Nous avons chacun beaucoup de défauts, mais nous nous soutenons, ce qui nous permet de nous améliorer.”

    “Le mariage est un travail global et concret. Qui plus est, c’est un travail qui réunit les ‘trois k’ (kitsui, kitai, kiken [dur, sale et dangereux]).” Oui, Mme Ogura a raison de dire qu’il faut du talent pour se marier.

  17. Anonyme

    xiexie ni!:) Cest plus cocasse comme article!

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