Il y a quelque temps, un ami me demandait si la Chine était une « dictature » et, sincèrement, j’avais bien du mal à répondre ! Elle restait à mes yeux un Etat autoritaire où le Parti Unique monopolisait le pouvoir, sans doute, mais non pas une dictature au sens propre du terme dans la mesure où la répression cédait de plus en plus la place au droit et où une certaine libéralisation du régime laissait un certain espace d’expression à l’opposition, même si celle-ci n’était pas constituée comme telle au niveau politique. Les « weiquan », les défenseurs des droits civiques, n’hésitaient plus à mettre l’Etat en délicatesse et à exiger de lui qu’il respecte dans les faits les principes démocratiques qu’il proclame lui-même très haut tout en les bafouant allègrement.
Mais cette libéralisation, dans laquelle nombre d’entre nous sans doute mettaient un peu d’espoir, a d'étroites limites dont témoigne la terrible descente aux enfers de Gao Zhisheng, l’avocat-courage de la Chine, auquel Le Nouvel observateur vient de consacrer un article bouleversant. Je vous y renvoie….