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L'Histoire sombre des quotas d’exécution imposés par Mao Zedong

© Chine Informations, le 24/03/2014 06:52, modifié le 25/08/2016 13:54

(miniature) L'Histoire sombre des quotas d'exécution imposés par Mao Zedong L'Histoire sombre des quotas d'exécution imposés par Mao Zedong
Peinture de Gao Qiang représentant Mao Zedong nageant dans le Yangzi Jiang ensanglanté.

L'histoire de la Chine témoigne d'une période particulièrement sanglante sous la présidence de Mao Zedong. Lancé officiellement en 1951 et plus précisément par la directive du 15 mai de cette année-là, le mouvement de répression des contre-révolutionnaires était en fait un vaste programme d'éradication des opposants au régime.

Cet article est inspiré des recherches de l'historien Franck Dikötter.

Le contexte dans lequel ce programme de suppression a été mise en place est sans équivoque. La mise en place d'un contrôle complet et total nécessitait, selon Mao Zedong, des décisions radicales. Il niera tout du long le caractère arbitraire et injuste de cette décision. Mais selon le chapitre sur "La répression des contre-révolutionnaires" de son Livre rouge, Mao impose ce qu'il appelle les "meurtres imposés" et plus surprenant encore, des quotas d'abattage officiel à atteindre. Ce quota prévoyait de tuer 1 personne sur mille dans les zones rurales et 1 personne sur 2000 dans les zones urbaines.

Dans les faits, de nombreux partisans du Parti communiste n'avaient qu'un seul but : tuer des civils pour atteindre ce fameux quota. A regarder de plus près, en considérant les quotas imposés par le commandant suprême, on peut facilement aboutir, après quelques calculs, à un chiffre effrayant. En tenant compte du fait que la population de la Chine à l'époque était aux alentours de 500 millions, cela signifierait qu'en 10 ans le Parti Communiste aurait exécuté jusqu'à 500 000 personnes. Des estimations faites pour la ville de Shanghai qui accueillait 4 millions d'habitants à l'époque, fait état d'environ 2 000 exécutions. Ces chiffres effrayants ne sont que des estimations en l'absence de communiqué officiel du gouvernement chinois sur le nombre exact de personnes tués à cette période.

Les condamnations concernaient essentiellement les "dettes de sang" et les crimes graves contre l'intérêt de la nation ; on estime entre 10 à 20 % les procès concernés par ces motifs. Le reste -soit 80 à 90% des condamnations à mort, concernait des crimes moins graves. Ainsi, des peines avec sursis ou des peines de prison pouvaient être commuées en peines capitales, toujours dans le but d'atteindre les quotas fixés.

La cruauté de ces quotas réside surtout dans le fait qu'ils ont été établis dans le but de réprimander et réduire au silence les révolutionnaires et les opposants au régime. Ainsi, Mao Zedong imposa une véritable "campagne de terreur" à travers tout le pays. L'objectif était de rallier un maximum de partisans au régime, et ceci par n'importe quel moyen. Au mieux, on rejoignait le régime et au pire, on se faisait exécuter. Et à l'époque n'importe qui pouvait se faire accuser. Les catégories sociales les plus visées étaient les propriétaires, les industriels, les intellectuels qui étaient d'office considérés comme des contestataires.

Certaine exécutions étaient orchestrées avec barbarie. Si au départ, l'intimidation suffisait, les bourreaux devenaient de plus en plus violents. Certaines victimes étaient enterrées vivants ou démembrés. Lors de certaines exécutions publiques, des stades entiers étaient remplis de civils qui venaient en spectateurs assister à la mise à mort de 200 ou 300 de leurs compatriotes.

Ainsi, entre 1947 et 1957, le Parti Communiste aura réussi à supprimer plusieurs libertés gênantes comme la liberté d'expression et la liberté de la presse. Selon Franck Dikötter, les mouvements, les croyances, les associations quels qu'ils soient ont alors été éradiqués.

La Rédaction

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24/03/2014
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