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Ouvrir les yeux du dragon

© Chine Informations - La Rédaction

(miniature) Ouvrir les yeux du dragon Ouvrir les yeux du dragon

Avant une danse du dragon, la tradition veut qu'on ouvre les yeux du dragon, en peignant de rouge les prunelles de ce monstre bienveillant tandis que le bruit assourdissant des pétards le tirait de son sommeil hivernal.

La légende veut que l'empereur Han Wudi 汉武帝 (hàn wǔdì), de la dynastie des Liang 梁朝 (Liáng cháo) ait fait décorer le temple bouddhiste du Bien-être 安乐 (ān lè) à Nankin 金陵 (jīn líng) par le peintre Zhang Sengyou 张僧繇 (Zhāng Sēngyóu).

Les fidèles se rendaient nombreux au temple pour admirer le travail de l'artiste en y faisant leurs dévotions. Un détail, cependant, les intriguait : aucun des quatre dragons ornant les murs du monastère n'avait d'yeux ! A ceux qui lui demandaient d'achever son oeuvre, Zhāng Sēngyóu répondait que les dragons se laissaient facilement représenter (dans la mesure où personne n'en a jamais vu, qui aurait, en effet, osé critiquer le peintre ?) mais qu'ils risquaient de s'envoler dès qu'ils auraient des yeux !

Devant l'incrédulité de ses admirateurs, de plus en plus pressants, le peintre se décida à peindre les yeux des dragons. A peine avait-il dessiné les prunelles du deuxième dragon que le ciel, brutalement devenu noir, fut ébranlé par le tonnerre et déchiré par les éclairs. Et, tandis que des trombes d'eau se déversaient soudainement sur le temple, les deux dragons dont il avait réveillé les yeux, s'envolaient au firmament. Quand le soleil revint, les fidèles, interloqués, constatèrent que les deux dragons avaient réellement disparu de la fresque.
C'est ainsi que naquit le chéngyǔ 成语 (proverbe chinois) "huà lóng diǎn jīng" 画龙点睛 , littéralement "faire la tache des yeux du dragon peint", soit "peindre les yeux du dragon". L'expression est utilisée pour dire que c'est la dernière touche qui donne vie à une oeuvre.

Mais la légende montre aussi que le dragon, animal maléfique dans le légendaire occidental, est fondamentalement bénéfique dans l'imaginaire chinois. Emergeant des profondeurs de la mer, le dragon s'envole vers le ciel où il féconde les nuages qui déversent leur pluie fertilisante sur la terre chauffée par le soleil du printemps.
Le dragon, génie de la pluie, est aussi le maître des métamorphoses : né des abymes de la mer, il traverse les niveaux cosmiques, parcourt le ciel avant de s'engouffrer dans les profondeurs de la terre d'où sortiront les récoltes abondantes qu'il a fécondées de son "yang". C'est pourquoi le dragon est aussi l'intermédiaire entre les vivants et les morts (la figure du dragon orne traditionnellement les catafalques) et le véhicule des voyages chamaniques. L'empereur, tout à la fois monarque et chamane, est naturellement "le fils du dragon" dont il porte l'emblème brodé sur sa tunique.

Tout ceci se retrouve dans la danse du dragon qui accompagne les cérémonies de 春节 Chun jié.

D'après Burkhardt, les yeux du dragon auraient été originellement peints avec le sang d'une crête de coq, le sacrifice du coq étant censé éloigner les mauvais esprits. La danse des lions, qui accompagne le cortège, était à l'origine une danse d'exorcisme des démons célébrée à l'automne, après les moissons. Il est possible que des dresseurs d'animaux sauvages aient réellement participé à ce rituel.

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