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LIENS COMMERCIAUX

En Chine, tout n'est pas si rose pour Areva

© Chine Informations, le 18/01/2008 10:12

Alors qu'en marge de la visite de Nicolas Sarkozy fin novembre, était annoncé la signature d'un contrat record entre Areva et la Chine, il semblerait que le groupe français ne soit plus à la fête. Les accords pour la fourniture des réacteurs EPR sont peut être dans l'impasse et le numéro trois du groupe français a vu son nom mêlé à une affaire de corruption...

Il y a des publicités dont on se passerait bien... C'est ce que doivent se dire les dirigeants d'Areva suite à l'implication de Paul Felten, le directeur marketing du pôle réacteurs nucléaires d'Areva, dans une affaire de corruption en Chine.

Paul Felten, bloqué près de trois mois en Chine

L'affaire est sérieuse, puisque le dirigeant du groupe nucléaire français est resté bloqué sur le sol chinois de novembre 2007 jusqu'au 17 janvier 2008. Et cela malgré la visite du président français Nicolas Sarkozy fin novembre dans l'Empire du milieu.

Dans les faits, l'enquête concerne le groupe public China Guangdong Nuclear Power Corp (CGNPC), avec lequel Areva a signé l'accord de vente de deux réacteurs 3e génération EPR. Il s'agirait d'une affaire de corruption présumée visant l'un des vice-présidents du groupe chinois.

Aucune charge n'aurait été retenue contre monsieur Felten, qui aurait seulement été mis à la disposition des enquêteurs au même titre que d'autres dirigeants de groupes internationaux (surtout japonais et allemands) liés à CGNPC.

Reste que l'épisode a fait les gros titres de l'actualité, et donc une bien mauvaise publicité pour le groupe nucléaire français.

L'accord record sur les réacteurs EPR dans l'impasse ?

Les affaires d'Areva sont bien difficiles en ce moment, car en plus de cette affaire, selon certaines sources, le groupe aurait du mal à faire appliquer les termes du contrat signé en novembre. Les termes de l'accord ne semblent pas partis pour être mis en oeuvre tant qu'Areva ne procédera pas au transfert de sa technologie de retraitement du combustible usé.

En effet, le groupe français est le seul détenteur de cette technologie de recyclage des déchets nucléaires, et avait particulièrement profité de ce point pour décrocher le contrat record de novembre. D'où l'attitude chinoise actuelle, qui voudrait des garanties de la part du groupe français.

Areva nie cependant cette thèse et affirme que l'application du contrat est en cours. Une version appuyée par le fait que la Chine a besoin des réacteurs rapidement, et ne peut attendre un transfert de technologie qui prendrait environ 15 ans. Il s'agit d'un processus long et complexe que le groupe nucléaire n'a jusqu'ici partagé qu'avec le Japon (l'usine de Rokkasho).

Sur le plan politique, ce transfert de technologie est délicat car il peut mener à des applications aussi bien civiles que militaires. Il nécessite donc l'approbation du gouvernement français.

L'application de ce contrat est importante pour Areva, car en aval, il impliquerait aussi que le groupe français s'associe avec le groupe chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) pour mener des "études de faisabilité" pour la construction d'une usine de traitement-recyclage de l'uranium usé, un projet évalué par Areva à 15 milliards d'euros.

Nicolas Jucha
Pour Chine Informations

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18/01/2008
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